Une minute de silence observée ce lundi :

Attentat : une rentrée scolaire placée sous le signe du recueillement


Publié / Actualisé
Le vendredi 16 octobre 2020, le professeur d'histoire-géographie Samuel Paty était tué lors d'un attentat. Sa faute : avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves dans le cadre d'un cours sur la liberté d'expression. Son assaillant, Abdoullakh Anzorov, un jeune Tchéchène, a été tué par les forces de l'ordre peu après l'attaque. A l'occasion de la rentrée scolaire réunionnaise ce lundi, un temps de recueillement et une minute de silence sont organisés dans les classes de toute l'île. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Le vendredi 16 octobre 2020, le professeur d'histoire-géographie Samuel Paty était tué lors d'un attentat. Sa faute : avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves dans le cadre d'un cours sur la liberté d'expression. Son assaillant, Abdoullakh Anzorov, un jeune Tchéchène, a été tué par les forces de l'ordre peu après l'attaque. A l'occasion de la rentrée scolaire réunionnaise ce lundi, un temps de recueillement et une minute de silence sont organisés dans les classes de toute l'île. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Ce lundi 26 octobre 2020 sera placé sous le signe du recueillement, à l'occasion de la reprise des classes suite aux vacances scolaires. "Tous les établissements de l'île organiseront un moment de discussion sur cet événement, sur l'enseignement, la République et la liberté d'expression" détaille Chantal Manès-Bonnisseau, rectrice de La Réunion. "Une minute de silence sera par ailleurs organisée. Tout cela se déroulera par classe, dans la matinée, sans heure imposée" continue-t-elle. Elle se rendra d'ailleurs au lycée Roland Garros, au Tampon, où une minute de silence est observée à midi.

Un moment de recueillement sera par ailleurs organisé par les chefs d'établissements pour les personnels éducatifs. "Il est important pour les membres de l'équipe éducative d'avoir un moment pour échanger et se recueillir au vu de la situation" explique la rectrice.

 Chantal Manès-Bonnisseau rappelle par ailleurs qu'une convention a été signée ce mercredi 21 octobre entre l'Académie de La Réunion et les autorités, afin de renforcer le suivi des actes d'incivilités et de menaces à l'encontre des professeurs. "Il faut tout de même noter qu'à La Réunion, nous sommes protégés, même si personne n'est à l'abri : depuis le début de l'année, à peine une dizaine de signalements ont été faits" précise-t-elle. "Il faut aussi que les professeurs sachent qu'ils sont protégés, afin de pouvoir travailler en toute sérénité."

Le rectorat va aussi renforcer les enseignements en lien avec la citoyenneté et la République. Les modules existent déjà, mais l'Education nationale compte bien renforcer ces apprentissages suite aux récents événements. "Le travail va se poursuivre au-delà du 26 octobre, et le 2 novembre, date de la rentrée en Métropole, un nouvel hommage sera observé" indique la rectrice.

Chantal Manès-Bonnisseau précise enfin que des travaux ont été menés pendant les vacances scolaires pour pouvoir fournir des ressources aux enseignants. "Un groupe de travail composé de la Canopé (réseau public de ressources pédagogiques, ndlr) et de deux inspecteurs académiques s'attèle à préparer des ressources adaptées au niveau de chaque élève" explique-t-elle.

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- "On fera comme on peut" -

Du côté des enseignants, l'appréhension est totale quant à cette rentrée scolaire. "Personne ne nous prépare à ça, ce n'est pas notre travail de nous faire malmener, insulter, agresser et même tuer dans le cadre de nos fonctions" souligne Marie-Hélène Dor, secrétaire départementale de la FSU.

Elle alerte sur l'inexistence de formation pour aborder ces thématiques à l'école. "Nous sommes des êtres humains, c'est la sensibilité de chacun qui jouera dans la façon d'aborder cet attentat avec nos élèves. On fera comme on peut" admet-elle.

L'autre défi, c'est d'adapter son discours à chaque élève. "On ne s'adresse pas à un CP comme on s'adressera à un lycéen, cela va de soi. Et nous ne sommes pas du tout formés à cette situation" alerte de son côté Nora Chelalou, professeure des écoles et co-secrétaire départementale de la SNUipp-FSU.

"Il faudrait surtout l'intervention des psychologues scolaires, mais juste pour Saint-Denis, il n'y en a que quatre : impossible pour eux de faire le tour de toutes les classes du chef-lieu" estime-t-elle. Comme Marie-Hélène Dor, elle considère donc qu'il en reviendra à la sensibilité et la responsabilité de chaque professeur.

Les deux professeures estiment que le corps enseignant n'est désormais plus préparé pour faire face à ces nouvelles thématiques. "C'est encore un manque d'anticipation, même lorsque des modules nous sont proposés, ils ne peuvent accueillir qu'une trentaine de personnes. Quand on est plus de 6.000 enseignants, ce n'est clairement pas assez" souffle finalement Nora Chelalou.

as / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

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