Making of AFP :

L'humanité sur un bateau


Publié / Actualisé
Nous étions encore à quai, à Marseille, et je venais de terminer une interview avec Ludovic Duguépéroux, un marin-sauveteur de SOS Méditerranée. Juste à temps pour admirer, depuis le pont avant, le coucher du soleil qui transformait en nuancier de couleurs ce ciel de la mi-juin. "Tu verras", m'avait-il alors glissé dans une mise en garde amicale, "le huis clos d'un bateau, c'est assez spécial, il n'y a pas d'échappatoire, et selon les gens que tu as à bord, ça peut devenir plus ou moins oppressant". Il ne croyait pas si bien dire.
Nous étions encore à quai, à Marseille, et je venais de terminer une interview avec Ludovic Duguépéroux, un marin-sauveteur de SOS Méditerranée. Juste à temps pour admirer, depuis le pont avant, le coucher du soleil qui transformait en nuancier de couleurs ce ciel de la mi-juin. "Tu verras", m'avait-il alors glissé dans une mise en garde amicale, "le huis clos d'un bateau, c'est assez spécial, il n'y a pas d'échappatoire, et selon les gens que tu as à bord, ça peut devenir plus ou moins oppressant". Il ne croyait pas si bien dire.

La mission pour laquelle j’embarquais à bord de l’Ocean Viking, bateau-ambulance rouge et blanc qui s’est donné pour mission de secourir les naufragés sur la route migratoire la plus meurtrière du monde, s’annonçait en soi hors norme.

Pour la première fois, les opérations allaient se dérouler sans partenaire médical - Médecins sans frontières venait de se désengager - et dans le contexte du Covid-19, avec toutes les contraintes que cela comporte: masques, visières, combinaisons, décontaminations... D’ailleurs, je sortais d’une quarantaine de quatorze jours partagée dans le même hôtel que tout l’équipage.

Le temps de me préparer mentalement au pire du drame qui se joue sur ces eaux qui ont englouti les candidats à l'exil par milliers depuis la crise migratoire de 2015.

La suite du making of de l'AFP ici.

   

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