Elle avait traité les Réunionnais de "population dégénérée" :

Tribunal correctionnel : le procès de Brigitte Bardot pour injures raciales est renvoyé


Publié / Actualisé
Ce jeudi 3 septembre 2020 devait avoir lieu le procès de Brigitte Bardot, pour injures raciales. En mars 2019, la créatrice de la fondation éponyme protectrice des animaux s'était offusquée de l'attitude des Réunionnais, des "autochtones qui ont gardé leurs gènes de sauvages", avec des "réminiscences de cannibalisme", La Réunion étant pour l'ancienne star de cinéma "l'île du diable". Le procès est finalement renvoyé car la citation à comparaître, qui devait être délivrée à Brigitte Bardot, n'a pas été transmise dans les temps, confirme le parquet de Saint-Denis.
Ce jeudi 3 septembre 2020 devait avoir lieu le procès de Brigitte Bardot, pour injures raciales. En mars 2019, la créatrice de la fondation éponyme protectrice des animaux s'était offusquée de l'attitude des Réunionnais, des "autochtones qui ont gardé leurs gènes de sauvages", avec des "réminiscences de cannibalisme", La Réunion étant pour l'ancienne star de cinéma "l'île du diable". Le procès est finalement renvoyé car la citation à comparaître, qui devait être délivrée à Brigitte Bardot, n'a pas été transmise dans les temps, confirme le parquet de Saint-Denis.

La lettre, alors adressée au préfet de La Réunion - à l'époque Amaury de Saint-Quentin - en mars 2019, avait déclenché une avalanche de plaintes, à peine publiée. Brigitte Bardot, star des sixties et fervente défenseuse des animaux, avait cru bon de faire partager sa colère face à l'errance animale, en des termes bien peu flatteurs pour les Réunionnais.

- "Sauvages", "population dégénérée", "île du diable", "cannibalisme" -

"Monsieur le Préfet, je suis débordée, envahie par des lettres me dénonçant la barbarie que les réunionnais exercent sur les animaux ! C’est inadmissible et insupportable ! Cette île qu’ils appellent "l’île du diable" est la seule parmi tous les départements et territoires d’outre-mer français qui continue à se conduire aussi sauvagement avec les animaux" écrit alors Brigitte Bardot.

"Les autochtones ont gardé leurs gènes de sauvages" - Brigitte Bardot

La fondatrice de l'association de protection des animaux à son nom n'épargne personne, qualifiant les Réunionnais de "population dégénérée" et allant jusqu'à juger les festivités Tamouls et émettre quelques hypothèses sur la crise requin... "Vous (le préfet, ndlr) autorisez les fêtes indiennes Tamoul avec décapitations de chèvres et boucs en offrandes à leurs Dieux et dont les abats jetés à la mer attirent les requins… d’où les attaques ! Tout ça a des reminiscences de cannibalisme des siècles passés et devraient être INTERDITES" écrit alors Brigitte Bardot.

- Indignation générale et plaintes en série -

Sans attendre, le texte rendu public déclenche des réactions en chaîne, allant de la simple tribune à la véritable plainte. Même Annick Girardin, alors ministre des Outre-mer, répond à la célébrité dans une lettre ouverte. Ainsi la ministre rappelle à l'ancienne actrice que "le racisme n'est pas une opinion, c'est un délit" et que "la justice de notre pays tranchera."

La Ligue des Droits de l'Homme de La Réunion, de son côté, alerte le Procureur de la République et adresse au parquet de Saint-Denis une plainte concernant les propos racistes de Brigitte Bardot.

De nombreux élus, réunionnais ou non, ou associations lui emboîtent le pas et expriment à tour de rôle leur indignation, à commencer par la Fédération Tamoule, directement visée dans la lettre.

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- Les excuses de Brigitte Bardot -

Quelques jours après la publication de sa lettre, Brigitte Bardot présente des excuses, en justifiant cependant au passage sa colère contre ce qu'elle estime être le "sort tragique" des animaux dans l'île. "Mon seul tort est d'avoir fustigé l'ensemble de la population en blessant ceux qui ne blessent pas les animaux. Je leur demande de me pardonner", écrit-elle alorsdans un communiqué transmis à l'AFP. "On sanctionne violemment mes mots et non les actes qui les ont provoqués", ajoute Brigitte Bardot.

Pour rappel, la star n'en est pas à son coup d'essai. L'ex-actrice a déjà été condamnée cinq fois pour incitation à la haine raciale. Elle s’en était notamment prise aux Français de confession musulmane et aux migrants en situation irrégulière.

Dès le mois de novembre 2019 d'ailleurs, elle récidive à l'encontre des Polynésiens cette fois. Brigitte Bardot publie une lettre adressée au Haut commissaire de Polynésie française où elle alerte sur la "cynophagie" (se nourrir de viande de chien, ndlr), le trafic et la consommation de viande de chien.

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- Information judiciaire ouverte -

En avril, une information judiciaire est ouverte pour injures raciales. Le 30 avril 2019, le juge d'instruction en charge de l'affaire estime l'infraction suffisamment caractérisée pour renvoyer Brigitte Bardot devant le tribunal correctionnel.

D'abord convoquée devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis ce jeudi 3 septembre, Brigitte Bardot sera finalement jugée ultérieurement. Selon Eric Tuffery, procureur de Saint-Denis, la citation à comparaître, qui devait être délivrée par le parquet de Paris à Brigitte Bardot, n'a pas été transmise dans les temps. Le procès est donc renvoyé.

mm / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

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