Match Saint-Pierroise - FC M'tsapéré :

Les footballeurs mahorais moins bien lotis que leurs adversaires réunionnais


Publié / Actualisé
La Saint-Pierroise affrontera mi-décembre le club mahorais du FC M'tsapéré (la date reste à confirmer) à l'occasion du 8ème tour de la coupe de France. En comparaison à leurs homologues réunionnais, les footballeurs de Mayotte n'ont pas la chance d'évoluer dans des conditions optimales au quotidien et accusent un réel manque d'infrastructures. Malgré ces obstacles, le football conserve un rôle social majeur sur l'île aux parfums. (Photos : Mahamad Kharim)
La Saint-Pierroise affrontera mi-décembre le club mahorais du FC M'tsapéré (la date reste à confirmer) à l'occasion du 8ème tour de la coupe de France. En comparaison à leurs homologues réunionnais, les footballeurs de Mayotte n'ont pas la chance d'évoluer dans des conditions optimales au quotidien et accusent un réel manque d'infrastructures. Malgré ces obstacles, le football conserve un rôle social majeur sur l'île aux parfums. (Photos : Mahamad Kharim)

Une aire de 50 mètres sur 50, bosselée, et à la pelouse fatiguée. Tel est le terrain de jeu sur lequel doivent parfois s'entraîner les joueurs de l'équipe du FC M'tsapéré, qui affronteront la Jeunesse sportive saint-pierroise dans quelques jours dans le cadre du 8ème tour de la coupe de France. Qualifiés suite à leur succès 2-0 face au Pamandzi SC au tour précédent, les vainqueurs de la Coupe régionale de Mayotte 2020 demeurent néanmoins l'ogre du football mahorais.

- Des résultats domestiques phénoménaux -

Les "Diables Rouges" enchaînaient effectivement là leur cinquième finale de la compétition, remportée pas moins de cinq fois lors des dix dernières années. L'année passée, ils s'étaient même hissés jusqu'au septième tour de la coupe de France et s'étaient alors envolés pour la Normandie, opposés à l'Evreux FC, qui les avait malheureusement battus 3-0. Six d'entre eux figuraient même dans la sélection mahoraise lors des derniers Jeux des îles.

Ces résultats probants contrastent cependant avec les conditions de jeu difficiles auxquelles doivent faire face les footballeurs mahorais. Entre un manque d'infrastructures criant et des contraintes économiques notables, leur quotidien ne ressemble pas à celui des joueurs réunionnais, qui eux bénéficient de moyens plus importants et sont même rémunérés par leur club pour certains.

Ce retard en termes de développement, qui dépasse par ailleurs la sphère sportive (77% des habitants de Mayotte vivent sous le seuil de pauvreté), n'aide ainsi en rien les licenciés mahorais à optimiser leurs performances. "Mayotte n'est reconnu comme département français que depuis 2011, alors que La Réunion a fêté cette année ses 74 ans de départementalisation, ce qui peut expliquer cet écart", souligne Mohamed Boinariziki, président de la Ligue mahoraise de football (LMF).

D'un point de vue économique, le Football Club M'tsapéré rencontre "quelques difficultés financières" rapporte Mahamad Kharim, secrétaire général du club. "On reste des amateurs, aucun joueur n'est sous contrat. Pour les conserver d'une année à l'autre, on se contente de primes. C'est compliqué. Et nos infrastructures ne sont pas dignes de ce nom. Lors de la finale contre Pamandzi, qui se jouait dans le stade de Kavani, il n'y avait même pas de vestiaires, les joueurs ont dû se changer sur le terrain", déplore-t-il.

- Un manque d'infrastructures qui nuit aux performances -

Actuellement en travaux, le stade départemental de Kavani devrait être livré au courant de l'année 2021 et proposer 3.000 à 4.000 places. Comportant une pelouse synthétique, il sera alors considéré comme le "stade officiel" de Mayotte. Pour l'heure, les Diables Rouges doivent composer avec leur stade du Baobab, dépourvu de tribunes.

Outre l'absence de gradins, c'est surtout le carré vert, dont le gazon est entretenu par la municipalité, qui met à mal les techniciens du FC M'tsapéré. "Ce n'est même plus une pelouse", constate le joueur Ibrahim Youssouf. Il ajoute : "c'est très gênant pour nous, surtout pour ceux qui ont déjà joué sur des surfaces de meilleure qualité. La transition est compliquée." Les bosses aléatoires du terrain empêchent dès lors une maîtrise du ballon assurée.

Cette situation ne peut malheureusement s'arranger puisque l'équipe fanion doit partager son terrain avec le second club du village, une équipe de rugby, les activités scolaires, sans oublier les catégories jeunes et féminine du FC M'tsapéré. Autant dire que la pelouse du stade du Baobab n'a pas le temps de souffler. "Des fois on s'entraîne même sur une moitié de terrain parce qu'une autre équipe a entraînement en même temps", regrette Ibrahim Youssouf.

- Le rêve difficile des 32èmes de finale -

Ces conditions de jeu laborieuses peuvent malheureusement avoir des conséquences nocives sur les résultats du club selon Mahamad Kharim. "Les joueurs s'y sont habitués depuis le temps mais on aimerait avoir plus de moyens pour enfin accéder à ces 32èmes de finale de coupe de France. Le potentiel des joueurs ne peut pas être totalement exploité dans ces conditions et ça se répercute sur le terrain."

Les 32èmes, les Diables Rouges pourraient néanmoins y accéder s'ils venaient à éliminer la Saint-Pierroise lors du prochain tour, dont l'organisation a été validée par la FFF ces derniers jours. Cette qualification s'annonce pour le moins "très compliquée" avoue Ibrahim Youssouf. "Il y a une vraie différence entre les deux équipes et ils sont plus habitués à disputer des matches à haute intensité", ajoute-t-il.

"On n'a jamais joué contre les joueurs de Saint-Pierre mais on les connaît. On a logé dans le même hôtel en Métropole l'année dernière pour les 32èmes. Il y a des joueurs malgaches qui se connaissent dans les deux équipes et certains de nos joueurs ont déjà évolué à La Réunion, comme Ibrahim Youssouf, qui était la saison passée à la Sainte-Marienne", explique Mahamad Kharim.

- Un rôle social majeur –

Malgré les difficultés qu'il peut rencontrer, le football mahorais conserve un rôle social des plus importants à Mayotte. "C'est un moyen de lutter contre la délinquance, qui est infernale ici", constate Mahamad Kharim. "Il n'y a pas grand-chose ici pour s'occuper et sans le foot, les jeunes seraient plus amenés à faire des bêtises."

A travers la mise en place de certaines formations, le FC M'tsapéré permet également à ses licenciés de s'insérer socialement grâce à l'acquisition de certains diplômes. Le foot demeure dès lors un comble à l'ennui mais aussi un véritable accompagnateur professionnel.

vl/www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

Velou, depuis son mobile, Posté
Et nous, avant comment on faisait. Avant d'avoir des structures dans les normes !
Foot world, Posté
Bonjour, c aussi la faute au ballon !!!?