Découverte du ciel nocturne :

Un peu plus près des étoiles à l'Observatoire des Makes


Publié / Actualisé
L'Observatoire astronomique des Makes a repris ses célèbres soirées d'observation. Si le masque et le gel hydroalcoolique ont fait leur apparition, la découverte du ciel austral ne perd rien de son charme pour autant et les plus curieux repartent des étoiles plein les yeux. (Photos : Association astronomique de La Réunion)
L'Observatoire astronomique des Makes a repris ses célèbres soirées d'observation. Si le masque et le gel hydroalcoolique ont fait leur apparition, la découverte du ciel austral ne perd rien de son charme pour autant et les plus curieux repartent des étoiles plein les yeux. (Photos : Association astronomique de La Réunion)

"Oh, on voit super bien les anneaux" s'exclament plusieurs jeunes rassemblés autour d'un télescope. Dans le viseur, Saturne, l'une des stars de la soirée. Il faut dire qu'avec sa forme si caractéristique, la sixième planète du système solaire a de quoi impressionner. Et le motif qui apparaît sous les yeux des petits astronomes en herbe se découpe parfaitement, faisant penser à un dessin.

Saturne, planète géante gazeuse, est la deuxième plus grande de notre système après Jupiter. L'une des observations les plus spectaculaires en ce mois d'hiver austral.

Dans les hauts de Saint-Louis, l'Observatoire trône à plus de 1000 mètres d'altitude. Un lieu d'exception, mis en place en 1992 pour faire découvrir les étoiles au plus grand nombre.

- Masque obligatoire toute la soirée -

La soirée d'observation commence masque sur le nez, c'est le plus gros changement depuis la reprise des nocturnes aux Makes. "Heureusement, nous ne sommes pas concernés par la limitation à 10 personnes, puisque nous faisons ces soirées dans le cadre de notre activité" explique la présidente de l'Association astronomique de La Réunion (ARR), Sylvie Perrigault.

Lire aussi : Sylvie Perrigault, la tête dans les étoiles depuis 1986

Les mesures sanitaires sont cependant renforcées. Le masque, déjà, est obligatoire tout au long de la soirée. "Ça réchauffe le bout du nez !" note la présidente de l'association avec humour. "On essaie de limiter à 10 personnes autour de chaque instrument d'observation. Nous avons aussi installé du gel hydroalcoolique un peu partout et on en met systématiquement dans les mains des participants au début de la soirée" ajoute-t-elle.

La crise Covid aura malgré tout eu raison du calendrier. "On va suspendre les soirées, par sécurité" annonce à regret Sylvie Perrigault, face à la forte augmentation des cas positifs ces derniers jours. "Il restait une soirée en août mais nous l'avons annulée. Pour septembre, on verra bien…"

Et quand ce n'est pas la Covid, c'est le temps... La Nuit des étoiles 2020, prévue en comité réduit, a dû être annulée à cause d'une mauvaise météo.

- A la recherche des constellations -

C'est donc munis de leur masque et à un mètre de distance entre chaque groupe que les participants débutent leur soirée, assis par terre, face au diaporama projeté sur les murs de l'observatoire. On y montre les constellations du ciel austral sur une carte en trois dimensions, à retrouver ensuite dans le ciel réel. Un jeu de piste grand public et qui semble passionner les plus jeunes.

"A La Réunion nous pouvons observer plus de 80 constellations sur les 88 recensées" explique l'animatrice. C'est depuis 1930 seulement que ces constellations ont été alignées sur des définitions communes, chacun pouvant voir dans le ciel un motif différent…

Il en reste que certains dessins apparaissent plus clairement que d'autres. C'est le cas de la Croix du sud. "C'est notre étoile polaire à nous, indique l'animatrice, il faut ensuite tracer 5 segments tout droit vers la gauche pour avoir la direction du sud." La véritable étoile polaire, elle, ne pourra jamais être vue à La Réunion, à 21 degrés de latitude sud. La constellation de la Petite ourse, elle non plus, ne peut donc pas être observée.

Les touristes métropolitains découvrent avec plaisir cette Croix du sud, qu'ils ne voient jamais. "La constellation du Centaure ne peut pas se voir de l'Hexagone non plus, ou encore celle de la Grue" explique Sylvie Perrigault. D'autres se voient beaucoup mieux de La Réunion, c'est le cas d'ailleurs de la constellation du Scorpion, la plus facile à repérer durant cette soirée d'observation puisqu'elle culmine au-dessus des têtes avec son dard d'étoiles tout à fait identifiable.

- Jupiter grandiose au télescope -

Pendant que des participants cherchent à l'œil nu la Vierge ou Hercule, d'autres gardent l'œil bien vissé au télescope pour profiter pleinement de Jupiter, la plus grande planète du système solaire.

Géante gazeuse, tout comme Saturne, son rayon est de 69.911 km, soit… 10 fois plus que la planète Terre, dont le rayon est "seulement" de 6.378 km.

"C'est incroyable, on voit nettement les strates sur la planète" s'exclament plusieurs participants. Sa couleur ocre apparaît très nettement dans la lunette, tandis qu'on distingue en effet les "traits" qui semblent segmenter la géante de façon rectiligne.

Les planètes et les constellations abordées, il est ensuite l'heure de partir à la recherche des différents amas et nébuleuses observables au télescope. Amas du Centaure, amas du Toucan, nébuleuse de la Lyre en forme d'anneau, nébuleuse de la Lagune… autant de noms rêveurs qui donnent l'impression de plonger dans un monde fantastique.

"Ici vous voyez la "Boîte à bijoux", un amas situé dans la constellation de la Croix du sud, où l'on distingue différentes couleurs d'étoiles" expliquent les animateurs qui règlent leurs instruments d'observation sur l'amas en question. Au cœur de la Boîte à bijoux, on observe très clairement une étoile plus rouge que les autres, comme un rubis au centre de l'écrin.

Difficile de redescendre les Makes après avoir passé la soirée la tête dans les étoiles. A 23 heures passées, il est cependant temps d'aller se réchauffer un peu. C'est rafraîchis mais heureux que les participants repartent. L'Association astronomique de La Réunion, qui peut difficilement compter sur les scolaires pour remplir son calendrier, espère pouvoir relancer activement les soirées d'observation à l'approche de l'été. En espérant que la crise sanitaire le permette.

mm / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

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