Fin de la trêve hivernale :

La Fondation Abbé Pierre requiert des mesures plus fortes pour éviter des drames humains


Publié / Actualisé
La trêve hivernale est levée ce vendredi 10 juillet : après dix mois d'interruption, des milliers de familles sont à nouveau menacées d'être expulsées de leur logement. " Ces drames humains ne doivent en aucun cas se reproduire cette année, alors que le virus circule encore. Nous demandons un prolongement exceptionnel de la trêve hivernale jusqu'au 31 octobre" indique la Fondation de l'Abbé Pierre dans un communiqué que nous publions ci-dessous. (photo AFP)
La trêve hivernale est levée ce vendredi 10 juillet : après dix mois d'interruption, des milliers de familles sont à nouveau menacées d'être expulsées de leur logement. " Ces drames humains ne doivent en aucun cas se reproduire cette année, alors que le virus circule encore. Nous demandons un prolongement exceptionnel de la trêve hivernale jusqu'au 31 octobre" indique la Fondation de l'Abbé Pierre dans un communiqué que nous publions ci-dessous. (photo AFP)

" Le 10 juillet, avec la fin de l'état d'urgence sanitaire, les personnes soumises à des procédures d'expulsion verront la protection de la trêve hivernale disparaître. En 2018, plus de 155 000 ménages étaient dans cette situation et 15 993 ont été expulsés avec le concours de la force publique, un chiffre qui avait alors augmenté de 2,9% par rapport à l'année précédente, et de 41% en 10 ans.

Ces drames humains ne doivent en aucun cas se reproduire cette année alors que le virus circule encore, que les conséquences économiques et sociales de la crise sanitaire sont déjà là, que les institutions qui participent à la prévention des expulsions ont tourné au ralenti ces derniers mois et que les solutions d'hébergement ou de relogement sont saturées en raison de leur mobilisation exceptionnelle pendant cette période.

Le ministre du Logement a adressé une instruction aux préfets les enjoignant à renoncer à expulser les ménages qui ne disposeraient pas de solution de relogement. Si la Fondation se réjouit d'une telle décision, elle craint qu'elle ne soit pas pleinement appliquée sur tous les territoires.

C'est pourquoi, la Fondation Abbé Pierre demande un prolongement exceptionnel de la trêve hivernale jusqu'au 31 octobre, donnant ainsi un répit à ces ménages déjà très en difficulté et un temps supplémentaire pour apporter des réponses alternatives à l'expulsion. Parallèlement les propriétaires concernés doivent être indemnisés en conséquence.

De plus, La Fondation craint que les impayés, en hausse sensible depuis mi-mars, n'explosent dans les prochains mois. L'arrêt de l'activité économique pendant le confinement et sa difficile reprise depuis lors imposent souvent aux personnes modestes d'arbitrer les besoins essentiels : se nourrir, se soigner et payer son logement entrent alors en concurrence. Il faut prévenir dès maintenant ces situations car de nombreuses familles ont déjà basculé dans la précarité : la perte de leur logement les précipiterait dans la grande exclusion. Les aides existantes sont largement insuffisantes pour couvrir l'ensemble des impayés générés par la baisse ou la perte de ressources de nombre de ménages. La Fondation Abbé Pierre demande par conséquent la mise en œuvre de plusieurs mesures fortes, dont la création en urgence d'un fonds d'aide au paiement des loyers et charges doté à minima de 200 millions d'euros.

Pendant la crise sanitaire, la plateforme téléphonique de la Fondation Abbé Pierre " Allô prévention expulsion " (0810 001 505) a continué de recevoir des appels à l'aide. Grâce à ses bénévoles et son réseau associatif sur l'ensemble du territoire, la Fondation va poursuivre cette action essentielle de prévention. Mais elle ne pourra pas faire face seule à la bombe à retardement qui est désormais enclenchée. Il est nécessaire que les pouvoirs publics prennent aujourd'hui la mesure de cette situation d'urgence afin d'éviter d'aggraver la catastrophe sociale de demain."

 

   

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