Tribune libre :

Karine Lebon interpelle la Ministre de la culture Roselyne Bachelot sur l'affaire des Anges


Publié / Actualisé
Madame la Ministre, Chers Collègues , je souhaite tout d'abord porter à votre connaissance des faits d'une grande gravité qui se sont déroulés ce dimanche 10 janvier à la Réunion. Alors qu'il participait à un déjeuner familial dans un restaurant, un élu de la République, maire d'une commune de 56 000 habitants, ainsi que trois membres de sa famille ont été violemment agressés par des candidats à l'émission " Les anges de la télé réalité " qui séjournaient dans l'île pour le tournage d'une émission. L'indignation et la mobilisation populaire ont été d'une telle ampleur qu'après avoir d'abord exclu les protagonistes du jeu, la production vient de décider d'annuler le tournage. (Photo d'illustration : rb/www.ipreunion.com)
Madame la Ministre, Chers Collègues , je souhaite tout d'abord porter à votre connaissance des faits d'une grande gravité qui se sont déroulés ce dimanche 10 janvier à la Réunion. Alors qu'il participait à un déjeuner familial dans un restaurant, un élu de la République, maire d'une commune de 56 000 habitants, ainsi que trois membres de sa famille ont été violemment agressés par des candidats à l'émission " Les anges de la télé réalité " qui séjournaient dans l'île pour le tournage d'une émission. L'indignation et la mobilisation populaire ont été d'une telle ampleur qu'après avoir d'abord exclu les protagonistes du jeu, la production vient de décider d'annuler le tournage. (Photo d'illustration : rb/www.ipreunion.com)

Cette décision des responsables de la production est censée ramener le calme. Mais elle laisse ouvertes les questions que cet incident a soulevées. Nous devons en effet nous interroger sur ces émissions et les modèles qui sont proposés aux jeunes. Ces " anges " on le sait, ne sont pas sans influence sur la jeunesse. Le CSA intervenant sur les contenus et non sur le contexte d’une émission, je me tourne vers vous pour savoir comment le ministère de la culture compte réagir à ce type de comportement ?

En cette période de crise sanitaire, on ne peut évidemment pas éviter le parallèle entre le maintien et la prospérité de ce genre d’émission et les nombreux programmes de qualité dans le secteur du spectacle vivant qui ont dû, eux, être annulés. Cela m’amène à l’ordre du jour de cette audition pour dire la détresse et la souffrance du monde du spectacle. Je ne reprendrai pas ce que mes collègues ont déjà exprimé.  Je ne doute, Mme la Ministre ni de votre inquiétude ni de votre détermination. Mais sans doute faudrait-il procéder dans l’ordre : d’abord en bannissant ce mot " essentiel " et son corollaire " non essentiel " inutilement blessant. Il faut le remplacer et pour ma part je propose le mot " élémentaire ".

Ensuite, répondre à une question qui revient en boucle : Pourquoi fermer les salles de spectacle respectueuses des consignes sanitaires quand d’autres lieux également clos continuent d’accueillir un public souvent nombreux ? Je souhaite aborder ensuite un sujet plus spécifiques aux Outre-mer : la présence d’une antenne locale de Pôle Emploi Spectacles. Il n’en existe pas à la Réunion. Cela pose des problèmes, à plusieurs niveaux. Il y a d’une part le décalage horaire qui réduit drastiquement les créneaux disponibles. Il arrive d’autre part qu’il y ait la barrière de la langue qui empêche une communication efficace avec les conseillers.

Une solution serait de dédier sur place un agent formé aux caractéristiques des métiers culturels, une demande plus raisonnable que l’implantation d’une agence entière " Pôle Emploi spectacles ". Merci de nous dire, Mme la Ministre si cette modestie plaidera en faveur des acteurs de la culture de la Réunion?

   

1 Commentaire(s)

être élue n'empêche pas de respecter les lois... ça devrait même y contribuer., Posté
Comme le pseudo l'indique, il est catastrophique pour quelqu'un prétendant s'y connaître en modèle à donner aux jeunes de ne pas être capable d'attendre les conclusions d'une enquête avant de s'ériger en mère la vertue. Si demain la justice venait ne serait-ce qu'à déclarer les torts partagés, je serions nous pas dans un cas de lynchage, de diffamation par un représentant du peuple, le tout dans une lettre ouverte?