Plus d'effectifs pour maîtriser l'incendie :

Les renforts de Métropole au secours du Maïdo


Publié / Actualisé
Alors que le Maïdo brûle depuis six jours désormais, les 80 sapeurs-pompiers venus de Métropole prêtent main forte au SDIS à compter de ce jeudi 12 novembre 2020. Arrivés dans la nuit de mardi à mercredi, ils vont rejoindre les équipes déjà en place pour tenter de maîtriser l'incendie. Si le feu semble fixé, il s'agit désormais de noyer les lisières pour éviter toute reprise. Des opérations longues et complexes, qui pourraient durer une quinzaine de jours au moins. Du côté de l'enquête l'Hexagone envoie également des renforts : le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu a annoncé que deux militaires experts allaient se joindre aux gendarmes pour retrouver les auteurs de ce nouvel incendie ravageur. (Photo rb/www.ipreunion.com)
Alors que le Maïdo brûle depuis six jours désormais, les 80 sapeurs-pompiers venus de Métropole prêtent main forte au SDIS à compter de ce jeudi 12 novembre 2020. Arrivés dans la nuit de mardi à mercredi, ils vont rejoindre les équipes déjà en place pour tenter de maîtriser l'incendie. Si le feu semble fixé, il s'agit désormais de noyer les lisières pour éviter toute reprise. Des opérations longues et complexes, qui pourraient durer une quinzaine de jours au moins. Du côté de l'enquête l'Hexagone envoie également des renforts : le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu a annoncé que deux militaires experts allaient se joindre aux gendarmes pour retrouver les auteurs de ce nouvel incendie ravageur. (Photo rb/www.ipreunion.com)

La situation s'est stabilisée, mais rien n'est terminé pour autant. Si l'on ne connaît plus les paysages apocalyptiques qui ont embrasé le Maïdo ce week-end et ce début de semaine avec des flammes de dizaines de mètres, c'est désormais un "travail de fourmi" qui attend les pompiers, selon le colonel Dominique Fontaine.

Il rassure cependant : "aucune propagation du feu n'est constatée, la météo est très favorable pour l'instant". 130 pompiers et 22 engins étaient déployés dans la matinée. Le bilan est toujours de 175 hectares brûlés après déjà six jours d'incendie.

Celui-ci indiquait ce mercredi à Imaz Press qu'il s'agissait maintenant de "noyer les lisières" à savoir "creuser tout autour du périmètre du feu pour créer des rigoles et les remplir d'eau". En effet, sur une partie du sol impactée, le sous-sol est composé d'humus : "il faut creuser pour être sûr que le feu ne ressorte pas de l'autre côté" ajoute le colonel, inquiet des points chauds détectés en souterrain.

Une action entièrement terrestre et manuelle, rien à voir avec les largages d'eau réalisés ces derniers jours. "Les sapeurs vont creuser, piocher et remplir d'eau les rigoles, centimètre par centimètre" explique-t-il.

- Renforts importants de Métropole -

Pour aider les soldats du feu, le gouvernement a décidé d'envoyer 80 sapeurs-pompiers de Métropole. Il s'agit plus précisément selon l'Unité d'instruction et d'intervention de la sécurité civile 7 de "40 sapeurs-sauveteurs du détachement de la Sécurité civile, accompagnés de 40 sapeurs-pompiers de la zone Sud". Le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu est allé à leur rencontre ce mercredi soir au Village Corail, à l'Hermitage. L'occasion de les féliciter pour leur engagement et leur réactivité, et leur souhaiter bon courage pour les jours à venir.

Des pompiers qui étaient attendus dès ce mardi, suite aux déclarations du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, suivies de celles de Sébastien Lecornu. Mais les autorisations prenant un peu de temps, le départ a été différé de 24 heures. Les renforts "ont atterri à 4h du matin précisément (ce mercredi 11 novembre, ndlr), Après une journée de repos, ils seront injectés [ce jeudi] dans le dispositif" détaille Eric Faure, contrôleur général chef d'Etat-major du SDIS.

Une réunion a été organisé ce mercredi après-midi entre responsables du détachement et responsables du SDIS "pour se faire attribuer les travaux à effectuer" ajoute-t-il. Par ailleurs une reconnaissance aérienne va être effectuée pour faire un état des lieux.

Ces 80 sapeurs-pompiers supplémentaires vont permettre de "gagner du temps sur la maîtrise" estime le colonel Fontaine. Un gain précieux alors que le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu tablait sur "une quinzaine de jours" encore pour les opérations de noyade des lisières et sécurisation du site. Suite à tout ceci commencera une longue période de surveillance.

- L'enquête continue -

Il ne semble plus y avoir de doute : l'incendie est bien criminel. Dès samedi 7 novembre au réveil, ce sont plusieurs départs de feux bien distincts qui ont pu être observés par les pompiers. Reste à mener l'enquête et trouver qui peut se trouver derrière l'origine de cet incendie. Si la priorité est pour l'instant la maîtrise du feu, le travail des gendarmes s'annonce tout aussi ardu pour pister les coupables.

Pour les aider dans leur tâche, Sébastien Lecornu a annoncé, au cours d'une interview en direct sur Réunion 1ère, que deux experts militaires allaient quitter la Métropole pour venir en renfort à La Réunion. Ces deux gendarmes, "un officier supérieur et un sous-officier, vont venir renforcer la brigade de proximité et de recherche de Saint-Paul" a détaillé le ministre.

Toujours sur la question de l'enquête, le ministre des Outre-mer a indiqué avoir échangé avec le procureur général : "l'autorité judiciaire est pleinement mobilisée" a-t-il affirmé.

Rappelons que les incendies dévastateurs de 2010 et 2011 étaient non seulement d'origine criminelle mais du fait d'un pompier, pourtant respecté de tous. Patrice Nirlo, le "pompier pyromane" avait été condamné à 12 ans de réclusion criminelle.

Ces feux dévastateurs avaient totalement défiguré le Maïdo, classé au patrimoine naturel de l'Unesco. Certaines espèces de plantes endémiques ont totalement disparu de la zone. Gigantesques, incontrôlables, les incendies avaient brûlé plus de 2.800 hectares de forêt.

mm/www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Mayaqui, depuis son mobile, Posté
Ces paysages défigurés font peine à voir ; espérons que l enquête portera ses fruits.