Pour rappel, le projet de loi de Victorin Lurel pour lutter contre la vie chère dans les Outre-mers a été dévoilé le mercredi 5 septembre en conseil des ministres. Il permet, dans les grandes lignes, de "régler les dysfonctionnements du marché, de réprimer les accords exclusifs d’importation, de saisir l’autorité de la concurrence" ainsi que "renforcer les contrôles de concentration" et "donner du pouvoir à l’autorité de la concurrence dans le but de combattre les monopoles, oligopoles ou ententes".
Si Ibrahim Patel est plutôt "satisfait" de ce projet de loi, il n’a pas caché son inquiétude, ce vendredi. Le président de la CCIR dit "avoir peur" que le lobbying de la grande distribution qui existe depuis 50 ans dans l’île "fonctionne sur le gouvernement".
"Le président de la République ne doit pas céder au lobbying et doit gérer de manière équitable afin que tout le monde puisse travailler. Il ne doit pas non plus faire abstraction des 11 000 petits commerces au profit des 511 grandes entreprises", a-t-il expliqué.
Par ailleurs, Ibrahim Patel a également indiqué "avoir besoin de l’aide" du gouvernement pour que le projet de centrale d’achat de la CCIR aboutisse. L’objectif de cette centrale est de permettre aux petits commerçants alimentaires de s'approvisionner autrement et protéger ainsi le secteur de l'alimentaire de proximité, en difficulté depuis une dizaine d'années. "Nous avons pour projet de donner de la concurrence à tout le monde pour que les prix puissent baisser", a-t-il souligné.
Enfin, le président de la chambre consulaire n’a pas non plus manqué de s’insurger contre le Département qui, selon lui, en finançant les produits solidaires, a contribué à la baisse de 25% du chiffre d’affaires des petites entreprises. Il a souhaité que la collectivité fasse le même effort en terme de moyens pour la centrale d’achat.
Un courrier a été adressé au ministre des Outre-mers Victorin Lurel. "Il faut que le gouvernement réagisse", a conclu Ibrahim Patel.
www.ipreunion.com













