Au moins neuf enfants sont morts :

Madagascar : la famine s'aggrave malgré l'aide qui s'organise


Publié / Actualisé
Madagascar déplore le décès d'un nouvel enfant cette semaine à cause de la famine qui sévit dans le sud de l'île. Officiellement, ce décès porte à neuf le nombre d'enfants morts depuis le début de la crise humanitaire. Le bilan est sans doute beaucoup plus élevé. L'eau potable et les denrées alimentaires manquent toujours sur la Grande Île, malgré l'aide qui s'organise, notamment à La Réunion. Politiques et membres de la société civile se mobilisent pour parer à ce qui s'annonce être une crise de longue durée. (Photos rb/www.ipreunion.com et Nations Unies)
Madagascar déplore le décès d'un nouvel enfant cette semaine à cause de la famine qui sévit dans le sud de l'île. Officiellement, ce décès porte à neuf le nombre d'enfants morts depuis le début de la crise humanitaire. Le bilan est sans doute beaucoup plus élevé. L'eau potable et les denrées alimentaires manquent toujours sur la Grande Île, malgré l'aide qui s'organise, notamment à La Réunion. Politiques et membres de la société civile se mobilisent pour parer à ce qui s'annonce être une crise de longue durée. (Photos rb/www.ipreunion.com et Nations Unies)

Depuis plusieurs semaines maintenant, la famine continue de frapper le sud de Madagascar. Face à l'urgence de la situation, la solidarité s'organise à La Réunion, mais les aides ne sont pas encore arrivées à destination.

“On a appris un nouveau décès d’enfant ce lundi. Ce n’est pas le neuvième, c’est plus que ça malheureusement”, déplore Pana Reeve, président de la Feo (Fédération des entités oeuvrant pour Madagascar). “Au niveau de la diaspora de La Réunion, on est mobilisé à fond pour que les colis alimentaires arrivent sur place. Les aides arrivent au fur et à mesure.”

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Bien qu’il mette un peu de temps à se concrétiser, l’élan de solidarité apporte un baume au coeur non négligeable pour les personnes sur place. “La famine est toujours là, mais quelques personnes de bonne volonté nous font des promesses. L’aide est proche. Pour nous, l’espérance est déjà un grand pas”, se réjouit le Père Jean, à la tête de l’association SOS Toliara, confiant toutefois que “jusqu’à présent la situation est toujours la même. On essaye de frapper aux portes, ici à Madagascar comme à l’extérieur.”

Samedi dernier, plusieurs associations péi ont uni leurs voix et organisé une grande action de solidarité à Saint-Denis, avec l’objectif de présenter la plateforme Agir pour Mada, un site qui encourage la collecte de fonds, dans une volonté de transparence.

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“Beaucoup de personnes se sont mobilisées sur la plateforme, c’est encourageant. D’autres initiatives arrivent aussi. Les Réunionnais veulent aider et peuvent le faire désormais”, se félicite Pana Reeve. “Agir pour Mada est à la fois une plateforme de collecte et une équipe de bénévoles opérationnels sur place. Ils vont acheter les denrées incessamment sous peu.”

- Les consciences éveillées à La Réunion -

À La Réunion, les personnalités politiques et de la société civile expriment tour à tour leur émotion par rapport à la situation malgache.

Le député Philippe Naillet a adressé un lettre ouverte au ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. “Comme ont pu le rappeler les services de l'Etat à La Réunion, tout projet d'intervention et d'aide via la coopération régionale doit faire l'objet d'un accord de la part du gouvernement malgache”, écrit-il.

Et le parlementaire d’invoquer la proximité de La Réunion pour acheminer l’aide française à la population du sud malgache : “Au vu de l'urgence de la situation alimentaire, la France, voisine de Madagascar, devrait agir au plus vite. De par notre proximité, La Réunion peut servir de base d'intervention pour exprimer la solidarité française, voire européenne, auprès de Madagascar.”

La semaine dernière, la sénatrice Nassimah Dindar avait déjà interpellé Jean-Yves Le Drian, demandant à la France d'apporter une véritable aide à Madagascar. "La France a aussi un rôle à jouer, essentiel. Il s’agit d’une part de répondre à l’urgence vitale et d’autre part d’aider à la dotation de ces régions d’équipements, tels qu’un pipeline, permettant d’acheminer de l’eau de manière régulière”, suggérait-elle au ministre.

Le secrétaire confédéral de la CGTR Jean-Yves Payet s’est également ému de la crise humanitaire dans une lettre ouverte. Il fustige par ailleurs le fait que la situation n’ait atteint les consciences que récemment. 

“C’est un scandale, un crime avec la complicité de tout le monde. Quand je vois l’état des personnes qui sont en train de souffrir, ça veut dire que ça fait des mois et des mois que ça dure”, dénonce-t-il. “Le problème des pays naturellement riches comme Madagascar, c’est que les entreprises vont piller. On ne va pas à Madagascar pour investir sur du long terme, on y va pour prendre des ressources naturelles le moins cher possible et les revendre à l‘extérieur, sans que les Malgaches puissent en profiter.”

Le syndicaliste émet aussi des propositions pour pallier à l’urgence de la situation : “Je pense que si les autorités peuvent tout de suite prendre la décision de détourner une partie des produits alimentaires à destination de La Réunion vers ces personnes qui en ont vraiment besoin.”

- “Un combat de longue haleine” -

Une chose est en tout cas établie : il faudra du temps pour résoudre la crise à laquelle fait face Madagascar aujourd'hui. Du temps et la résilience de l’effort solidaire.

“Quand on s’est lancé dedans, c’était pour aller jusqu’au bout. Les aides ne seront jamais suffisantes pour les 500.000 personnes dans l’urgence absolue. Il faut espérer que ça ne baisse pas, que la médiatisation et la mobilisation continuent”, appelle Pana Reeve. “C’est un combat de longue haleine, que l’on prend à coeur.”

“La situation est toujours difficile, on cherche des solutions partout. Même pour trouver de l’eau potable, c’est déjà une histoire”, concède le Père Jean, faisant tout de même part de son optimisme quant à l’arrivé prochaine de l’aide. Un soutien qui se développe aussi à l'échelle internationalle, avec notamment l'intervention du programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies. Le début d'un long chemin pour que les habitants du sud de Madagascar puissent de nouveau manger à leur faim. 

Lire aussi : Crise humanitaire : le sud de Madagascar meurt de faim

aa / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Joseph, depuis son mobile, Posté
Que fait le gouvernement malgache?
S'ils ont les moyens de créé des médicaments ou acheter des armes, pourquoi ne pas intervenir sur cette famine.
N'ont ils pas une banque alimentaire et que fait le continent Africain
?