Racisme et haine anti-LGBTQI :

L'Etat travaille avec les associations pour proposer un plan anti-discrimination


Publié / Actualisé
Ce mercredi 30 septembre 2020 s'est tenue la première réunion du Comité opérationnel de lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (CORAH) à la préfecture. En présence du préfet Jacques Billant, du procureur de Saint-Denis Eric Tuffery et de la sous-préfète à la cohésion sociale Isabelle Rebattu, les associations ont abordé la question des discriminations à La Réunion. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Ce mercredi 30 septembre 2020 s'est tenue la première réunion du Comité opérationnel de lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (CORAH) à la préfecture. En présence du préfet Jacques Billant, du procureur de Saint-Denis Eric Tuffery et de la sous-préfète à la cohésion sociale Isabelle Rebattu, les associations ont abordé la question des discriminations à La Réunion. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Cette réunion n'est que l'esquisse d'un plan plus large, qui sera dévoilé d'ici la fin de l'année, afin d'être mis en place dès 2021. "L'un de nos points de travail est d'encourager les personnes victimes de racisme ou de violences liées à leur orientation sexuelle de porter plainte : nous ne savons pas combien de personnes en sont victimes, tout ce qu'on sait c'est qu'il y en a beaucoup" explique Eric Tuffery.

"Ce que nous voulons éviter, c'est que les victimes se referment sur elles-mêmes, aient le sentiment qu'elles sont exclues de la société, avec tous les risques de désocialisation, d'addiction et de suicide que cela comporte" continue-t-il.  Des actions ciblées doivent désormais être mises en place, "rapidement" précise le procureur.

Il n'y a aujourd'hui que très peu plaintes déposées contre des violences. "En six ans, nous avons reçu dix plaintes pour discrimination liées à l'orientation sexuelle" souligne-t-il. Un chiffre probablement très en-dessous de la réalité.

"Il faut sortir de ces non-dits. Il y a quelques années, les violences intrafamiliales étaient dans la même problématique, et nous avions des difficultés à évaluer l'étendue du problème. Aujourd'hui, nous souhaitons impulser la même libération de la parole pour les victimes de racisme ou d'homophobie ou transphobie" détaille le préfet.

- Des actions à décider avant la fin de l'année -

Pour se faire, les associations rencontreront régulièrement dans le mois à venir les autorités pour apporter des pistes de réflexion et d'action. ReQueer, Orizon, Le Refuge – des associations LGBTQI, mais aussi le Département de Mayotte sont représentés dans ces instances.

"Nous ne sommes pas sur un énième plan qui prendra dix ans : notre volonté c'est qu'il y ait des actions mises en place dès la fin de l'année, et que le CORAH se réunissent plusieurs fois dans l'année pour monitorer l'efficacité de ces actions" précise Tanguy Sevat, président d'Orizon, regardez :

Les associations appellent d'ailleurs à l'implication des collectivités dans cette lutte anti-discrimination. Les maires, notamment, ainsi que la Région, sont sollicités pour les actions à venir.

"On ne peut plus tolérer, en 2020, des actes de racisme, de discrimination à l'encontre de nos citoyens" souligne le préfet. "Il faut que la parole se libère, il ne faut plus avoir peur de déposer plainte" conclut le procureur.

as / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

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