Pas de mouvement de grève à prévoir :

BTP : un accord a été trouvé, les salaires augmentent de 0,974%


Publié / Actualisé
La Négociation annuelle obligatoire (NAO) du secteur du BTP s'est clôturée ce jeudi 25 juin 2020. Les syndicats craignaient une année blanche - sans augmentation de salaire préconisée - et se préparaient déjà à un mouvement de grève. Finalement, un accord a été trouvé, avec une recommandation patronale d'augmentation de 0,974% des salaires au 1er juin. "C'est mieux que rien, et cela nous évite un mouvement social qui desservirait les petites entreprises" souligne Jacky Balmine, secrétaire général de la CGTR BTP.
La Négociation annuelle obligatoire (NAO) du secteur du BTP s'est clôturée ce jeudi 25 juin 2020. Les syndicats craignaient une année blanche - sans augmentation de salaire préconisée - et se préparaient déjà à un mouvement de grève. Finalement, un accord a été trouvé, avec une recommandation patronale d'augmentation de 0,974% des salaires au 1er juin. "C'est mieux que rien, et cela nous évite un mouvement social qui desservirait les petites entreprises" souligne Jacky Balmine, secrétaire général de la CGTR BTP.

Si le syndicat aurait préféré une augmentation des salaires entre 1,5 et 2%, la crise du Covid-19 est passée par-là. Cependant, il était hors de question d'accepter une année blanche. "C'était inenvisageable de ne pas prendre en considération l'inflation, qui était de 0,4%" explique Jacky Balmine. "On ne peut pas relancer l'économie sans augmenter les salaires" continue-t-il.

Il indique par ailleurs que l'accord a été accepté pour répondre aux sollicitations de la CAPEB, composée de nombreuses petites entreprises en difficulté. "Une grève leur aurait porté préjudice" souligne-t-il.

- Apaiser les tensions -

Les discussions ont duré plusieurs jours, durant lesquelles "la CGTR BTP a bataillé pour arriver à un montant de 0,974%", d'après Jacky Balmine. "Je ne peux pas dire que ce soit satisfaisant, mais on a évité l'année blanche, c'est déjà ça" relativise-t-il.

Pour la CAPEB, les négociations avaient notamment pour objectif d'apaiser les tensions, une mission réussie aujourd'hui. "Il fallait trouver un accord qui satisfasse tout le monde, en plaidant une augmentation raisonnable tout en redonnant confiance aux salariés et en améliorant leur pouvoir d'achat" explique Raymond Vaitilingom, secrétaire de la CAPEB.

Contrairement à l'année précédente, la FRBTP a elle aussi signé l'accord. "Nous sommes satisfaits du compromis auquel nous sommes arrivés. Mais si nous avons été attentifs aux demandes des salariés, nous attendons aujourd'hui que l'Etat soit attentif aux demandes des entrepreneurs" plaide Anthony Lebon, président de la FRBTP.

"C'est une crise sans précédent, et pourtant, nous avons accepté d'augmenter les salaires. Mais aujourd'hui pour survivre, nous avons besoin d'une annulation de nos charges" continue-t-il.

Avant le début des négociations, Jacky Balmine avait été l'invité d'Imaz Press. Déjà à ce moment-là, ce dernier craignait des négociations difficiles, regardez :

- Un secteur en crise -

Même avant la crise sanitaire, le secteur du BTP traversait une passe difficile, avec 1.200 emplois qui avaient été supprimés en 2019 et 230 entreprises qui avaient fermé leurs portes. La FRBTP avait alerté dès le début de l'année sur la passe difficile que rencontrait le secteur. Avec le confinement, la situation du BTP est aujourd'hui catastrophique. "Sans aide de l'Etat, des entreprises vont mettre la clé sous la porte, mais nous n'avons toujours pas de retour à nos plaidoiries" regrette Anthony Lebon.

D'après la CAPEB, à l'heure actuelle, si toutes les entreprises ont repris leurs activités, elles ne tournent pas à 100%. "L'objectif maintenant est de relancer tous les chantiers en suspens, et de terminer le plus rapidement ces derniers" indique Raymond Vaitilingom. "

A noter que ce mercredi, NGE - un groupe de travaux publics - a annoncé avoir décroché un prêt de 200 millions d'euros garanti par l'Etat à hauteur de 80%. "C'est une bonne nouvelle, encore faut-il qu'il y ait de la commande publique qui arrive derrière" temporise Jacky Balmine. Il attend désormais des mesures fortes pour limiter au possible les licenciements, comme l'exonération des charges pour les entreprises, dont le BTP ne bénéficie pas à l'heure actuelle. 

as / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

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