Emmanuel Macron a promis d'aider le secteur :

Tourisme : les professionnels attendent leur part du plan de relance européen


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Après quasiment quatre jours de négociations, les 27 pays membres de l'Union européenne sont parvenus, mardi 21 juillet 2020, à un accord sur un plan de relance économique post-coronavirus de 750 milliards d'euros. Une somme dont 40 milliards seront alloués à la France. Avant la présentation de la déclinaison française de ce plan de relance, Emmanuel Macron a assuré qu'il servira, entre autres, à financer le tourisme. Une mention spécifique et une promesse que les professionnels du secteur à La Réunion entendent bien faire respecter le chef de l'Etat, notamment après la levée "tardive" des restrictions de voyage en Outre-mer. (Photo rb/www.ipreunion.com)
Après quasiment quatre jours de négociations, les 27 pays membres de l'Union européenne sont parvenus, mardi 21 juillet 2020, à un accord sur un plan de relance économique post-coronavirus de 750 milliards d'euros. Une somme dont 40 milliards seront alloués à la France. Avant la présentation de la déclinaison française de ce plan de relance, Emmanuel Macron a assuré qu'il servira, entre autres, à financer le tourisme. Une mention spécifique et une promesse que les professionnels du secteur à La Réunion entendent bien faire respecter le chef de l'Etat, notamment après la levée "tardive" des restrictions de voyage en Outre-mer. (Photo rb/www.ipreunion.com)

“Le moment le plus important depuis la vie de notre Europe et la création de l’euro.” C’est ainsi qu’a qualifié Emmanuel Macron l’accord sur la première dette commune de l’Union européenne. Un plan de relance de 750 milliards d’euros pour faire face à la crise économique liée au coronavirus. La France en sera le troisième pays membre bénéficiaire, avec 40 milliards d’euros directement alloués.

Si la déclinaison française ne sera présentée que le 24 août prochain, le président de la République a d’ores et déjà annoncée qu’une partie de la somme ira au secteur du tourisme. 

- Les professionnels mobilisés dès le mois de juin -

Une brève mais significative mention pour les professionnels de la filière à La Réunion, qui lamentaient, dès le 10 juin dernier, avoir été le premier secteur à stopper son activité et le dernier à pouvoir reprendre après le déconfinement.

“L'heure est extrêmement grave pour le tourisme. Au-delà de la gravité, il y a de la colère”, s’exclamait alors le président du MEDEF Réunion Didier Fauchard, réclamant également des tests 72 heures avant le départ plutôt que l’obligation d'une période d’isolement. Une demande à laquelle avait accédé le gouvernement, mais avec mise en application le 10 juillet. Trop tard pour les professionnels du tourisme.

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Deux semaines plus tard, “il n’y a pas de sentiment de colère”, assure Patrick Serveaux, président de l'Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie (UMIH) et de la commission Tourisme du MEDEF Réunion. Simplement le regret de ne pas avoir eu une levée plus précoce des restrictions. “À un moment, compte de la situation réunionnaise, on aurait pu ouvrir les restaurants plus tôt qu’en Métropole. Je pense notamment au pont du jeudi de l’Ascension, où on aurait pu avoir du monde dans nos établissements, sans que ça pose un problème sanitaire vis-à-vis de la population.”

Aujourd’hui encore, les professionnels du tourisme se défendent d’avoir privilégié l’économie à la santé, expliquant que les tests préalables aux départs des voyageurs auraient pu être adoptés plus tôt, pour permettre une reprise de l’activité sans mettre en péril la santé des Réunionnais. “On n’aurait pas pu fermer La Réunion ad vitam eternam. La Covid, c’est quelque chose qui va durer encore des années malheureusement”, constate Patrick Serveaux. “Il faut qu’on apprenne tous à faire, avec les tests et les gestes barrière.”

- “On a très peu de touristes” -

Malgré le début des vacances estivales pour la France métropolitaine et la fin des restrictions de voyage, la reprise est très timide à La Réunion. La faute au nombre limité de sièges disponibles dans les avions et à la menace sanitaire, selon Patrick Serveaux. “On a très peu de touristes extérieurs, le risque Covid fait peur à la clientèle. Nos hôtels ouverts sont pleins le week-end, mais en semaine, on a quasiment personne. Le taux d’occupation moyen est très faible.”

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Pour remédier à cela, la filière avait proposé l'institution d'un "package" pour les touristes, qui inclurait obligatoirement trois éléments d'achat : le vol vers la Réunion, l'hébergement et une prestation de service. La proposition a fait l’objet d’une demande de subvention à la Région, ce jeudi 23 juillet.

“C’est quelque chose qui est en cours”, se félicite Patrick Serveaux. “Si on l’avait eu au mois de juillet, ça aurait permis d’avoir un peu plus de touristes à La Réunion. Mais, mieux vaut tard que jamais. On espère que ça va aboutir très vite, parce qu’on a besoin d’activité pour tenter de sauver nos entreprises.” Le secteur emploie plus de 11.500 personnes sur l’île. Habituellement, les mois de juillet et août représentent habituellement 104.000 touristes et environ 80 millions d’euros de recettes. Avec un trafic aéroportuaire en recul de 41%, le manque à gagner à la rentrée sera conséquent.

Dans ce contexte, le tourisme local représente un moyen de substanter l’activité. Aussi, l’Île de La Réunion Tourisme, comité régional en charge de la promotion de l’île, a lancé trois dispositifs pour inciter les locaux à la consommation touristique :

- “Mon île 974”, un chéquier de 300 euros à destination de 52.000 familles et au personnel mobilisé pendant la crise du coronavirus ;

- le Pass nature et culture à destination des associations proposant des activités culturelles et de loisirs ;

- et le Passkdo qui offre un chèque cadeau équivalent pour tout achat d’un chèque cadeau.

- Plus de considération pour les Outre-mer - 

Avant de plus amples aides de l’Etat, en plus de l’assouplissement de l’accès au Fonds de solidarité, les professionnels de la filière à La Réunion demandent une plus grande considération des Outre-mer dans les actions du gouvernement. Ce qu’a également promis Emmanuel Macron lors de son intervention télévisée.

“Jusqu’à maintenant, on a été les grands oubliés de la promotion des destinations. On attend qu’ils mettent davantage en avant les Outre-mer, parce qu’en termes de PIB, la contribution du tourisme est beaucoup plus forte en Outre-mer que sur le reste du territoire”, explique Patrick Serveaux.

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Enfin, ils attendent la nomination du nouveau secrétaire d'Etat au tourisme, qui se fait attendre depuis la démission du gouvernement de l'ancien premier ministre Edouard Philippe. Trois semaines après l'arrivée de Jean Castex, son successeur à Matignon, les acteurs du tourisme n'ont toujours pas d'interlocuteur direct. “Notre rythme hebdomadaire commence à nous manquer”, conclut Patrick Serveaux.

aa / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Papillon diurne, Posté
ils peuvent attendre...longtemps ! Ils ont toujours considéré la clientèle locale comme des sous-clients!