Une vingtaine de manifestants :

CHOR : "nous ne sommes pas en mesure de faire face à la deuxième vague"


Publié / Actualisé
Une vingtaine de personnes manifestait devant le Centre hospitalier ouest de La Réunion (CHOR) ce jeudi 15 octobre 2020, à l'initiative du syndicat Sud Santé Sociaux. Objectif : dénoncer leurs conditions de travail, qu'ils ont estimées largement dégradées pendant la crise sanitaire, provoquant une surcharge dans leurs tâches. Leur mouvement de grève a reçu le soutien du FSU (Fédération Syndicale Unitaire Réunion). (Photo Syndicat Sud Santé)
Une vingtaine de personnes manifestait devant le Centre hospitalier ouest de La Réunion (CHOR) ce jeudi 15 octobre 2020, à l'initiative du syndicat Sud Santé Sociaux. Objectif : dénoncer leurs conditions de travail, qu'ils ont estimées largement dégradées pendant la crise sanitaire, provoquant une surcharge dans leurs tâches. Leur mouvement de grève a reçu le soutien du FSU (Fédération Syndicale Unitaire Réunion). (Photo Syndicat Sud Santé)

"Je ne sais pas comment on a pu arrivé à un tel degré de bêtise", s'agace Zohra Givran, de Sud Santé Sociaux du CHOR. A l'initiative du syndicat, une vingtaine de grévistes s'est rendue devant le centre hospitalier de l'ouest, ce jeudi 12 octobre. Ils y ont dénoncé la dégradation de leurs conditions de travail ainsi que le manque d'effectifs, alors que la deuxième vague de Covid-19 déferle sur la France. Ce mercredi 15 octobre, le Président de la République, Emmanuel Maron, a d'ailleurs annoncé la mise en place de nouvelles mesures, parmi lesquelles un couvre-feu en Île-de-France et dans huit métropoles.

Lire aussi : Covid-19 : couvre-feu en Métropole et état d'urgence sanitaire contre le déferlement de la deuxième vague

- Une violence pour le patient et le soignant -

Les baisses d'effectifs observées peuvent proquer des situations rocambolesques raconte Zohra Givran : "je connais un brancardier qui est contraint de demander au patient dans le brancard de tenir les portes coupe-feux, elles sont toujours fermées!". La syndicaliste pointe du doigt une "violence pour le personnel soignant et pour le patient" où le temps consacré à ce dernier est de plus en plus réduit. "La nuit, on devrait en théorie avoir un aide-soignant pour 20 patients. Dans les faits, c'est un pour 32". "Nous ne sommes pas en mesure de faire face à la deuxième vague", conclut celle qui voit dans le couvre-feu déclaré par Emmanuel Macron le signe de l'impuissance actuelle du personnel hospitalier.

Une impuissance ravivée par la crise sanitaire de la Covid-19, estime la syndicaliste, rejointe pour l'occasion par la Fédération Syndicale Unitaire Réunion (FSU) : "le Ségur Santé, c'est de la poudre aux yeux", précise leur représentante Marie-Hélène Dor, en s'attaquant à ce projet de l'État consacrant 8,2 milliards d’euros à la revalorisation des métiers des établissements de santé et des EHPAD et à l’attractivité de l’hôpital public. Un projet qui a "uniquement servi à calmer un peu les revendications des personnels, mais qui ne sert à rien et ne répond évidemment pas aux problèmes." En Métropole ou à La Réunion, "les soignants se mobilisent pour réclamer les moyens de leur mission", termine-t-elle.

Deux jours plus tôt, c'était la CFDT Santé qui était en grève devant la préfecture "pour demander la prise en compte des personnels du secteur social, médico médico social, de l aide à domicile et du Privé dans les revalorisations prévues, ainsi qu'un ségur santé Outre-mer pour reconnaître nos spécificités liées à l'insularité".

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