40 personnes ont perdu la vie dans des accidents en 2017 :

Un mort par semaine sur les routes de La Réunion


Publié / Actualisé
Depuis le début de l'année 2017, 40 personnes ont perdu la vie dans des accidents de la route à La Réunion. Un chiffre alarmant : en 2016, il s'élevait à 31 sur la même période. Et ce, malgré la multiplication des contrôles de la part des forces de l'ordre. Gendarmes comme policiers constatent une même évolution dans la gravité des accidents et une augmentation du nombre de tués sur les routes. Le triptyque alcool, vitesse et stupéfiants se répète régulièrement, en dépit des contrôles routiers récurrents et annoncés.
Depuis le début de l'année 2017, 40 personnes ont perdu la vie dans des accidents de la route à La Réunion. Un chiffre alarmant : en 2016, il s'élevait à 31 sur la même période. Et ce, malgré la multiplication des contrôles de la part des forces de l'ordre. Gendarmes comme policiers constatent une même évolution dans la gravité des accidents et une augmentation du nombre de tués sur les routes. Le triptyque alcool, vitesse et stupéfiants se répète régulièrement, en dépit des contrôles routiers récurrents et annoncés.

 

"Accident mortel", "un piéton percuté", "une violente collision sur la route"… les faits divers liés au réseau routier s’enchaînent régulièrement sur l’île. À la fin du mois de septembre 2017, ils sont 40 à avoir perdu la vie lors d’un accident. Ce qui représente quasiment une victime par semaine.  Un chiffre alarmant, lorsqu’on le compare à celui de l’année précédente, qui s’élevait à 31 sur la même période.

Vitesse, alcool, stupéfiants : c’est le triptyque détonnant, note le commandant de gendarmerie Jourdhier. Le drame de Saint-André – où le conducteur roulait particulièrement vite - le rappelle, comme une marque au fer rouge. Et la vindicte populaire de s’insurger sur la présence et les actions des forces de l’ordre. Car s’il est de notoriété publique que les contrôles sont récurrents sur les routes de l’île, le nombre de permis retirés ou d’infractions constatées est généralement communiqué à l’issue du week-end.

Pourtant, les motards circulent quotidiennement sur les axes routiers du département. La gendarmerie recouvre 88 % du réseau routier et travaille sur les routes nationales, départementales et chemin vicinaux. Soit plus de 3000 kilomètres que sillonne l’escadron départemental de sécurité routière. L’objectif : intercepter les auteurs d’infractions graves et génératrices d’accident. "Le week-end, on a un pic de circulation.

Mais, tout au long de semaine, il y a des créneaux qui sont sensibles, comme le trajet entre le travail et le domicile où les gens sont parfois pressés et dans l’habitude. Ce qui peut conduire à des fautes de comportement" déplore le commandant Jourdhier. Selon lui, le nombre de permis retirés le week-end a parfois un aspect décourageant. Parce que "les gens le savent". Les gendarmes ne se cachent effectivement pas. Sur Saint-Gilles, par exemple, ils se placent généralement au même endroit depuis plusieurs années, à la sortie des boîtes de nuit. Et pourtant, plusieurs usagers sont en permanence contrôlés avec un taux d’alcool délictuel.

- "Le téléphone peut conduire à un motard par terre" -

L’usage du téléphone, qui peut parfois paraître anodin peut pourtant et parfois conduire à un drame : "c’est peut-être ce petit écart qui va conduire à un motard par terre" rappelle le capitaine de police Jean-Christophe Boubault. Selon lui, quatre ans plus tôt, les chiffres de l’insécurité routière étaient meilleurs : "là, on revient à des chiffres assez élevés, avec plus de 50 morts par an". Sur ce point, le commandant Jourdhier a quant à lui constaté "une évolution dans la gravité des accidents". Le nombre d’accidents reste sensiblement le même, le nombre de tués augmente.   

En dehors du volet répression, les forces de l’ordre développent également un côté prévention. Pour le commandant Jourdhier, cette prévention commence dès lors que les agents "sont sur le bord de la route". Une manière pour les hommes en bleu de rappeler qu’une réglementation existe et qu’elle doit être respectée. Une des fenêtres principales de la prévention s’ouvre également dans les établissements scolaires.

Et l’événement de Saint-André résonne particulièrement dans l’esprit du capitaine de police Boubault. "On a une parfaite collaboration avec le lycée Sarda Garriga, on intervient régulièrement pour faire des actions de prévention" souligne t-il. Un événement était d’ailleurs prévu dans l’établissement le 7 novembre. Les policiers présenteront le matériel utilisé lors des contrôles, tels que le radar mobile ou le curvomètre. Des échanges avec des élèves sont également programmés.

À noter que sur les 40 victimes d’accident depuis début 2017, 14 étaient des piétons. Une véritable problématique selon le commandant de gendarmerie Jourdhier et qui intervient parfois sur fond d’alcool. Un thème récurrent dans les interventions des forces de l’ordre, et pas seulement sur les routes. Conjugué à une culture de la vitesse, le cocktail est détonnant.

Même si du côté de la pousse, les choses semblent peu à peu s’améliorer. "Les voisins et commerçants ont constaté une baisse" assure le capitaine Boubault. Le nombre d’accidents reste néanmoins prédominant sur cet axe, surtout au niveau de la courbe de la Jamaïque. Certaines zones revêtent ainsi un aspect plus dangereux que d’autres, dès lors que les prescriptions de la réglementation ne sont pas respectées. La 4 voies de l’est ou le boulevard sud en font partie. En comparaison avec les autres départements de France, La Réunion ne se classe pas parmi les meilleurs élèves en terme de sécurité routière. En 2016, les accidents ont tué 50 personnes, en 2015, 51. En septembre 2017, le chiffre des victimes s’élève déjà à 40.

L’année n’est pas encore terminée et policiers comme gendarmes comptent multiplier les contrôles routiers. Car, termine le capitaine Boubault, "un décès, c’est toujours un de trop".

mp/www.ipreunion.com

 

   

3 Commentaire(s)

Jean, Posté
A Tit ' chose :

Il y a b
Beaucoup moins de probabilité de se faire bouffer par un requin, déjà parce qu'il y a moins de personnes se baignant, que de monde sur les routes !
Tit ' chose, Posté
Et en %combien tués par des requin ... moins dangereux de nager dans les zones autorisée que de conduire sur les routes de La Réunion ???
Jean, Posté
900.000 habitants, 40 morts, en pourcentage, ça nous donne 0.0044%, statistiquement c'est peu par rapport à ce que la pollution peut tuer.
Pourquoi tant d'acharnement à ce niveau, alors qu'ailleurs rien n'est fait?
Le fric sans aucun aucun doute !