C'est la plus importante fête chiite :

Achoura : Covid-19 oblige, les cérémonies se feront en privé cette année


Publié / Actualisé
La crise sanitaire continue d'impacter les communautés religieuses : en cette journée d'Achoura, les Chiites (une des deux branches de l'Islam) de l'île devront malheureusement rendre hommage à Husayn, le petit-fils du prophète Mahomet massacré avec 71 de ses compagnons, en privé. La traditionnelle procession, qui rassemble généralement plusieurs centaines de personnes vêtues de noir à Saint-Denis, a en effet été annulée. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
La crise sanitaire continue d'impacter les communautés religieuses : en cette journée d'Achoura, les Chiites (une des deux branches de l'Islam) de l'île devront malheureusement rendre hommage à Husayn, le petit-fils du prophète Mahomet massacré avec 71 de ses compagnons, en privé. La traditionnelle procession, qui rassemble généralement plusieurs centaines de personnes vêtues de noir à Saint-Denis, a en effet été annulée. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Toutes les autres célébrations, organisées normalement à la mosquée, sont elles aussi annulées. Seules les cinq prières quotidiennes sont maintenues. "Nous comprenons parfaitement que la situation sanitaire ne nous permette pas de nous rassembler comme nous le faisons habituellement, nous sommes conscients du risque de créer un foyer de contagion" explique Nassor Amine Goulamaly, le président de l'UAKSIR (fédération chiite de La Réunion).

Un accord avait été trouvé avec la Nordev, qui devait accueillir le rassemblement des fidèles. Mais suite à l'interdiction de rassemblements de plus de dix personnes, cela a finalement dû être annulé. "La foi nous dicte de ne pas mettre en danger autrui, il va de soi que nos cérémonies n'étaient alors plus possibles, bien que cela représente un sérieux renoncement pour les fidèles" continue Nassor  Amine Goulamaly.

Chez les musulmans chiites, cet évènement marque la commémoration du massacre d’Al-Husayn, fils d’Ali et petit-fils du prophète Mahomet, et de 71 partisans par le calife omeyyade, Yazîd 1er le 10 octobre 680 à Kerbala (Irak). Ces morts consomment la rupture entre Musulmans Chiites et Sunnites. C’est un jour de deuil qui rappelle l’un des actes fondateurs du mouvement chiite.

Le massacre trouve son origine dans les tensions qui débutent au sein de l'islam avec l'assassinat d'Ali, époux de Fatima et fille de Mohamed. Le rival d'Ali, Moawiya, prend alors le titre de calife, devenant le chef de tous les Musulmans. Il obtient d'Hassan, fils aîné d'Ali, qu'il renonce à ses droits sur le califat. Mais Hussein, fils cadet d'Ali, persiste à rejeter l'autorité de Moawiya.

Après la mort de ce dernier en 680 et l'avènement de son fils Yazid, Hussein accompagné d'une petite troupe de fidèles se rend de La Mecque à Koufa, où l'attendent des adeptes d'Ali. Sur la route, à Kerbela, Hussein et les siens sont attaqués par des soldats fidèles à Yazid. Sa mort consomme la rupture entre Musulmans sunnites et chiites.

Pour les Sunnites, Achoura, est un jour de jeûne qui se réfère à la sortie d’Egypte des enfants d’Israël.

as / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

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