Après les municipales :

La vague du changement à l'assaut des régionales


Publié / Actualisé
Avec sept nouveaux maires n'ayant jamais accédé à la première magistrature, ce scrutin des municipales offre un renouvellement profond de l'offre politique à La Réunion, signe d'une volonté de changement des Réunionnais qui s'exprime par les basculements de majorité ainsi que l'abstention qui sont les deux faits marquants de cette élection. Cette vague, qui peut être synonyme d'une nouvelle ère pour la politique réunionnaise, est susceptible de déferler également sur les régionales de 2021. Si le scrutin est maintenu (Photo rb/wwww.ipreunion.com)
Avec sept nouveaux maires n'ayant jamais accédé à la première magistrature, ce scrutin des municipales offre un renouvellement profond de l'offre politique à La Réunion, signe d'une volonté de changement des Réunionnais qui s'exprime par les basculements de majorité ainsi que l'abstention qui sont les deux faits marquants de cette élection. Cette vague, qui peut être synonyme d'une nouvelle ère pour la politique réunionnaise, est susceptible de déferler également sur les régionales de 2021. Si le scrutin est maintenu (Photo rb/wwww.ipreunion.com)

- Un vent de jeunisme qui pourrait profiter à Olivier Hoarau -

Outre l’arrivée de quatre femmes au pouvoir, l’autre grand enseignement de ce scrutin est l’arrivée aux postes à responsabilité de sept nouveaux maires. Hormis Ericka Bareigts dont le parcours est extrêmement riche, ces nouveaux maires ne sont pas des élus ayant accédé à de hautes fonctions par le passé. De plus, certains de ces élus sont jeunes et certainement guidés par une volonté de promouvoir le changement par la jeunesse pour les prochains scrutins, notamment celui les régionales.

Un homme qui ne cache pas ses ambitions régionales arbore très clairement le profil idéal du jeune qui pourrait tenter de se lancer dans la bataille des régionales. Il s’agit d’Olivier Hoarau, maire du Port, brillamment réélu dès le premier tour sur sa commune, et dont le jeu politique lors du second tour a été clair et payant.

En soutenant Joé Bédier à Saint-André, Patrice Selly à Saint-Benoît, Jacques Técher à Cilaos, Huguette Bello à Saint-Paul et Ericka Bareigts à Saint-Denis, l’élu portois a fait un quasi sans faute puisque tous ces candidats ont été élus. Le soutien à Alexandre Lai Kane Cheong a Sainte-Suzanne n’a pas été couronné de succès mais le score très prometteur du jeune représentant de Croire et Oser est une belle performance qui augure un rôle moteur de ce dernier en vue des prochains scrutins. Juliana M’Doihoma, maire de Saint-Louis, vice-présidente à la Région, qui n’a pas bénéficié du soutien de Didier Robert, pourrait elle aussi rallier ce mouvement autour du jeune maire portois.

Olivier Hoarau peut également bénéficier du soutien d’Huguette Bello et d’Ericka Bareigts qui, élues maires, n’ont plus de velléités à se présenter aux régionales. Enfin, dans le microcosme politique dionysien, il se dit que Nassimah Dindar ne verrait pas d’un mauvais oeil une candidature du maire du Port à la Région, ce qui pourrait dessiner la possibilité d’un front centre-gauche pour tenter de déboulonner Didier Robert de son siège.

- Didier Robert bien mal assis dans son fauteuil -

Comme évoqué dans un article précédent, Didier Robert est le grand perdant de ce scrutin. Il est non seulement responsable de sa défaite personnelle à Saint-Denis, face à Ericka Bareigts, mais il est aussi comptable de l’échec collectif de la droite dans de nombreuses communes. Et pour cause, il ne faisait pas bon d’être soutenu par Didier Robert dans de nombreuses communes telles que Saint-André, Sainte-Suzanne, Saint-Paul, Le Tampon, Cilaos, Saint-Benoît ou encore l’Etang Salé où Jean-Claude Lacouture a frôlé le couperet pour une seule voix.

Le président de Région sort de ce scrutin affaibli même s’il peut compter sur des petites communes telles que les Avirons, Saint-Philippe, Salazie ou encore Bras-Panon pour lui renvoyer l’ascenseur. Mais ces communes ne pèsent pas suffisamment pour lui permettre de rester assis confortablement dans son siège de président de Région.

D’autant plus qu’il s’est clairement mis à dos ces dernières années la droite et le centre à La Réunion. S’il a été soutenu par les Républicains à Saint-Denis, ce n’est que du bout des lèvres de la part de Michel Fontaine, patron du parti de droite à La Réunion. Nassimah Dindar quant à elle peut exulter. Sa stratégie de rejoindre Ericka Bareigts au second tour a payé, permettant à la liste de la nouvelle maire de littéralement écraser Didier Robert qui voulait faire barrage à la sénatrice.

Didier Robert peut donc s’inquiéter, lui qui doit faire face à plusieurs affaires et à la déroute de la Nouvelle Route du Littoral. Les prochains mois seront décisifs pour le président de Région qui va compter chacun de ses soutiens.

Cela commencera d’ailleurs dès les prochaines semaines avec l’élection pour la présidence la Cinor. Didier Robert ne cache pas son ambition de diriger cette collectivité très puissante, avec le soutien de Maurice Gironcel et de Richard Nirlo. Chaque voix devrait compter et à n’en pas douter, le président de Région mettra toute son énergie pour obtenir cette présidence tant convoitée. Didier Robert a déjà démontré qu’il avait de la ressource pour rebondir à chaque fois qu’il était mal en point. Cette élection pourrait ainsi être un tremplin si le président veut sauver sa tête lors des régionales de 2021.

- Pour le sud, l’heure est venue -

Pour le sud, on a le sentiment que l’heure est venue de diriger une grande collectivité. En effet, que ce soit au Département ou à la Région, cela fait de très nombreuses années qu’un élu sudiste n’a pas présidé une de ces deux grandes collectivités. Si Didier Robert est en effet issu du sud, il a rapidement quitté cette micro-région pour rejoindre le nord. Hormis Saint-Philippe qui a grandement bénéficié du coup de main régional, les autres communes ont le sentiment d’avoir été laissées pour compte, d’où ce sentiment de vouloir rééquilibrer les rapports de force en remportant une de ces collectivités.

A ce jeu, Patrick Lebreton semble d’ores et déjà préparer les armes en vue des régionales. Déjà candidat en 2015, le maire de Saint-Joseph veut cette fois rallier avec lui les forces du sud pour tenter de faire pencher la pyramide inversée de son côté. S’apprête-t-on à voir une guerre entre le sud et le nord ? Rien n’est impossible. A moins que les deux micro-régions ne parviennent à trouver un accord en vue de partager le pouvoir entre les deux institutions. La Région pourrait par exemple revenir à Olivier Hoarau tandis que Serge Hoarau, maire de Petite Ile, pourrait être le candidat idéal du sud pour présider le Département.

Tout cela n’est, bien sûr, que fiction politique d’autant plus à l’aune d’un possible bouleversement du calendrier électoral.

- Un report des régionales pourrait rebattre toutes les cartes -

C’est dans les cartons d’Emmanuel Macron depuis quelques semaines déjà. Le président de La République, qui sort d’élections municipales catastrophiques et qui voit déjà poindre une déroute lors des scrutins de 2021, envisagerait de reporter les élections régionales en 2022, à l’issue des présidentielles. Des consultations sont en cours en vue de confirmer ou non cette possibilité.

Il s’agit officiellement de lancer un nouvel acte de décentralisation qui redessinerait les pouvoirs des différentes collectivités et dans le cadre duquel les Régions joueraient un rôle essentiel.  Mais pour le président de la République, il s’agit surtout de limiter la casse en 2021, tout en espérant pouvoir surfer sur une éventuelle réélection, en 2022, pour que La République en Marche puisse remporter des Régions dont la puissance politique et financière permettrait à son parti de trouver l’ancrage territorial qui lui fait tant défaut.

Un tel report pourrait en tout cas rebattre toutes les cartes et faire des élections départementales le catalyseur d’une éventuelle opposition entre le nord et le sud.

Pour sa part Didier Robert pourrait espérer un peu d’air pour tenter de rebondir, en trouvant notamment une solution en ce qui concerne le chantier de la Nouvelle Route du Littoral, ce qui semble d'orès et déjà mal parti.

Il pourrait aussi espérer que ce report fasse retomber ce vent de jeunisme symbolisé par Olivier Hoarau.

Aucune loi ne sanctionnant les espoirs improbables, le président de Région ne risque aucune nouvelle poursuite...

www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

12 Commentaire(s)

Babouk loswoir, Posté
Sauf erreur de ma part, la population a voté pour mettre en place 24 conseils municipaux...dont 17 tout récemment (les maires ne sont même pas encore désignés par lesdites assemblées délibérantes...), dans un département les plus inégalitaires de France !
Nous devrions même avoir 3 nouvelles maires (mais une y avait été une fois en 2008!), plus 3 néo sur le littoral Est, 1 au centre (la Plaine) et un nouveau aussi chez les Avironnais, sans oublier le come-back à Cilaos !
Le travail est incommensurable pour répondre aux besoins de la population...ici!
Donc, donc...ne faites surtout pas semblant, car l'électorat ne vous laissera tranquille..., vous serez sous surveillance constante !
Il n'y a plus de place pour les p'tits gloutons et assoiffés de pouvoir.
Papillon diurne, Posté
il ne faut jamais faire la boue avant la pluie...ou bien barre l'Océan indien avec une digue avec des roches massives imaginaires !
BOYER, Posté
Il y en a un qui ça se la jouer comme un
SAINT : saint d'esprit, saint à tout niveau, et accusez les autres Élus, Parlementaires, Maires de tous les maux. Fixez mon regard, c'est un SAINT , oui un mauvais SAINT je vous le dis.
Ziz, Posté
El jeff , la propagande se fait dans vos presses subventionnées par votre patron de région.
Ici vos commentaires sont diffusés contrairement aux autres où la censure joue à plein si on écrit contre Didier Robert
Joey, Posté
Par pitié arretez de tirer des plans sur la comète. Et ne faites pas la boue avant la pluie. Avant les regionales il y a encore 2 élections. Alors ! Attention aux écrits de propagandes Hoarau bello ericka. Ils vont se bruler les ailes bien avant les regionales croyez moi
Anonyme, Posté
Il fallait reflechir avant de renvoyer tous ses peres et meres de familles qui se sont retrouver au Chomage du jour au lendemain .
TOPLAN, Posté
La seule chose que tout le monde peut dire: Didier robert ne sera PLUS le président de cette belle collectivité - ça c'est certain - nous on veut du NEUF.
ZembroKaf, Posté
Olivier HOARAU a déclaré plusieurs fois qu'il resterait maire du Port...!!!
Didier ROBERT est un sudiste il a été élu en étant maire du Tampon à l'époque (2010), habitant à Saint Denis (La Montagne) dans une villa loué par La Région (2300 euros/mois A.L)...donc le Sud a déjà "son président" !!!
Pour l'instant personne ne s'est positionné...pour le poste...même pas Didier Robert lol !!!
Aline, Posté
Pitié, pas de Robert à la CINOR.
Après le Tampon, la Région, il va encore vider les caisses. Il faut que ça cesse.
J'espere Un rassemblement de la gauche dont fera parti Mr Gironcel.
El jeffe, Posté
je me demande si vous etes vraiment de la presse, ce site est une propagande, je suis mdr, c est un plaisir de lire ce genre d article nunuche... bravo a celui qui l a ecrit, creole l est vilain mais l est pu couillon, mais bon
KUNTA KINTé, Posté
Demain est un autre jour ... Bien malin celle , celui sont capable de dire qui sera le prochain Président de Région sise à l'hôtel de région Pierre Lagourgue .
Esprit Crocodile, Posté
DIdier est fini ce sera le tout sauf robert. Sa com' ne vaut plus rien, c'est un homme aujourd'hui isolé. Il peut distribuer, arroser, les gens prennent mais ne votent plus pour lui. Ses amis, Ses agents , son cabinet négocie des postes ailleurs en ce moment même, cela veut tout dire! Fini et remballe les cartons mon gars