Les indicateurs explosent :

Crise sanitaire : la Guadeloupe au bord de la saturation


Publié / Actualisé
Lors de son allocution du 11 septembre 2020, au-delà des nouvelles mesures annoncées, le Premier ministre Jean Castex a cité trois zones particulièrement préoccupantes : Marseille, Bordeaux... et la Guadeloupe. La circulation virale dans le département ultramarin s'est dégradée avec un taux d'incidence qui culmine à plus de 228 pour 100.000 habitants et le taux de positivité dépasse les 20%. L'ARS de Guadeloupe appelle la réserve sanitaire de Métropole à venir en renfort, alors que 28 personnes sont en service de réanimation. Les autorités sanitaires locales redoutent une saturation dans les semaines à venir.
Lors de son allocution du 11 septembre 2020, au-delà des nouvelles mesures annoncées, le Premier ministre Jean Castex a cité trois zones particulièrement préoccupantes : Marseille, Bordeaux... et la Guadeloupe. La circulation virale dans le département ultramarin s'est dégradée avec un taux d'incidence qui culmine à plus de 228 pour 100.000 habitants et le taux de positivité dépasse les 20%. L'ARS de Guadeloupe appelle la réserve sanitaire de Métropole à venir en renfort, alors que 28 personnes sont en service de réanimation. Les autorités sanitaires locales redoutent une saturation dans les semaines à venir.

- Des indicateurs qui s'envolent -

Le mois de juillet a été fatal pour la Guadeloupe. Depuis deux mois environ, les indicateurs de l'île se sont envolés. "Il s'agit des taux les plus élevés enregistrés des départements français" indique la préfecture de l'île. La tranche d'âge des 20-39 ans est la plus touchée.

La Guadeloupe déplore également depuis ce mercredi 16 septembre 26 décès depuis le début de l'épidémie, avec deux nouveaux décès annoncés ce mercredi 16 septembre : deux personnes âgées de 87 et 83 ans. Un autre décès avait été annoncé la semaine dernière septembre lors du point hebdomaire réalisé par les autorités locales. Il s'agissait d'une femme de 37 ans.

Avec 356 nouveaux cas confirmés cette semaine, le bilan en Guadeloupe passe à 3.426 cas cumulés depuis le début de l'épidémie.

Face à tous ces chiffes, la Guadeloupe passe dans les trois zones les plus fortement touchées et surveillées, de fait, par le gouvernement, comme l'indiquait Jean Castex lors de son allocution du 11 septembre.

Le taux d'incidence pour commencer culmine à presque 229 pour 100.000 habitants selon les chiffres du gouvernement, qui se basent sur les données de Santé publique France. En comparaison, La Réunion, elle affiche un taux d'incidence de 76 selon les dernières indications de l'ARS. Celui de la moyenne française est de 70.

La courbe guadeloupéenne est sans appel : depuis le 22 juillet environ, elle suit une progression presque verticale.

Le taux de positivité lui aussi explose et passe à 20,4%. Là aussi la courbe s'envole depuis le mois de juillet. Cela signifie que pour 100 personnes testées, la proportion est de plus de 20 personnes positives. Ce taux est de loin le plus haut de France, devant les autres régions fortement touchées puisque le taux de positivité des Bouches-du-Rhône et de la Gironde est moins de 10%.

- Pas assez de moyens humains -

Sur franceinfo, Bruno Jarrige, vice-président du CHU de Pointe-à-Pitre, s'inquiète de la rapidité avec laquelle les indicateurs partent à la hausse. Et les hospitalisations ou passages en réanimation en font partie. 28 personnes sont actuellement en service réanimation selon le dernier point de la préfecture et de l'ARS de Guadeloupe. Selon les données de Santé publique France, le taux d'occupation des lits en réanimation atteint 63%.

Le CHU de Pointe-à-Pitre s'inquiète "des problèmes de ressources humaines" lit-on sur franceinfo, alors que le personnel est parfois appelé en renfort "au détriment des secteurs non Covid". La question est donc de savoir dans ce cas qui s'occupe des autres malades.

Un appel est lancé à la fois auprès des médecins des Antilles et de Guyane et des renforts en Métropole. Réanimations, urgentistes, infirmiers... "le flux aux urgences est très important" explique Bruno Jarrige à franceinfo et la saturation n'est pas loin. Quant à savoir si des évacuations sanitaires sont possibles, la problématique reste entière. Si celles-ci sont effectuées vers la Métropole, le temps de trajet en avion rend difficile la gestion des malades qui sont dans un état critique.

La réserve sanitaire (constituée de médecins, infirmiers, pharmaciens ou encore d'ingénieurs sanitaires volontaires, ndlr) est d'ailleurs mobilisée, et les personnels de l'Hexagone reçoivent des alertes pour postuler et partir en mission en Guadeloupe. Des e-mails d'alerte sont réuglièrement envoyés comme l'exemple ci-dessous :

Par ailleurs une large mobilisation est lancée à compter du jeudi 1 octobre 2020 sur une période allant jusqu'au samedi 14 novembre 2020 inclus. Le renfort demandé par l'ARS de Guadeloupe concerne essentiellement les équipes hospitalières sur le Centre Hospitalier Universitaire de Guadeloupe (CHUG), le Centre hospitalier de la Basse-Terre (CHBT), le Centre Hospitalier Louis Constant Flemming à Saint Martin et le Centre Hospitalier de Bruyn à Saint Barthélémy.

L'alerte est lancée afin de permettre aux personnels de Métropole d'indiquer leurs disponibilités sur trois périodes distinctes : du jeudi 1 octobre au samedi 17 octobre, du jeudi 15 octobre au samedi 31 octobre et du jeudi 29 octobre au samedi 14 novembre.

A La Réunion, cette option sera envisagée en cas de hausse sévère des réanimations, ce qui n'est pas encore le cas. 12 personnes sont en réanimation chez nous, dont une personne ayant bénéficié d'une évacuation sanitaire.

- Mesures restrictives supplémentaires -

La préfecture de Guadeloupe de son côté met les bouchées doubles pour protéger ses habitants. Ainsi depuis le dimanche 13 septembre jusqu’au mardi 29 septembre inclus, les établissements recevant du public de type gymnases, stades, piscines, foires, salles polyvalentes etc... sont fermés. Les salles de spectacle et d'exposition permanente ne sont cependant pas concernées. Tout entraînement doit être réalisé à huis clos.

Depuis samedi 12 septembre en soirée, les restaurants, cafés et bars ne peuvent plus accueillir de public à compter de 22 heures en semaine (du dimanche soir au mercredi soir inclus) et de minuit le week-end (du jeudi soir au samedi soir inclus). "L’établissement doit être obligatoirement fermé une heure maximum après l’heure limite d’accueil du public" précise la préfecture de Guadeloupe.

Parmi les mesures déjà en place : le port du masque est obligatoire sur la voie publique où se trouvent des établissements qui accueillent du public et des écoles, la pratique de toute activité dansante est interdite dans ces établissements, et la vente d’alcool à emporter et la consommation d’alcool sur la voie publique sont interdites de 20 heures à 6 heures. "Ce combat contre la maladie est l'affaire de tous" martèle la préfecture locale.

mm / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

St andre, Posté
Casse pas zot tête pour la guadeloupe car le tour la réunion i arrive dans un peu temps là