La proximité des services ne résoud pas tout :

Les difficultés pour accéder à la formation et à l'emploi persistent chez les jeunes


Publié / Actualisé
Un nombre important de jeunes Réunionnais connaissent de grandes difficultés pour accéder à un diplôme puis pour s'insérer sur le marché de l'emploi. La majorité d'entre eux bénéficient néanmoins près de chez eux d'équipements et services destinés à favoriser leur insertion sociale et professionnelle. Les temps de trajet aux services d'information et d'accès aux droits ainsi qu'aux équipements sportifs et culturels sont globalement très courts, et ce malgré une moindre densité d'équipements qu'en Métropole. Les temps de trajet s'allongent cependant pour les services liés à l'emploi et pour les lieux de formation. Autant d'observations que publie l'Insee dans son dernier rapport sur les équipements pour l'insertion sociale et professionnelle des jeunes Réunionnais, que nous publions ici. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Un nombre important de jeunes Réunionnais connaissent de grandes difficultés pour accéder à un diplôme puis pour s'insérer sur le marché de l'emploi. La majorité d'entre eux bénéficient néanmoins près de chez eux d'équipements et services destinés à favoriser leur insertion sociale et professionnelle. Les temps de trajet aux services d'information et d'accès aux droits ainsi qu'aux équipements sportifs et culturels sont globalement très courts, et ce malgré une moindre densité d'équipements qu'en Métropole. Les temps de trajet s'allongent cependant pour les services liés à l'emploi et pour les lieux de formation. Autant d'observations que publie l'Insee dans son dernier rapport sur les équipements pour l'insertion sociale et professionnelle des jeunes Réunionnais, que nous publions ici. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Six jeunes sur dix vivent dans des quartiers proches de centres-villes qui offrent une très grande accessibilité aux équipements. Malgré cela, nombre d’entre eux peinent à sortir de la précarité. En revanche, les jeunes vivant dans les cirques, dans les territoires isolés des Hauts et dans les communes rurales du Sud-Est cumulent éloignement des services et difficultés sociales.

Obtenir un diplôme, un travail, un logement, fonder une famille sont des marqueurs de l’émancipation. Dans ces domaines, la jeunesse réunionnaise, peu autonome, est très à l’écart des standards métropolitains.

Lorsqu’ils ne quittent pas La Réunion pour poursuivre leurs études ou trouver une emploi, certains équipements ou services de l’île accompagnent les jeunes dans leur insertion sociale et professionnelle. Leur proximité à ces équipements peut être considérée a priori comme un atout et l’éloignement un frein.

Ces équipements identifiés comme favorisant l’insertion sociale ou professionnelle sont regroupés en quatre catégories :

• La majeure partie des jeunes Réunionnais résident à proximité des équipements

La majorité des 170 400 jeunes de 15 à 29 ans résidant à La Réunion en 2017 vivent dans des quartiers où l’ensemble des équipements sont très accessibles. Pour 90 % des jeunes, le temps d’accès moyen aux quatre catégories d’équipements est ainsi inférieur à 15 minutes en voiture en heures creuses. En effet, les équipements et services sont présents sur l’ensemble de l’île.

• Les services d'informations et d'accès aux droits, ainsi que les équipements sportifs et culturels, sont les plus accessibles

Accéder à l’information et aux droits ou à des équipements sportifs et culturels prend peu de temps (7 minutes en moyenne). Sur l’ensemble de l’île, 96% des jeunes y accèdent en moyenne en moins de 15 minutes.

Dans le contexte de précarité de la jeunesse réunionnaise, l’accès à l’information et aux droits est crucial et l’implantation des équipements plutôt favorable. Mais certains territoires situés dans les cirques et les Hauts peuvent en être plus éloignés. Les mairies et les mairies annexes sont les plus accessibles, 80 % des jeunes pouvant y accéder en moins de 5 minutes.

Les équipements sportifs et culturels, qui favorisent aussi la cohésion et l’insertion sociales, sont accessibles aussi dans des délais courts. Cependant, les habitants des cirques, de la Plaine- des-Palmistes et de certains Hauts de l’Ouest restent plus éloignés de certains équipements.

• Les temps de trajet s'allongent pour les services liés à la formation

En faisant abstraction des filières dans lesquelles ils sont effectivement inscrits, 88 % des jeunes Réunionnais vivent à moins de 15 minutes d’un lycée général et technologique, professionnel ou agricole.

Les territoires plus ruraux sont logiquement les plus pénalisés, avec l’absence de tels établissements dans les cirques, à Sainte-Rose, à Saint-Philippe et dans certains Hauts.

Pour les études supérieures, le temps d’accès est proche de celui des lycées : 84 % des jeunes mettent moins de 15 minutes pour accéder à un établissement de formation supérieure. En revanche, l’offre de formation continue ou professionnalisante est assez réduite, et le temps d’accès moyen est plus long (11 minutes).

• Les équipements favorisant l’emploi et l’insertion sont les moins accessibles

Les jeunes sont les plus éloignés des équipements favorisant l’emploi et l’insertion (11 minutes en moyenne), 21 % des jeunes étant situés en moyenne à au moins 15 minutes.

Le réseau Pôle emploi, les chambres consulaires pour l’aide à la création d’entreprises ou les agences de travail temporaires étant plutôt localisés dans les principaux centres urbains, ils sont à plus de 15 minutes pour plus d’un jeune sur quatre. Au regard du nombre de jeunes de 15 à 29 ans, le nombre d’établissements du réseau Pôle emploi et d’agences d’intérim est deux fois moins élevé à La Réunion qu’en métropole.

En revanche, les missions locales, qui accueillent les jeunes de 16 à 25 ans non scolarisés et qui construisent et accompagnent leur parcours d’insertion, sont plutôt bien réparties sur le territoire, et les jeunes y accèdent en moyenne en 8 minutes.

Les 114 grands quartiers de La Réunion ont été regroupés selon le temps d’accès des jeunes aux différentes catégories d’équipements pour former cinq groupes homogènes de quartiers.

• Des quartiers de centres-villes aux équipements très accessibles, avec une population hétérogène

Dans des quartiers situés essentiellement en centres-villes et dans des zones urbanisées, les jeunes bénéficient d’une très bonne accessibilité à l’ensemble des équipements et services. Les temps d’accès sont cependant légèrement plus longs pour accéder aux équipements consacrés à l’emploi et à l’insertion par rapport aux autres (7 minutes contre 5) .

Ces territoires, qui comptent 98 600 jeunes, sont très hétérogènes : ils rassemblent la grande majorité des quartiers prioritaires de la politique de la ville mais aussi des quartiers aisés. Bien qu’ils soient proches des équipements, six jeunes sur dix de ces quartiers n’ont pas d’emploi.

• 8 800 jeunes vivent dans des quartiers isolés ou très isolés

À l’opposé des jeunes des quartiers de centre-ville, 8 800 jeunes vivent dans neuf grands quartiers "isolés ou très isolés", en lien avec la configuration montagneuse ou sauvage de La Réunion et son réseau routier contraint. Les jeunes de ces territoires cumulent précarité sociale et éloignement aux équipements qui pourraient favoriser leur insertion.

• Des quartiers peu éloignés des équipements, aux populations plus aisées

Dans un autre groupe de 22 grands quartiers, qui rassemblent 26 300 jeunes, les temps d’accès aux équipements sont supérieurs de moitié à la moyenne réunionnaise (13 minutes). Ces quartiers éloignés sont situés principalement dans les Hauts mais aussi dans des zones plus balnéaires comme La Saline-les-Bains ou Saint-Leu Centre qui se démarque des autres centres urbains dans ce domaine. Les jeunes sont plus éloignés des équipements liés à la formation (15 minutes en moyenne) et de ceux favorisant l’emploi et l’insertion (17 minutes).

Enfin, 36 700 jeunes vivent dans un dernier groupe de 27 grands quartiers périphériques. Ils bénéficient de temps d’accès aux équipements proches de la moyenne réunionnaise (9 minutes). Ces quartiers sont situés essentiellement à mi-pente mais aussi au sein de certaines zones balnéaires. Ces deux derniers groupes de quartiers sont composés majoritairement de populations moins pauvres.

   

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