Centre hospitalier de Mayotte :

Mamoudzou - Un médecin dénonce un système de soins dépassé


Publié / Actualisé
Dans un courrier envoyé à l'Agence régionale de santé, un médecin exprime sa grande inquiétude quant à la dégradation de l'accès aux soins au Centre hospitalier de Mayotte (CHM) à Mamoudzou. "Ceci n'est pas un courrier d'un médecin désespéré, c'est le courrier d'un médecin qui en conscience, a souhaité vous faire part de son expérience. Et si par malheur les choses se passaient mal, il ne sera pas dit que vous ne saviez pas", annonce-t-il.
Dans un courrier envoyé à l'Agence régionale de santé, un médecin exprime sa grande inquiétude quant à la dégradation de l'accès aux soins au Centre hospitalier de Mayotte (CHM) à Mamoudzou. "Ceci n'est pas un courrier d'un médecin désespéré, c'est le courrier d'un médecin qui en conscience, a souhaité vous faire part de son expérience. Et si par malheur les choses se passaient mal, il ne sera pas dit que vous ne saviez pas", annonce-t-il.

“L'hôpital de Mamoudzou dysfonctionne comme jamais nous l'aurions imaginé”. Dans un courrier, un médecin dresse un bilan catastrophique des conditions d’accès aux soins au Centre hospitalier de Mayotte à Mamoudzou. Un hôpital construit pour prendre en charge 213 000 habitants pour un territoire qui en compte près de 400 000. Les conditions se dégradent chaque jour davantage, témoigne-t-il. Début janvier, le sénateur Thani Mohamed Soilihi a obtenu de la ministre de la Santé, Marisol Touraine, 14 millions d’euros pour tenter d’endiguer les problèmes rencontrés par le CHM, en particulier dans son service périnatalité.

Le médecin énumère les principaux dysfonctionnements. “Les secrétariats sont défaillants. Les délais de consultations sont  proposés sans aucune logique avec la gravité des situations  médicales, chacun étant  submergé et faisant face comme il le peut. Chaque nouvel arrivant au CHM, au CV parfois surprenant, qu'il soit expérimenté ou pas, semble  juger de ses compétences, de son  organisation, de ses  désirs professionnels de   manière  quasi  autonome, sans aucune politique de santé globale. Les compétences manquent cruellement [...]”

Le personnel de l’établissement fait face à une saturation de l’accueil des patients. Syndicats et médecins pointent du doigt une pression migratoire avec un afflux de patients étrangers. “Les personnels sont épuisés, tant nerveusement que  physiquement. Une partie des médecins baisse les bras, l'autre partie est en burn-out, aboutissant à leur départ, on aimerait croire à une caricature…”, regrette le médecin.

“Les erreurs médicales deviennent de plus en plus voyantes et de moins en moins acceptées”, note le professionnel dans sa lettre. Ces derniers mois, plusieurs plaintes ont en effet été déposées suite à des décès inexpliqués. Dans un rapport, la Chambre Régionale des Comptes souligne elle aussi une qualité de soins dégradée au CHM.

Résultat : une partie de la clientèle mahoraise aisée émigre vers le reste du territoire français pour y trouver un service de soins et d’éducation correct pour leur famille. “Dans les dispensaires, 50 % des patients sont des clandestins et les autres ont des papiers depuis peu”, souligne le médecin.

Une couverture sanitaire dégradée qui commence également à peser sur le Centre hospitalier universitaire de Mayotte qui a terminé l’année 2015 avec un déficit de 12 millions d’euros, comme le rapporte le site Dom Tom News. Celui-ci offre en effet un appui régional au centre hospitalier de Mayotte.

www.ipreunion.com

   

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    2 Commentaire(s)

    Jo, Posté
    mayotte fait patie de l'archippel mais mayotte n'a jamais étais comorien. si ça te fais mal au coeur de voir les mahorais devient des français. demande à ton gouvernement de quitté l'ile amener avec vous tout les probleme avec vous. nous étions une tranquille et pesible nous voulons retrouvés tous ça. meme après votre depart mayotte ne sera pas comoriens, ancré tous ça votre tete.
    DOC, Posté
    Cette lettre n'est que la suite de la politique aveugle qui est menée à Mayotte, qui ne devrait pas être actuellement un département menais juste une collectivité territoriale. Devenue département par la grâce de Sarkozy, cette terre est comorienne depuis des siècles. La France devrait se contenter d'une large action humanitaire sur cette île, afin d'endiguer le nombre croissant de comoriens et autres africains qui débarquent sur l'île, il est plus qu'urgent d'établir un moratoire sur le droit du sol.
    Quand au manque de médecins, tous ceux qui ont une fois travaillés au CHM savent à quelle point l'administration est odieuse à l'encontre du corps médical, accueil déplorable , des logements insalubres, une véritable déconsidération pour ceux qui essaient de travailler correctement, résultat la plus part des médecins fuient le CHM des qu'ils le peuvent , quand à ceux qui restent leur entêtement pose question. Il suffit de consulter le registre des médecins et autres professions de soignants qui passe à Mayotte pour se pauser les bonnes questions.
    Ce n'est pas la première fois que la courre des comptes s'interroge sur le fonctionnement du CHM, cela veut dire que rien n'est jamais fait pour améliorer les choses ?