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Violences intrafamiliales : formation renforcée et nouvelle cellule d'accueil à la gendarmerie de Saint-Paul


Publié / Actualisé
La compagnie de gendarmerie de Saint-Paul s'arme face aux violences intrafamiliales (VIF). Alors que les 170 militaires de la compagnie ont tous été formés pour mieux maîtriser l'accueil des victimes et la réception de leur plainte, une quinzaine de référents VIF ont également été nommés pour être ensuite déployés sur tout le territoire ouest. Parallèlement une structure a été créée à Plateau Caillou, entièrement dédiée à l'écoute des victimes et le traitement des procédures. Toutes ces actions ont été présentées ce vendredi 27 novembre 2020 au cours d'une conférence de presse à la gendarmerie de Saint-Paul. (Photos : mm/www.ipreunion.com)
La compagnie de gendarmerie de Saint-Paul s'arme face aux violences intrafamiliales (VIF). Alors que les 170 militaires de la compagnie ont tous été formés pour mieux maîtriser l'accueil des victimes et la réception de leur plainte, une quinzaine de référents VIF ont également été nommés pour être ensuite déployés sur tout le territoire ouest. Parallèlement une structure a été créée à Plateau Caillou, entièrement dédiée à l'écoute des victimes et le traitement des procédures. Toutes ces actions ont été présentées ce vendredi 27 novembre 2020 au cours d'une conférence de presse à la gendarmerie de Saint-Paul. (Photos : mm/www.ipreunion.com)

"La parole des victimes est libérée quand elles se sentent en confiance." C'est à partir de cette observation que le chef d'escadron Vincent Audon veut bâtir un meilleur accueil et une meilleure écoute des femmes et enfants victimes de violences intrafamiliales, appelées VIF.

"On a mis en place des dispositifs de formation spécifique. C'est ce qui a été présenté ce vendredi 27 novembre avec une formation pour nos 170 militaires, tout au long de l'année" nous explique le chef d'escadron Vincent Audron. Mais la formation ne s'arrête pas là. "Nous avons aussi nommé une quinzaine de référents VIF, qui reçoivent une formation complémentaire sur ces problématiques et qui seront déployés sur le territoire ouest" ajoute-t-il. Des militaires qui seront d'autant plus à aptes à recevoir les victimes.

En parallèle une nouvelle structure située à Plateau Caillou a été créée, un "groupe violences intrafamiliales" composé de quatre personnels, entièrement dédiés à cette problématique. Elles et ils "pourront consacrer leur temps à l'écoute des victimes et au traitement plus rapide des procédures" estime Vincent Audon.

Une action urgente face aux 579 victimes recensées cette année alors que 2020 n'est pas encore terminée, et 600 en 2019. Sans parler de toutes celles qui ne parlent pas. "L'emprise peut empêcher ces femmes, ces enfants de se confier" nous dit le chef d'escadron. D'où l'importante écoute dans les différentes gendarmeries.

A Saint-Paul, les victimes sont d'ailleurs guidées vers des locaux isolés, situés dans la cour. Un premier bureau permet à la victime d'être accueillie et écoutée par un.e référent.e VIF. A côté se trouve une salle d'attente avec magazines et jeux pour les accompagnants ou les enfants de ces victimes, ce qui ne se faisait pas auparavant. Une troisième salle sert ensuite à l'enquête, une fois que la plainte est déposée. "Nous voulons en faire un lieu de confiance" explique Vincent Audon.

Le bureau d'accueil

La salle d'attente

La salle réservée à l'enquête

Pour le Général Poty, commandant de compagnie de gendarmerie de Saint-Paul, "la lutte contre les violences intrafamiliales, c'est notre priorité". Les chiffres le prouvent. "On enregistre une hausse des victimes déclarées de 12% en 2020, également de 12% en 2019. Sur les huit dernières années, on a multiplié par trois le nombre d'interventions, en montant à quasiment 5.000 cette année" liste-t-il.

Un constat qui peut avoir du bon selon lui : "ça peut être inquiétant mais ça veut dire aussi qu'il y a une libération de la parole et une prise de conscience de la part des proches ou des voisins, qui appellent davantage la gendarmerie". Un travail qui se fait en collaboration constante avec les partenaires et les associations – comme l'Arajuva – au cœur de ces problématiques et au plus près des victimes.

Le travail de la gendarmerie continue puisque trois axes d'amélioration sont encore sur la table, détaillés par le chef d'escadron Vincent Audon. "En premier lieu : améliorer les formations des militaires et la lutte contre l'emprise qui empêche les victimes de parler. Ensuite : développer les cellules de prise en charge voire intégrer des permanences ponctuelles d'associations. Enfin : créer un vivier d'enquêteurs pour accélérer les procédures."

Pour le Général Poty, un autre travail doit se faire sur le long terme : "il faut avant tout éduquer nos enfants sur le sujet et en priorité nos petits garçons, et ensuite renforcer la lutte contre l'alcoolisme qui reste un fléau sur l'île facteur de violences".

mm / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

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