[VIDÉOS-PHOTOS] Opération réhabilitation et redynamisation :

Le port de Saint-Gilles dans un "état catastrophique" selon le TCO


Publié / Actualisé
Depuis le 1er septembre 2019, la gestion du port de plaisance de Saint-Gilles-les-Bains revient au TCO, qui a pris le relais de la chambre de commerce et d'industrie (CCI). Un an après, l'intercommunalité se rend sur place pour dresser à nouveau la liste des nombreux chantiers à mettre en place pour réhabiliter le port et sécuriser les usagers de la mer. Le TCO pointe du doigt un total abandon du port de la part de la CCI, toujours en contentieux avec la chambre de commerce sur la question de l'indemnisation de la chambre par le TCO relative aux biens transférés. L'intercommunalité apporte également son soutien aux amodiataires, à qui la CCI réclame toujours le versement des loyers à compter du 1er septembre 2019. (Photos rb/www.ipreunion.com)
Depuis le 1er septembre 2019, la gestion du port de plaisance de Saint-Gilles-les-Bains revient au TCO, qui a pris le relais de la chambre de commerce et d'industrie (CCI). Un an après, l'intercommunalité se rend sur place pour dresser à nouveau la liste des nombreux chantiers à mettre en place pour réhabiliter le port et sécuriser les usagers de la mer. Le TCO pointe du doigt un total abandon du port de la part de la CCI, toujours en contentieux avec la chambre de commerce sur la question de l'indemnisation de la chambre par le TCO relative aux biens transférés. L'intercommunalité apporte également son soutien aux amodiataires, à qui la CCI réclame toujours le versement des loyers à compter du 1er septembre 2019. (Photos rb/www.ipreunion.com)

Ce vendredi 11 septembre, le Territoire de la côte ouest (TCO) a souhaité se rendre sur le port de plaisance de Saint-Gilles pour y effectuer un nouvel état des lieux et discuter avec les différents amodiataires (locataires pour qui les terrains ont été attribués de façon limitée, ndlr). Malgré les travaux déjà réalisés par l'intercommunalité, la liste est encore longue : plateforme glissante, digue trouée, escaliers dégradés, pontons fissurés, abords des quais abîmés, et bâtiments presque insalubres.

Face aux bateaux du port, l'intercommunalité s'alarme de l'état des structures sur le plan d'eau. "C'était dans cet état-là que le TCO a récupéré le port, il a fallu faire des réparations de fortune pour consolider les pontons mais on sait que toute la structure est complètement rouillée, complètement fissurée" explique Daniel Thébault, directeur de la régie des ports de plaisance du TCO. "On invite les gens à ne pas monter en grand nombre sur ces pontons pour ne pas prendre de risque inconsidéré, et à terme il faudra changer tous les pontons du port de Saint-Gilles." Coût envisagé : 1 million d'euros.

Pour Huguette Bello l'heure est aussi à la végétalisation du port. "Sur la commune nous allons planter 100.000 arbres donc le port de Saint-Gilles est inclus dedans" nous dit-elle.

- Miser sur la "double activité" -

Sur le port sont présents de nombreux clubs de plongée. Le gérant de Corail Plongée, Christophe Pottier, a plusieurs idées : "pourquoi pas créer une garderie sur le port pour les adultes qui souhaitent plonger, prendre un bateau, faire des activités, il faudrait aussi densifier les parkings, et assurer un nettoyage des abords du port le matin pour éviter les bouts de verre par terre".

La priorité pour ce gérant, c'est "une visibilité sur le long terme, pour avoir une sûreté de continuer notre activité après cette date. Jusqu'ici "l'entretien a été carrément laissé à l'abandon", ajoute-t-il, "les pontons sont dans un état pitoyable". Côté activité, le port a "une attractivité journée, ce serait bien de pouvoir amener du monde la nuit et faire le prolongement de Saint-Gilles vers le port".

Emmanuel Séraphin acquiesce, il faut en effet "redonner un dynamisme sur ce port avec un principe de double activité : un club de plongée pourrait éventuellement à la nuit tombée laisser place à une autre activité plus festive". Les espaces aux côtés des clubs pourraient donc accueillir tables et chaises pour une activité nocturne.

"Il faut que ce port-là soit vraiment un joyau de l'ouest, pour que chacun prenne plaisir à venir se promener ou boire un coup, déjeuner, faire une activité de loisir, etc." estime le président du TCO.

- Des bâtiments en sale état -

Dans un local pour l'instant inexploité, Philippe Poisson, qui porte bien son nom car en charge d'un poissonnerie sur le port, explique les problématiques rencontrées. "On a l'AOT depuis 3 ans avec la CCI mais on peut pas travailler là-dedans, y a tellement de frais. On est d'accord pour investir mais il faut de la durée" explique-t-il au président du TCO en lui montrant les moisissures et fissures au plafond. Emmanuel Séraphin se veut rassurant : "on va vous donner de la visibilité pour que vous puissiez investir, c'est pour ça qu'on est là. Les travaux n'ont pas été faits pendant des années et on se retrouve dans cette situation".

Philippe Poisson attend du TCO "une relation de partenariat" : "nous on demande pas d'argent, on veut juste travailler. Seulement pour ça, il y a pas mal de contraintes. Il faudrait un minimum de 10-15 ans pour l'AOT. Déjà il faut une évaluation de ce bâtiment et puis une remise en norme. Avec la CCI il ne se passait rien, moi ça fait 20 ans que je paye un loyer sur le port et on ne peut pas dire qu'on a eu un service à la hauteur de ce qu'on payait."

C'est également le reproche de Ralph, mécanicien bateaux et qui paye 2.000 euros de loyer par mois pour cet emplacement. Avec la CCI ses demandes de remise en état n'ont jamais abouti. "J'ai dû relancer facile 3 ou 4 fois. Ils envoient des experts qui disent 'on verra plus tard' et puis voilà. J'ai besoin que ça bouge enfin, ça fait 15 ans que j'attends."

Sur ce bâtiment, les termites ont attaqué les structure en charpentes, "il y a des poutres qui sont vides, avec un tournevis, on traverse très facilement. Ça fait partie des nombreux dégâts sur lesquels il va falloir qu'on intervienne" note Daniel Thébault.

Au niveau de la plateforme accueillant une fontaine hors service surplombée par une queue de baleine, Daniel Thébaud pointe du doigt un manque d'étanchéité. "Il y a une fragilité sous le bassin de la queue de baleine qui fait qu'aujourd'hui on attend de remettre en eau, parce que les pressions seraient dangereuses vis à vis de l'état général de la plateforme." Rien de vraiment rassurant.

Les attentes sont fortes de la part des amodiataires, "oui on va répondre à ces attentes", garantit Emmanuel Séraphin. "On a la volonté, on va mettre les moyens, et plus ce port sera dynamique, plus les activités et la fréquentation générées permettront d'avoir de l'investissement, et donc plus le TCO va récupérer aussi des recettes."

- "On se demande si ce n'est pas à la CCI de payer le TCO" -

Le TCO est en charge du port de plaisance de Saint-Gilles depuis le 1er septembre 2019. La chambre consulaire aurait dû poursuivre la gestion portuaire jusqu'à la fin 2021, mais le contrat de concession a été résilié avant le terme. Les loyers du port représentaient 300.000 euros par an pour la CCI. "Où sont passés les loyers ?" s'interroge le président du TCO.

Ce vendredi 11 septembre, il règle ses comptes, sans langue de bois. "Nous allons rapidement travailler avec la mairie de Saint-Paul à la reprise de tous ces bâtiments, qu'il n'y ait plus de contentieux. Le paradoxe aujourd'hui c'est que la chambre de commerce censée défendre les entreprises les attaque sur les questions de loyers, alors qu'il n'y a pas de visibilité sur ces exploitations, d'autant plus avec la Covid".

Lire aussi : Le TCO "déplore les nominations opportunistes de la CCIR" sur le port de Saint-Gilles

L'aqurium de Saint-Gilles lui aussi attaque la chambre de commerce. "L'expertise parle d'elle-même, nous avons 56 points à résoudre d'urgence pour un montant de 800.000 euros juste pour le bâtiment de l'aquarium pour pouvoir travailler correctement. On attaque parce que dans une situation tellement qu'on la vit actuellement avec la Covid et toute la trésorerie dehors pour les travaux réalisés à la place de la CCI, vous voyez on est fermés 4 jours par semaine pour pouvoir tenir le coup. C'est pas un travail responsable de la part d'une chambre consulaire" dénonce Pascale Bocchiardo, directrice générale de l'aquarium de La Réunion.

Au-delà des loyers réclamés aux amodiataires, la CCI réclame 10 millions d'euros au TCO pour la reprise du port. "On sait que la chambre de commerce est en difficulté financière mais le rôle du TCO ce n'est pas de renflouer les caisses de la CCI. L'idée c'est de reprendre au juste prix ce port. Quand on voit comment les bâtiments n'ont pas été entretenus toutes ces années, on se demande même si ce n'est pas à la chambre de commerce de payer pour que le TCO reprenne l'ensemble de ces biens, certains sont en péril aujourd'hui et ça pose des problèmes évidents de sécurité."

 

mm / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

Arthur1, Posté
Le port de St Gilles va devoir augmenter ses loyers pour financer les travaux de remise en état quitte à perdre des clients, quant à la somme de 10 millions, puisque le TCO a résilié le bail de la CCI pour faute, soit la CCI passe ses dettes en pertes et profits et ne demande rien au TCO soit l'affaire se termine au tribunal
Ti kok, Posté
A mon avis zot i fra pas mieux