Transports aériens :

Prix des billets, rotations, conditions de voyages... ce qui vous attend après le déconfinement


Publié / Actualisé
Comment voyagerons-nous après la levée du confinement ? Cette question revient sur beaucoup de lèvres alors que le nouveau coronavirus continue encore de circuler bien que faiblement. Les compagnies aériennes ne savent pas encore dans quelles conditions elles vont pouvoir reprendre leurs activités. Ces dernières sont réticentes à l'idée d'augmenter leurs tarifs, mais la mise en place de certaines conditions sanitaires pourrait bien les mettre devant le fait accompli. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Comment voyagerons-nous après la levée du confinement ? Cette question revient sur beaucoup de lèvres alors que le nouveau coronavirus continue encore de circuler bien que faiblement. Les compagnies aériennes ne savent pas encore dans quelles conditions elles vont pouvoir reprendre leurs activités. Ces dernières sont réticentes à l'idée d'augmenter leurs tarifs, mais la mise en place de certaines conditions sanitaires pourrait bien les mettre devant le fait accompli. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Partout en France, les aéroports sont fantomatiques et silencieux, accueillant à peine 5% de voyageurs. Lorsque la pandémie du coronavirus se calmera, le retour à la normale pour l’industrie aérienne prendra du temps. De nouvelles mesures de contrôle sanitaire et de sécurité risquent de compliquer davantage les voyages. Les compagnies aériennes seront des versions réduites de ce qu’elles étaient auparavant, avec des réseaux de trajets simplifiés et une expérience en vol différente. Du côté d'Air Austral on nous indique "qu'il faudra attendre la fin de l’année avant que le nombre de passagers, ainsi que la fréquence des vols reviennent à un niveau semblable à celui d’avant ". Voici la façon dont les voyages vont changer après le confinement.

- Des tarifs plus élevés -

Une fois le confinement terminé, les compagnies aériennes proposent de nouvelles offres afin de désengorger la forte demande. "Face à cette crise inédite, nous avons inséré dans notre grille tarifaire de nouvelles gammes de prix : 509 euros le billet aller, afin que les passagers puissent se rapprocher de leur famille en Métropole. Bien sûr, on imposera un quota sur ces nouveaux billets au vue de la forte demande" précise Air Austral à Imaz Press.

Mais ces nouveaux tarifs ne seront qu'éphémères, les autorités n’ont de cesse de répéter que les mesures sanitaires et les gestes barrières seront la clé d’un déconfinement maîtrisé. Parmi ces mesures, celle de la distanciation sociale apparaît comme primordiale. Cependant, dans le secteur aérien, on se demande comment sa mise en place va être compatible avec la répartition des sièges dans les avions.

"Nous avons un flux aérien se limitant à un vol par semaine, pouvant accueillir 150 passagers au maximum. Nous remplissons nos avions uniquement sur demande de l’Etat. Après le confinement, des protocoles sanitaires devraient être mis en place, mais pour le moment nous sommes dans le flou total" nous explique-t-on chez Air France.

Port du masque et barrière physique restent les mesures au coeur des préoccupations de l’industrie aérienne. Il se pourrait même que le respect strict de ces règles, impliquant de laisser un siège inoccupé entre deux voyageurs, ait au final un impact significatif sur les futurs prix des billets d’avion. "Le contexte évolue de jour en jour et nous amène à nous adapter en temps réel. Notre priorité reste la gestion et la protection sanitaire de nos passagers et de notre équipage. Mais si l’État nous impose la distanciation sociale, nous sommes dans l’obligation d’augmenter nos tarifs afin de combler notre manque à gagner" indique Air Austral.

- Des déplacements plus contraignants -

Après le 11 mai, date du déconfinement, plusieurs scénarios sont étudiés par les compagnies aériennes. Si la distanciation est impossible sur un vol, l’équipage devra être en mesure de fournir un masque individuel à l’ensemble des passagers.

"Nous ne connaissons pas les contraintes sanitaires qui nous serons imposées, mais il est essentiel que les équipages et les clients volent en parfaite sécurité, très probablement avec des masques, et peut-être aussi des dépistages obligatoires. Bien entendu, nous nous adapterons aux consignes" souligne Corsair interrogé par Imaz Press. La compagnie ne donne pas pour le moment d'indication concernant une éventuelle hausse de ses tarifs.

"Notre priorité est de limiter la propagation du virus, notre activité fonctionne au gré des restrictions et des préconisations imposés par le gouvernement. Il était absolument nécessaire pour nous de maintenir un lien pour les déplacements fondamentaux : fret, rapprochements familiaux, déplacements médicaux. Alors en attendant les dispositions de l’État on s’adapte" note Air France.

D’autres solutions sont en train de voir le jour, selon Air Austral. "Nous travaillons chaque jour avec nos opérateurs sur la mise en place d’un "couloir sanitaire" dans chacun de nos aéroports. L’objectif sera, avant chaque départ, de tester chaque passager, et d’imposer un parcours de protocole sanitaire : distribution de masques, de gel hydro-alcoolique et prise de température."

Mais qui dit déconfinement ne dit pas reprise du trafic normal. La situation doit encore être détaillée par la préfecture mais pour l'instant, même après le 11 mai, les voyageurs entre les DOM et la Métropole seront limités aux déplacements familiaux impériaux, certains voyages professionnels et aux motifs médicaux. Les répercussions de la crise sanitaire sur le transport aérien risquent donc de s’inscrire dans la durée. Si les compagnies aériennes comptent actuellement leurs pertes, du fait que la plupart d’entre elles sont à l’arrêt, le passager risque de payer les conséquences lors d'une reprise plus fluide des vols.

"Nous espérons pouvoir reprendre notre programme de vol à compter du 12 juin, en donnant la priorité aux DOM, destinations historiques de Corsair, en tant qu’acteur majeur de la continuité territoriale. Notre premier vol sera d’ailleurs opéré à destination de l’île de la Réunion, sous réserve de l’évolution de la situation sanitaire et de la décision d’Aéroport de Paris sur la réouverture d’Orly" informe Corsair.

- Une amélioration en perspective -

La lueur d’espoir pour les passagers est qu’ils ont la possibilité de modifier ou de reporter leur vol sur une durée d’un an la plupart du temps. "Nous avons extrêmement assoupli nos mesures commerciales. Pour les vols annulés ou sur demande du passager, nous mettons en place un système inédit de mise en avoir systématique valable un an. À l’heure d’aujourd’hui le contexte économique est insoutenable, il sera très difficile de procéder au remboursement immédiat des clients, nous nous engageons donc à le faire dans un an, si l’avoir n’est pas utilisé" conclut Air Austral.

A noter que neuf compagnies aériennes basées à Orly, dont Corsair et French Bee qui desservent La Réunion,  ont demandé mercredi à l'Etat, dans une lettre ouverte, de fixer dès maintenant au 26 juin la réouverture de l'aéroport fermé le 1er avril pour cause de coronavirus.

es / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

Prof, Posté
en gros... si j'ai bien compris... On s'est tapé 2 mois de confinement alors que le virus circulait très peu ici en été pour rouvrir les vannes en juin et le faire entrer en masse pour l'hiver austral où il se propagera plus vite et fera des ravages ??
Ce serait absurde et suicidaire. Non ?
La vérité si je mens !, Posté
Déconfinement et lâcheté de l'État :

Lâcheté du pouvoir politique qui annonce que la France doit se remettre à travailler mais qui multiplie les contraintes technocratiques qui en bloquent la reprise.

L'État ne tranche pas. Il se défausse de la responsabilité sanitaire sur les forces vives qui ont le choix entre respecter la loi, et donc tout bloquer, ou, au contraire, de passer outre la loi et engager leur responsabilité pénale personnelle.