1,5 million de personnes a besoin d'une aide alimentaire urgente :

Madagascar : la terrible inaction du gouvernement face à la famine


Publié / Actualisé
Le sud de Madagascar continue de sombrer dans une famine (kéré) brutale, et le gouvernement semble rester inactif malgré les quelques images que l'on veut bien nous montrer. Après des sécheresses à répétition depuis trois ans, la population se voit contrainte de se nourrir à l'argile, au tamarin et au manioc, tandis que le riz est devenu une denrée de luxe. Si la solidarité internationale s'est rapidement mobilisée autour de la Grande Ile pour la fournir en colis alimentaires, du côté du gouvernement, on peine à trouver des solutions pour venir en aide à la population. D'après le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies, ce sont désormais 1,5 million de personnes - soit la moitié de la population de la région - qui ont besoin d'une assistance alimentaire d'urgence. (Photo : association Agir pour Diego)
Le sud de Madagascar continue de sombrer dans une famine (kéré) brutale, et le gouvernement semble rester inactif malgré les quelques images que l'on veut bien nous montrer. Après des sécheresses à répétition depuis trois ans, la population se voit contrainte de se nourrir à l'argile, au tamarin et au manioc, tandis que le riz est devenu une denrée de luxe. Si la solidarité internationale s'est rapidement mobilisée autour de la Grande Ile pour la fournir en colis alimentaires, du côté du gouvernement, on peine à trouver des solutions pour venir en aide à la population. D'après le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies, ce sont désormais 1,5 million de personnes - soit la moitié de la population de la région - qui ont besoin d'une assistance alimentaire d'urgence. (Photo : association Agir pour Diego)

Les difficultés ne sont pas prêtes de disparaître dans la région sud de la Grande Ile : les prochaines récoltes pourraient ne survenir qu'en mai 2021, soit dans plus de cinq mois, indique le Programme alimentaire mondial (PAM). Une catastrophe qui pousse désormais l'organisation à réclamer auprès des Nations Unies un investissement de 37,5 millions de dollars dans la région afin de nourrir la population.

Si la solidarité internationale - via l'action de nombreuses associations, notamment réunionnaises - s'est rapidement mise en place pour envoyer colis alimentaires et autres aides, certains s'interrogent sur l'inaction du gouvernement face à une population en proie au kéré.

Ce sont les associations étrangères qui interviennent, et pour cause : c'est un véritable fossé qui sépare leur budget des organisations malgaches. Quand une "ONG française au budget annuel de 32 millions d'euros intervient à Madagascar sur des logiques d’assainissement, elle porte impact sur 144 communes et 970.000 personnes (…) C’est au bas mot 1 million de dollars par an que cette organisation est capable de mobiliser. Au regard de cela, l’une des plus remarquables ONGs gasy (…) produira un bilan à 74.000 euros de chiffres d’activités" souligne la Tribune de Madagascar dans un éditorial.

"La population malgache est sur les nerfs et est particulièrement irritée de tous ces drames qui s’abattent sur elle (...) Le manque d’eau frappe tous les foyers, et ce, sans compter l’inflation généralisée : les prix du riz, de l’essence ainsi que du frais de transport des taxi-be ont tous connu une hausse vertigineuse et rendent la vie des Malgaches encore plus misérable qu’elle ne l’est déjà" dénonce de son côté le média Madagascar Matin.

Par ailleurs, alors que "près de la moitié des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition chronique ou de retards de croissance" comme le souligne le PAM, même en dehors de période de famine, les problématiques liées à l'insécurité alimentaire sont loin d'être nouvelles à Madagascar. Comment expliquer que si peu ait été fait, du côté du gouvernement, pour résorber ces difficultés ?

- Des visites présidentielles décriées -

Si la Première dame Mialy Rajoelina a été aperçue à la fin du mois de novembre dans le sud de l'île pour distribuer du riz, des repas et du matériel d'agriculture à la population, les actions concrètes du côté du gouvernement pour endiguer la famine sont bien faibles. De belles photos qui ne sont pourtant qu'une vitrine. D'ailleurs en octobre dernier, les élus étaient photographiés devant un buffet immense, au même moment où la population mourrait de faim dans le sud.

Le même, le président malgache Andry Rajoelina s'était d'ailleurs lui aussi rendu sur place, créant l'indignation. “Rajoelina est venu en hélicoptère dans le sud, où huit enfants sont décédés. Au lieu d'observer une atmosphère de recueillement voire de deuil, il a organisé un rassemblement monstre dans une ambiance festive, avec sa musique de campagne en boucle”, dénonçait l'association Les indignés de Madagascar.

L'opposition appelle désormais à l'ouverture du débat démocratique, alors que la Grande Ile est "plus près de l’explosion sociale que jamais" d'après Lalatiana Rakotondrazafy, présidente du parti Freedom.

- Une situation qui aurait pu être évitée -

De son côté, Ravomanana Hanitra Georget, maire de la commune d'Ifotaka, particulièrement touchée par la famine, dénonçait déjà en novembre l'inaction du gouvernement auprès de France 24. Il assurait qu'il avait alerté sur la situation dans une lettre plusieurs mois avant le début de la sécheresse. "Je pense que s'il y avait eu une prise de décision, personne ne serait mort" avait-il déclaré.

Il est désormais trop tard, alors qu'une dizaine de personnes ont perdu la vie, dont au moins neuf enfants... selon un bilan officiel. "C'est sûrement plus que ça, malheureusement" déplorait Pana Reeve, président de la Feo (Fédération des entités oeuvrant pour Madagascar), dès le mois d'octobre. La population se nourrit, en dehors de colis alimentaires, d'argile blanc mélangé au tamarin. Une situation qui risque de s'empirer d'année en année, alors que le changement climatique se fait de plus en plus sentir dans cette région historiquement sèche de la Grande Ile.

Si le pays peut compter sur l'aide internationale, notamment de La Réunion où une grande partie de la population est originaire de Madagascar, les attentes sont grandes envers le gouvernement, pour prendre ses responsabilités afin d'endiguer cette crise humanitaire, qui pourrait résulter en une crise sociale majeure.

Lire aussi : Crise humanitaire : le sud de Madagascar meurt de faim

as / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

3 Commentaire(s)

Steph, Posté
Cela va faire 12 ans que ce président a perpétré son coup d'état. Voilà le résultat. Il fallait s'en soucier avant. Qu'il continue son bling-bling, le kere a de beaux jours devant lui !
Pourquoi voulez vous que le gouvernement malgache, Posté
s'occupe de sa population quand d'autres ( ONG, particuliers...etc) s'acquittent de ces tâches qui, ne n'oublions pas , sont du domaine régalien. Le père Pedro est l'exemple type du renoncement de l'état malgache à la santé, l'éducation, au logement !En résumé le gouvernement malgache se fou de sa population.Et nous sommes des couillons de donateurs.....
A tous les karanes, depuis son mobile, Posté
Merci à la grande et riche communauté karana de venir en aide à la grande île
SVP