" Kosa larive anou dan nout Parti ", a demandé d’entrée de jeu Yvan Dejean (39 ans) , résumant le questionnement général qui a animé les " 12 semaines de travaux menés dans les nouvelles instances de la reconstruction ". Et d’y ajouter une question sans ambiguïté : " sommes-nous d’accord pour réaffirmer que nous voulons en finir avec la situation post-coloniale de notre pays ? ". Des propos auxquels a fait écho Firose Gador, jeune adjointe au maire du Port et suppléante de Pierre Vergès lors des dernières cantonales. " Si la situation est explosive aujourd’hui, qu’en sera-t-il demain ? " C’est encore une jeune femme, Julie Pontalba, qui a longuement énuméré les désormais traditionnelles propositions du PCR : autonomie énergétique, autosuffisance alimentaire, tram-train, et logements pour répondre à l’urgence sociale.
"Témoignages doit s'ouvrir au débat"
Elie Hoarau est revenu sur le rôle du Parti… avec une exhortation à retrouver des fondamentaux, tels que l’organisation en cellules — pour éviter l’expression unique — les moments de fraternité, tels que la fête de Témoignages, le versement des indemnités. Affirmation, aussi, de l’impératif de " transparence ", qui doit, selon le secrétaire général sortant, amener à des " autocritiques, et à dire quand les camarades ne respectent pas le versement des indemnités ". Le passage de témoin a été évoqué, par un conseil envers " ceux qui demain vont nous remplacer à la direction du Parti : évitez le manque de cohésion idéologique, ne reproduisez pas nos erreurs. Les anciens apporteront leur expérience ". Et d’appeler au débat et à la critique. Dans ce registre, Claude Hoarau n’a pas hésité à " détak la lang " : " Témoignages ", a-t-il déclaré, " vit sous le règne de la censure. Les reconstructeurs devront y mettre fin. Cela aussi fait partie de la reconstruction. "Une critique " fraternelle ", a précisé le maire de Saint-Louis, qui explique par son " attachement " au journal communiste sa volonté de le voir " s’ouvrir au débat ".
Luttes immédiates
C’est une jeune femme, Faaïza Ibrahim, qui a présenté les grandes lignes d’un " manifeste de la reconstruction ". Un document qui livre la vision internationale et interne du Parti communiste réunionnais, fondé sur " l’existence d’un peuple réunionnais ", solidaire des luttes des peuples du monde entier. Une réaffirmation des bases de 1959 complétée par une appel à la " célébration des 350 ans de peuplement de l’île ", adopté par l’assistance. Fabrice Hoarau est revenu sur les " luttes immédiates ", fustigeant " l’absurdité " du projet actuel de route littorale, et rappelant les engagements de François Hollande, qui, en tant que candidat, avait effectivement déclaré à Saint-Louis la nécessité de bâtir le Tram-train.
Un affirmation formulée, preuve à l’appui, lorsque le grand écran a diffusé un extrait de la visite de François Hollande, annonçant la remise sur les rails du projet phare des communistes…Le jeune dirigeant communiste est aussi revenu sur l’appel à une " conférence extraordinaire ", destinée à " envisager en bloc " les problèmes sociaux, économiques et environnementaux du pays. " Une conférence à Paris ne suffit pas " a-t-il martelé. Enfin, Fabrice Hoarau a rappelé l’enjeu du pacte budgétaire européen. Rappelant la participation du PCR au succès du " non " lors du referendum de 2005, il a annoncé que le PCR sera sur ce sujet " cohérent avec lui-même ", en faveur d’une " autre Europe, qui ne soit plus soumise à la finance et à la dictature des marchés financiers ".
Paul Vergès a clôturé la séance par un appel à un 8ème Congrès du PCR, qui devra se tenir dans " 6 mois ". Après l’habituel tour d’horizon de l’économie mondiale et des enjeux historiques, le fondateur du PCR a encore une fois exhorté les militants présents à comprendre le caractère décisif de la période. Un nouveau rappel de la situation de La Réunion en 1946 a permis à Paul Vergès d’établir un parallèle entre les missions qui attendent les militants. Construire l’autonomie énergétique qui " sauvera La Réunion ", et être responsables, à la différence, selon lui, des " élus socialistes, responsables du passage à droite de la Région ". Une tâche qui nécessite selon lui " l’ouverture du PCR à l’Alliance ", pour porter un " programme commun, construire notre économie, notre société et faire fleurir notre culture ". Un " Congrès des Réunionnais ", destiné à " clore une époque qui va de 1946 à 2013 ".













