Dans une lettre adressée, ce mardi, à l’ensemble des députés et sénateurs concernés, Martine Aubry appelle chaque parlementaire socialiste à démissionner de leur mandat exécutif local au plus tard en septembre, et ce, en vertu de la règle de non-cumul des mandats adoptée par le parti en 2010.
Concrètement, un député ou un sénateur ne peut plus cumuler ses fonctions avec un mandat de maire, d'adjoint au maire, de président de conseil régional, de conseil général, de communauté de communes ou encore de communauté urbaine dans les trois mois suivant son élection.
"Le Bureau national a souhaité inviter chaque parlementaire concerné à respecter l’engagement qu’il a pris lors de son investiture pour les élections sénatoriales ou législatives", écrit la première secrétaire du PS. Elle souligne que l’adoption d’une loi sur le non cumul des mandats, engagement du chef de l’État lors de sa campagne électorale, "ne saurait dispenser les socialistes d’appliquer leur engagement et d’être exemplaires".
À La Réunion, pour les députées Monique Orphé et Ericka Bareigts, cette question du cumul des mandats ne se pose plus. Ces dernières ont d'ores et déjà démissionné de leur poste d'adjointe à la mairie de Saint-Denis. Et ce, dès leur élection au Palais Bourbon.
"C’était un engagement que j’ai pris vis à vis de mon parti, des militants mais aussi de la population", explique Éricka Bareigts. Une totale disponibilité, indique-t-elle, en substance afin de "mieux porter la parole des Réunionnais sur toutes les réformes à l’Assemblée nationale".
Pour d’autres, le choix s’avère cornélien. Jean-Claude Fruteau choisira-t-il la mairie de Saint-Benoît ou son mandat de député ? La question reste entière. Sollicité par Imaz Press Réunion, le député-maire n’a pas donné suite à notre appel faute de "disponibilité".
S'il se dit "favorable" au non cumul, Jean-Jacques Vlody n'abandonnera pas, pour sa part, ses mandats de conseiller général du Tampon et de député avant 2014. Selon lui, dans la lettre de Martine Aubry, l'une des conditions sous-adjacentes à la démission d'un élu dans cette situation est de permettre à d'autres élus d'accéder à cette fonction élective. "Dans mon cas, cette condition n'était pas réunie. La majorité du conseil général étant composite, je risquerai de faire perdre au PS un poste de vice-président", explique-t-il. Jean-Jacques Vlody souligne ensuite qu'il ne s'est "pas engagé", contrairement à d'autres, au moment de sa candidature aux législatives, à renoncer à l'un de ses mandats. Par ailleurs, ayant en ligne de mire les municipales du Tampon dans deux ans, il affirme qu'il choisirait la mairie en cas d'élection.
En revanche, pour le député-maire de Saint-Joseph Patrick Lebreton, il est hors de question de lâcher les rennes de sa commune et encore moins son poste à l'Assemblée nationale. "Ma position reste inchangée. Je n'appliquerai cette règle que lorsqu'elle aura trouvé sa traduction législative et qu'elle s'imposera à tous. Avant cela, n'attendez pas que j'abandonne l'un des deux mandats que m'ont confié les électeurs. Je ne trahirai ni la confiance des Saint-Joséphois, ni celle des habitants de la 4ème circonscription. Je ne ferai aucun cadeau à mes adversaires de droite", termine-t-il.
À noter qu’en métropole, cette mesure suscite également les réticences. François Rebsamen, président du groupe socialiste au Sénat, a, en effet, déclaré son intention de cumuler son mandat de maire et de sénateur jusqu’en 2014.
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