9% de demandeurs en plus :

Peu de logements sociaux, faible réhabilitation et offre en baisse à La Réunion


Publié / Actualisé
Dans un nouveau bilan, la Confédération nationale du logement (CNL) dresse un bilan peu favorable du logement à La Réunion. Au coeur des observations faites : un manque crucial de logements sociaux alors que la demande, elle, est toujours très forte. On estime le nombre de demandeurs de logements à 32.305 en 2019 soit une augmentation de 9% par rapport à 2018. Par ailleurs sont les moins de 30 ans et les plus de 50 ans qui sont le plus impactés dans les non attributions de logements. Nous publions ci-dessous le communiqué de la CNL, réalisé par son administrateur Erick Fontaine. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Dans un nouveau bilan, la Confédération nationale du logement (CNL) dresse un bilan peu favorable du logement à La Réunion. Au coeur des observations faites : un manque crucial de logements sociaux alors que la demande, elle, est toujours très forte. On estime le nombre de demandeurs de logements à 32.305 en 2019 soit une augmentation de 9% par rapport à 2018. Par ailleurs sont les moins de 30 ans et les plus de 50 ans qui sont le plus impactés dans les non attributions de logements. Nous publions ci-dessous le communiqué de la CNL, réalisé par son administrateur Erick Fontaine. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

"Les chiffres du logement à La Réunion :

- 77 000 logements sociaux
- 75 000 locataires dans les logements privé
- 50% des demandeurs de logements dans le social ont un revenu inférieur à 1209 € ( le  smic)
- Augmentation des personnes âgées ( bas revenus )
- 4 000 étudiants sans logement
- 450 millions d’euros d’allocation logement à La Réunion
- 33 000 logements dans le social à réhabiliter 
- Plus de 20 000 logements indécents 
- 32 000 logements privés et sociaux vacants

La livraison de logements sociaux à La Réunion :

Il nous faudrait 25 ans pour essayer de combler le retard de livraisons par rapport à la  demande de logements sociaux. Autrement dit on n’arrivera jamais à combler ce retard alors que nous avons une urgence,  celle de prévoir des logements pour les années à venir.

L’analyse de toutes les données existantes montrent bien que cela relève de l’impossible et  ce n’est pas les Plans Logements Outre Mer successifs qui vont permettent une accélération  des livraisons. Pour bien comprendre la situation la plus forte demande porte sur les T1-T2 pour des  personnes à faibles revenus et pourtant le coût de la location ces mêmes demandeurs !! et le  nombre de construction est extrêmement faible par rapport à la demande le nombre de logements à La Réunion  2010-2019

Depuis 2015 on assiste à une baisse importante dans la livraison de logements sociaux. Sur  cette même période les opérations ANRU , les destructions de logements d’une manière  générale impactent l’attribution des primo accédants car il s’agit de reloger les locataires qui  habitent les logements en destruction. Il faut remonter à au moins 10 ans pour avoir d’aussi mauvais chiffres sur les livraisons.

Une forte demande sur les petits logements :

46 % de la demande de logements portent sur les T1 et T2 alors que nous attribuons en  moyenne sur les 2 dernières années 2300 logements soit à peine 18% de la demande les attributions en 2019.

On retiendra que sur les attributions en T1-2 nous avons 573 qui sont sur des logements  neufs en 2019, ce qui laisse apparaitre de manière encore plus évidente que le rythme des  livraisons ne permettra jamais de rattraper ce retard.

Les demandeurs de logements :

Les demandeurs de logements sont estimés à 32 305 en 2019 soit une augmentation de 9%  par rapport à 2018. Dans le public demandeur de logements on doit identifier :
• Le demandeur qui est locataire chez un bailleur social
• Le demandeur qui est locataire chez un bailleur privé
• Les autres sont des personnes qui sont sans logement (hébergés, décohabitation, sans  abris …)

C’est cette dernière tranche des demandeurs qui doit retenir notre attention, ce sont ce  qu’on peut appeler les primo demandeurs. La demande est inférieure aux autres  demandeurs déjà locataire. La part des personnes âgées de plus de 50 ans qui représentent 27% du public demandeur  est généralement celui à bas revenu qui représentent 5 % des locataires en endettement (  étude de la Cnl sur les dettes locatives ) , ce public n’a pas la capacité de louer un T2 qui  revient en location à 500 € dans le social comme le privé donc dépassant 30% de leur revenu.

Les demandes de logements social datant de plus de 3 ans :

Alors que les demandes de plus de 3 ans sont reconnues comme délai anormalement long  par le Préfecture de La Réunion, on constate que ce nombre ne cesse de progresser et que  l’offre de logement est extrêmement bas alors que c’est un public prioritaire. Il a été identifié 2373 demandes avec une ancienneté supérieure à 3 ans et 431 attributions  pour ce public prioritaire soit 18 % de la demande " prioritaire " 

Ce nombre continuera de progresser en raison du manque de logements , ainsi à la fin 2020  nous envisageons une augmentation de l’ordre de 35 % de demandes anormalement  longues, soit environ 3 200 demandes au 31 Décembre 2020. Ce public peut et doit saisir la COMED afin de faire reconnaitre leur demande comme  prioritaire.

Le public demandeur de logements qui est en difficulté :

Ce sont les moins de 30 ans et les plus de 50 ans qui sont impactés dans les non attributions de logements. Un public à bas revenus et ne pouvant pas avoir accès aux logements sociaux quand ils sont  célibataires sans enfants, à la retraite, salarié célibataire.

Leurs revenus sont estimés trop bas pour accéder à un T2 dans le social et trop bas pour  accéder à un logement privé. D’autre part si ceux sont des locataires âgés dans des  logements anciens , les loyers dans les T4-5 sont inférieurs à un T2 neufs. Le CCH précisant  qu’en cas de sous occupation le bailleur doit proposer un logement avec un loyer inférieur ou  égal à celui qu’il occupe.

Le résultat est que les T4-5 ne se libèrent pas même dans le cas de sous occupation. La réhabilitation des 33 000 logements anciens est une piste pour proposer des baux en  transfert entre locataire en sur ou sous occupation ou décohabitation. Le rythme actuel des réhabilitations n’est pas à la hauteur des enjeux .

Le décalage entre la typologie demandée et la livraison se creuse :

La construction de logements doit être en fonction de la demande. Il est nécessaire de trouver un  équilibre entre la demande et l’offre. Au fil des années l’écart se creusera encore plus. Au vu des  chiffres il est quasi certain qu’il n’y aura pas de possibilité de rattraper le retard cumulé depuis des  années . Cela semble évident au vu des crédits disponibles et des mesures adaptées aux besoins (voir les  propositions de la CNL), du rythme des constructions …

Combien de logements avons-nous réellement besoin en construction neuf :

Dans aucune statistique on prend en compte les livraisons dans le secteur privé et les  logements vacants. Ses derniers sont estimés à 30 000 par l’Insee c’est-à-dire un nombre de  logements vacants supérieur à la demande dans le social !!

Aucune étude sérieuse n’a été menée pour identifier où se trouve ses logements, les raisons  de ces vacances (succession, logements indécents, refus de louer litige avec d’anciens  locataires, vente, logements prévus pour un membre de la famille ). Il est donc urgent que  l’Etat et les collectivités mènent ensemble cette étude sur toute La Réunion afin d’identifier  les logements et faire des propositions aux propriétaires (défiscalisation, réduction d’impôts,  subvention amélioration … )

Le nombre de logements livrés dans le privé :

Près de 80% des ménages sont éligibles au logement social et pourtant une très grande partie des  Réunionnais qui sont des ménages modestes occupent un logement privé.  Le nombre de locataires dans le privé est estimé à 75 000 en 2019, ils habitent en très grande  majorité en appartement pour une taille moyenne de 3.2 pièces. 

Cette situation va aller en s’accentuant dans les prochaines années. Ainsi en 2017 les logements  privés livrés représentaient près de 64 % des logements à La Réunion  Comme le souligne le rapport de la Cour des Comptes dans son rapport " le logement dans les  départements Outre Mer " le parc privé malgré son importance économique et sociale, ce parc ne  fait pourtant pas l’objet d’une attention comparable à celle du logement social :

- Absence d’informations dans les rapports des comités départementaux de l’habitat et de  l’hébergement
- Statistiques ou interventions des professionnels du bâtiment

La réhabilitation des logements sociaux et privés: 

Il suffit de parcourir La Réunion et de voir l’état des logements, des parties communes pour  comprendre que l’urgence dans la politique du logement doit se porter dans la réhabilitation. On  peut estimer à 45 000 logements à réhabiliter avec les aides de L’Etat et sur les fonds propres des  bailleurs sociaux et prives ( 33 000 logements sociaux et 12 000 dans le privé) . Cette réhabilitation  peut être estimée à un coût d’environ 2 milliards 500 € hors désamiantage.

C’est l’enjeu de demain pour des raisons de sécurité, de santé, de dignité des locataires et  d’obligation des bailleurs de loger de manière décente ses locataires. Il est urgent de trouver l’équilibre entre la construction du neuf et la réhabilitation des constructions, cet enjeu fondamental n’est pas suffisamment pris en compte aussi bien par les bailleurs que l’Etat  alors qu’il est nécessaire d’évaluer les besoins et le niveau des engagements financiers pour les 5 ans  à venir.

Les orientations pour les années à venir :

• La réhabilitation : 45 000 logements pour un budget de près de 2 milliards 500 d’euros  • Le repérage des logements vacants dans le privé et la réhabilitation des logements  • L’accompagnement et la mise en place de moyens pour les propriétaires privés pour les 
accompagner dans la location de leur bien (garantie sur les loyers, subventions, réduction des impôts …)
• La construction de petits logements T2 avec des prix de loyers chargés inférieurs à 400 € • Le système de cotation pour rétablir l’équilibre dans les attributions de logements 

Pour cela l’Etat doit mobiliser toutes les aides nécessaires dans ce plan logement réaliste et  réalisable :
• Un plan quinquennal qui permettrait de garantir les aides existantes 
• La fongibilité des fonds Lbu sur les programmes et pas de quota dans les constructions (  Ex xxx PLS par an ) pour l’attribution des aides 
• La mise en place des crédits d’impôts hors QPV
• Une véritable politique de l’ANAH et de l’ANRU adaptée à la situation des propriétaires  privés
• Un engagement d’Action Logement correspond aux attentes des salariés  • Une LBU plus souple pour s’adapter à la demande (aides à la pierre aux interco) • Des mesures incitatives pour faire baisser les loyers dans le privé
• Une allocation logement adapté à la situation sociale et économique de La Réunion pour  les retraités, les jeunes salariés…"

   

1 Commentaire(s)

Joe tireur, Posté
Pipo le problème c'c'est pas les logements sociaux c'est les usines humaines, sur population =sur production, et les logements intermédiaire pour les gens qui bosse ont en parle,.....