Le sud de la Grande île en proie au "kéré" (actualisé) :

Famine à Madagascar : la solidarité s'organise à La Réunion


Publié / Actualisé
La famine continue de frapper la région sud de la Grande île. Face à l'urgence de la situation, la solidarité s'organise à La Réunion. La sénatrice Nassimah Dindar interpelle le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères et lui demande expressément d'apporter une aide française à Madagascar. Ce samedi 10 octobre, plusieurs organisations se réunissent également à Saint-Denis pour présenter la plateforme "Agir pour Mada" et les actions menées à La Réunion. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
La famine continue de frapper la région sud de la Grande île. Face à l'urgence de la situation, la solidarité s'organise à La Réunion. La sénatrice Nassimah Dindar interpelle le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères et lui demande expressément d'apporter une aide française à Madagascar. Ce samedi 10 octobre, plusieurs organisations se réunissent également à Saint-Denis pour présenter la plateforme "Agir pour Mada" et les actions menées à La Réunion. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Face à la sécheresse et la famine qui sévissent dans le sud de Madagascar, difficile de rester de marbre. A La Réunion, les habitants ont conscience qu'une tragédie se déroule à seulement deux heures en avion de leur île.

Lire aussi : Crise humanitaire : le sud de Madagascar meurt de faim

- Quatre associations veulent "agir pour Mada" -

Ce samedi 10 octobre, plusieurs associations péi unissent leurs voix et organisent une véritable action de solidarité en direction de la Grande Ile : l’Union Sportive Sainte Marienne, Agir pour Mada, la Fédération des entités oeuvrant pour Madagascar (FEO) et la Maison des associations de Saint-Benoît.

Un rassemblement d'envergure, dont se félicite Pana Reeve, président de la FEO : "les associations réunionnaises s'organisent". Objectif : présenter la plateforme "Agir pour Mada", un site qui encourage la collecte de fonds, dans une volonté de transparence. "On a un relais là-bas mais il nous manquait une plateforme pour amplifier notre action et mettre en place un vrai réseau d'entraide. Tout le monde ici demande : comment faire pour aider les Malgaches. Donner c'est bien, mais encore faut-il que ça profite aux concernés, notamment aux enfants."

Le Secours Catholique de la Réunion a par ailleurs lancé un appel à dons financiers pour 'accentuer le déploiement de ses aides d'urgence dans la région Sud de Madagascar en proie au Kéré'

'Nous faisons appel à la générosité des réunionnais en ouvrant la possibilité de dons affectés à cette cause, que la Secours Catholique utilisera en partenariat avec ses partenaires historiques locaux' précise l'association. Les dons peuvent être envoyés par voie postale.

La malnutrition infantile est au coeur de cette tragédie que vit actuellement le sud de la Grande Ile. "Ce sont les petits marmailles les plus fragiles. Ils mangent du tamarin, avec un peu de cendres pour atténuer l'amertume" raconte Pana Reeve.

Un récent bilan faisait état de huit enfants morts dans ce nouvel épisode de famine. "On pense que la situation est bien plus grave que ça. De nombreux villages souffrent de 'kéré', où la pauvreté était déjà bien présente avant la sécheresse." Sans eau, impossible de faire quoi que ce soit : boire, cultiver les champs, entretenir les élevages, se laver... "Je suis très sensible à ce qui se passe là-bas, ce sont mes compatriotes. C'est dramatique, cauchemardesque."

D'après le média malgache Madagascar Tribune, des "enfants sont tombés malades après avoir mangé les vivres apportés par les autorités, n’étant plus habitués à manger". Des informations confiées par une source qui veut rester dans l’anonymat.

"La députée d’Amboasary Atsimo estime qu’il faudra notamment plus d’assistance sanitaire et nutritionnelle pour éviter que leur état de santé ne se dégrade davantage" souligne par ailleurs le média.

- Des colis envoyés en toute transparence -

Au-delà des fonds, les associations de La Réunion espèrent pouvoir envoyer un maximum de colis alimentaires. "On les achète à distance, ils sont ensuite acheminés vers le sud malgache, dans les zones enclavées." Un protocole qui se veut le plus clair et transparent possible : "le colis coûte 13 euros et dedans on sait exactement ce qu'il y a : du riz, des lentilles, du thon... de quoi faire tenir une famille de 4 personnes pendant un petit moment".

Le groupe d'associations qui se réunit ce samedi pour présenter son action au plus grand nombre tente le tout pour le tout, en restant lucide sur la situation : "on ne va pas changer le monde, mais on essaie de soulager les souffrances" nous dit Pana Reeve.

La situation a également poussé Nassimah Dindar à interpeller Jean-Yves Le Drian, le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères. La sénatrice demande à la France d'apporter une véritable aide à Madagascar. "La France a aussi un rôle à jouer, essentiel. Il s’agit d’une part de répondre à l’urgence vitale et d’autre part d’aider à la dotation de ces régions d’équipements, tels qu’un pipeline, permettant d’acheminer de l’eau de manière régulière. Ces équipements, onéreux mais indispensables, permettraient de résoudre définitivement le problème de sécheresse et la famine qu’elle provoque" écrit-elle au ministre.

Sur le plan international, l'aide est également présente, avec notamment l'intervention du programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies. A titre d'exemple, le PAM annonçait le 1er octobre dernier que 750 personnes d'Ifotaka ont bénéficié d'une assistance alimentaire d'urgence. Le PAM qui vient d'obtenir le prix Nobel de la paix. "C'est la reconnaissance du travail acharné de nos équipes en première ligne sur le terrain pour venir en aide à 100 millions de personnes à travers le monde" écrit le programme sur Twitter.

mm / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

3 Commentaire(s)

Jocy, Posté
Merci à vous pour cette action précieuses.
7AC, Posté
Oui, il faut impérativement, et sans délai les sortir de cette famine, il faudra aussi les aider après, a créer des réserves d'eau, et à mettre en place un planning familial.On ne peut pas laisser ainsi ces pauvres gens, c'est toujours les enfants qui trinquent en premier, c'est inhumain.
Karane, depuis son mobile, Posté
Il faudrait que nous les karane nous donnions de l'argent à Madagascar, ouvrons des tirelires dans nos stations essences réunionnaises .