Le préfet a signé l'arrêté d'exploitation :

Ouvrons la carrière de Bois-Blanc, la roche ne viendra pas maintenant


Publié / Actualisé
Alors que le chantier de la Nouvelle Route du Littoral (NRL) a démarré en 2014, la course aux galets n'est toujours pas terminée. Ce lundi 31 juillet 2017, le préfet de La Réunion, fraîchement arrivé sur l'île, a signé l'arrêté d'ouverture d'exploitation de la carrière de Bois-Blanc à Saint-Leu. Une décision qui ne signifie cependant pas une accélération des travaux : les roches, enfouies à 40 mètres sous le sol, pourraient bien encore se faire désirer et le tronçon Grande Chaloupe - la Possession attendre encore longtemps avant d'être entamé...Et voila que se profile l'hypothèse d'une route livrée à moitié construite
Alors que le chantier de la Nouvelle Route du Littoral (NRL) a démarré en 2014, la course aux galets n'est toujours pas terminée. Ce lundi 31 juillet 2017, le préfet de La Réunion, fraîchement arrivé sur l'île, a signé l'arrêté d'ouverture d'exploitation de la carrière de Bois-Blanc à Saint-Leu. Une décision qui ne signifie cependant pas une accélération des travaux : les roches, enfouies à 40 mètres sous le sol, pourraient bien encore se faire désirer et le tronçon Grande Chaloupe - la Possession attendre encore longtemps avant d'être entamé...Et voila que se profile l'hypothèse d'une route livrée à moitié construite

 

Le bras de fer autour de la carrière de Bois-Blanc semble sur le point de toucher à sa fin. L’arrêté d’ouverture d’exploitation a été signé par le nouveau préfet de l’île ce lundi 31 juillet. Pour autant, les roches massives sont encore loin de pouvoir sortir de terre. Faute d’abord à des facteurs administratifs.

À partir de la publication du projet d’intérêt général (PIG), la commune de Saint-Leu a un mois pour y répondre et s’engager à faire évoluer son plan local d’urbanisme (PLU) et le mettre en conformité. Une hypothèse qui reste pour le moment dans les limbes : le député-maire de la commune, Thierry Robert, compte déposer un recours contre cet arrêté au tribunal administratif.

D’ailleurs, le recours peut tout aussi bien être déposé par un élu que par une collectivité ou une association. Dans tous les cas, l’évolution du PLU nécessite une enquête publique ainsi que toute une batterie de procédures administratives. À noter que, si le maire ne répond pas au préfet, ce dernier peut lui même décider de la mise en conformité du PLU. Le PIG reste surtout une procédure d’urgence, de manière à obliger les maires à changer leur PLU.

Dans un deuxième temps, le chantier en lui même ne pourra pas échapper à son calendrier. Les carottages qui avaient été effectués par un organisme indépendant et qui ont ensuite été plus ou moins confirmés par une autre batterie de tests ont prouvé que les roches massives se trouvaient à minimum à 40 mètres sous le sol.

Autrement dit, même si les machines commencent à creuser maintenant, la carrière ne devrait pas être exploitable avant plusieurs années. Selon des professionnels du bâtiment, deux ans devraient être nécessaires pour découvrir les galets. L’échéance de 2020, déjà largement dépassée, serait donc encore retardée, sans doute de quelques années. Ce qui laisse largement le temps au tronçon de route entre la Grande Chaloupe et Saint-Denis, déjà bien entamé, de se terminer.

- L'urgence devra encore attendre -

On pourrait ainsi finalement se diriger vers l’hypothèse d’une demi NRL : livrée à la bonne année, mais de moitié. Le tronçon Saint-Denis - Grande Chaloupe - construit à marche forcée - serait prêt mais les usagers seraient dans l’obligation de sortir au niveau de la Grande Chaloupe pour reprendre l’ancienne route.

La Région pourra toujours arguer quec’est sur cette portion que les éboulements se sont multipliés… sauf qu’en 2006, c’est bien de l’autre côté au niveau du PR2 qu’une chute de plusieurs tonnes de galets causait la mort de deux personnes. Pas de chance pour un des arguments sur lequel s’appuie l’arrêté préfectoral : "considérant que la sécurisation de la nouvelle route du littoral est une nécessité pour les 66 000 véhicules exposés quotidiennement sur la route actuelle à un important risque d’effondrement de la falaise les surplombant et aux effets de la houle". L’urgence devra très probablement attendre encore quelques années.

Pas sûr non plus que l’argument suivant qui confirme la "mise en valeur d’une ressource naturelle" plaise aux irréductibles du collectif Touche Pa Nou’ Roche. Des actions coup de poing devraient d’ailleurs être mises en place dans les prochains jours.

En sachant que, de l’avis de professionnels du bâtiment, la qualité des roches de Dioré à Saint-André ne serait pas irréprochable et qu’aux Lataniers, la quantité ne serait pas suffisante, tout se jouerait à Bois-Blanc. Mais pas maintenant. Et la question de se reposer : comment peut-on démarrer des travaux sans que la matière première soit disponible ? Surtout sur un projet aussi pharaonique que la NRL.

Nous avons demandé à la Région de nous éclairer sur tout cela. Nos mails de demandes de précisions sont restés sans réponse...

mp/www.ipreunion.com

   

3 Commentaire(s)

Rezgzreg, Posté
Dire qu'il y a des gens qui se réjouissent de cet hécatombe environnementale et sanitaire ! D'ici là, j'espère bien que la mer aura englouti ce projet débile et dévastateur de la NRL.
CHABAN, Posté
"" "" "" comment peut-on démarrer des travaux sans que la matière première soit disponible ? "" "" "" ""

Qui rendra des comptes pour ça !
Le scandaleux de l'histoire est là.
Aterla, Posté
Quel tristesse. Que d'argent dépensé pour si peu d'emplois... Une route SUR la corniche aurait été plus facile, plus rapide et plus sûre. Mais n'aurait-elle pas demandé d'expulser quelques riches propriétaires?
En attendant, désastre écologique sur dépenses pharaoniques. Hubris réunionnais, quand tu nous tiens...