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La Réunion veut expérimenter le zamal thérapeutique


Publié / Actualisé
En septembre 2019, Imaz Press vous présentait l'Association Chanvre Réunion, qui avait débuté sa première expérimentation de plantation. Un an plus tard, l'association, qui milite en faveur de l'exploitation du chanvre et du zamal thérapeutiques sur le territoire réunionnais, vient de débuter sa deuxième phase d'expérimentation, alors que le gouvernement avance enfin sur le sujet. (Photo Association Chanvre Réunion)
En septembre 2019, Imaz Press vous présentait l'Association Chanvre Réunion, qui avait débuté sa première expérimentation de plantation. Un an plus tard, l'association, qui milite en faveur de l'exploitation du chanvre et du zamal thérapeutiques sur le territoire réunionnais, vient de débuter sa deuxième phase d'expérimentation, alors que le gouvernement avance enfin sur le sujet. (Photo Association Chanvre Réunion)

Le 24 septembre, le président de l'association Chanvre Réunion, Benjamin Coudriet, a été auditionné à l'Assemblée nationale dans le cadre la mission sur "la réglementation et l'impact des différents usages du cannabis".

L'association était présente pour défendre le dossier réunionnais, argumentant principalement sur le fait que notre territoire possède déjà "des variétés endémiques" souligne Benjamin Coudriet. La Réunion est d'ailleurs le seul territoire français à posséder ses propres espèces de cannabis, un atout majeur selon ce dernier.

Et bonne nouvelle pour la filière, le décret autorisant le lancement des essais de cannabis thérapeutique a été publié le vendredi 9 octobre. Un amendement a par ailleurs été proposé dans le cadre du projet loi finance de la Sécurité sociale (PLFSS) 2021, actuellement en discussion, pour la création d'une filière française d'agriculture de cannabis. La Réunion se plaçait en bonne position pour faire partie de ces territoires. Mais l'amendement a été rejeté ce jeudi 15 octobre.

Le rapporteur a cependant indiqué que le gouvernement mène actuellement "des travaux en parallèle de l’expérimentation pour modifier l’article du code de santé publique en question et permettre une production encadrée en France (…), il ne me semble pas envisageable de faire entrer des producteurs français dans l’expérimentation, cela n’empêche pas qu’ils pourront participer à la production quand l’expérimentation sera généralisée". La porte n'est donc pas fermée, il faudra juste patienter encore un peu.

Les expérimentations resteront d'ailleurs extrêmement encadrées : 3.000 patients seulement seront concernés par les tests, sur une période de deux ans. Ceux-ci devraient démarrer au plus tard le 31 mars 2021.

Dans un arrêté publié ce vendredi 16 octobre, le cadre de cette étude a par ailleurs été posé. Seules les personnes souffrant de "douleurs neuropathiques réfractaires aux thérapies", de certaines formes d'épilepsie ou encore de certains symptômes liés au cancer ou au traitement anticancéreux, ainsi que les patients en situation palliative, ou souffrant de "spasticité douloureuse de la sclérose en plaques" ou "des autres pathologies du système nerveux central" seront éligibles.

- Un flou juridique autour du CBD -

Parallèlement, l'Association Chanvre Réunion travaille sur l'exploitation du chanvre. C'est à partir de cette plante que sont fabriqués les produits à base de cannabidiol, alias le CBD. Des produits vantés comme ayant de nombreuses vertus, notamment relaxantes. Cette molécule est cependant soumise à un flou juridique, qui devrait justement être réglementé sous peu.

Lire aussi : A La Réunion on sait aussi planter du chanvre

"On attend deux décisions de justice très importantes au niveau européen : l'Union européenne doit notamment se décider sur le statut du CBD, qui pourrait être classifié en tant que produit alimentaire ou stupéfiant" précise Benjamin Coudriet. Une classification qui est primordiale pour pouvoir se lancer dans l'exploitation du CBD.

Lors du dernier rapport inter-ministériel, les parlementaires ont en tout cas avancé que "l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) confirme que le CBD ne semble pas poser de problème en cosmétique, cependant elle insiste sur le fait que les extraits de chanvre ne peuvent pas être utilisés s’ils sont extraits de la fleur". Dans ce cas, ils tombent alors dans la catégorie "stupéfiant" selon la Convention unique de 1961.

A savoir que les plantes contenant plus de 0,2% de taux de THC sont considérées illégales, même lorsqu'il s'agit de CBD. Une épine dans le pied de l'association réunionnaise, les "plantes locales ayant une concentration en THC naturellement plus élevée, il faut faire reconnaître cette spécificité locale" souligne Benjamin Coudriet.

- De la graine et du bien-être -

Si l'association se dirigeait plutôt vers une exploitation du chanvre dans les domaines du textile, de l'artisanat et de l'alimentaire il y a un an, Benjamin Coudriet se dirige désormais vers la commercialisation de graines alimentaires et sur le "chanvre bien-être".

"Nous avons remarqué lors de notre première phase d'expérimentation que la fibre chanvre produite localement n'était pas particulièrement exploitable pour l'artisanat. Mais nous travaillons pour faire inscrire nos variétés aux catalogues français, et à la création de variétés hybrides qui seraient plus adaptées à l'artisanat" détaille le président de l'assocation.

Malgré quelques sorties récentes dans la presse de certains politiciens sur leur opposition à la légalisation du cannabis thérapeutique - ou même récréatif -, le président de l'association reste confiant. "Il ne faut pas oublier que lors de la visite d'Emmanuel Macron en 2019, ce dernier s'était montré favorable à l'exploitation du cannabis thérapeutique dans l'île" rappelle Benjamin Coudriet. "L'ANSM se montre aussi plus que favorable dans l'exploration des bienfaits du CBD et du THC" continue-t-il.

Au-delà des vertus thérapeutiques du cannabis, sa légalisation permettrait la création de nouvelles formations et de nouveaux emplois. "Je reçois chaque jour des appels de personnes intéressées par le métier, il y a une vraie demande" indique-t-il.

Reste désormais à attendre que les premiers essais débutent.

Lire aussi : Zamal thérapeutique : la Chambre d'Agriculture prépare le terrain

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1 Commentaire(s)

Mayaqui, depuis son mobile, Posté
Le cbd n est pas récréatif, et offre des solutions de remplacement à certains médicaments ayant des effets secondaires peu réjouissants ; incompréhensible qu'on refuse de soulager les malades avec cette molécule .
Il en faut du temps pour faire changer les mentalités .....