Danger potentiel pour les consommateurs (actualisé) :

Ils volent les mangues vertes et les vendent jaunes sur les marchés


Publié / Actualisé
En raison d'un hiver trop chaud, la saison des mangues commence à peine. Si les mangues vertes, adorées en rougail se vendent déjà sur les étals, les variétés plus sucrées, - mangues Américaine et José - ont souffert d'une fleuraison tardive. A peine quelques fruits apparaissent sur les arbres que les pilleurs, souvent très organisés, dévalisent les exploitations, sans que l'agriculteur ne puisse y faire quoique ce soit. Récemment, c'est un verger du Port qui en a fait les frais, se voyant privé de 350 kilos de mangues José. Mais les mangues dérobées ne sont pas encore mûres et se vendraient difficilement sur les étals, si les malfrats n'usaient pas de produits chimiques pour refourguer leur marchandise.
En raison d'un hiver trop chaud, la saison des mangues commence à peine. Si les mangues vertes, adorées en rougail se vendent déjà sur les étals, les variétés plus sucrées, - mangues Américaine et José - ont souffert d'une fleuraison tardive. A peine quelques fruits apparaissent sur les arbres que les pilleurs, souvent très organisés, dévalisent les exploitations, sans que l'agriculteur ne puisse y faire quoique ce soit. Récemment, c'est un verger du Port qui en a fait les frais, se voyant privé de 350 kilos de mangues José. Mais les mangues dérobées ne sont pas encore mûres et se vendraient difficilement sur les étals, si les malfrats n'usaient pas de produits chimiques pour refourguer leur marchandise.

Il ne s'agit pas là d'un scandale lié à un pesticide, à l'instar du Glyphosate, défrayant la chronique ces dernières semaines. Si celui-ci est aussi considéré comme un pesticide, il est majoritairement utilisé comme régulateur de croissance : l'Ethrel imbibe ainsi les mangues volées pour que ces dernières mûrissement plus vite, ou presque. En effet, selon nos informations, les voleurs utiliseraient ce produit pour "déverdir" les mangues, avant de les vendre sur le marché forain. Ainsi, les fruits ont l'aspect d'un produit mûr et prêt à la consommation, mais de l'extérieur seulement. Outre le principe frauduleux, cette pratique pourrait avoir des conséquences sur la santé des consommateurs. L’Ethrel est un accélérateur de croissance des fruits, conçu par les laboratoires Bayer. Son principe actif est l’éthephon, un dérivé de l’éthylène qui accélère le mûrissement des fruits. Pommes, cerises, raison ou encore tabac sont régulièrement traités à l'Ethrel, qui facilite la récolte.

Lire aussi : Mauvaise saison pour les fruits : les letchis et les mangues vont manquer

Localement, le produit est couramment utilisé par les producteurs d’ananas victoria, pour qu’à la vente, les fruits péi arborent une couleur orangée parfaite. Son utilisation est donc légale sur notre territoire, bien que très encadrée par la législation européenne en la matière. Ses dosages et son mode d'utilisation sont donc stricts quant aux risques pour son utilisateur. Dans sa notice, le laboratoire est clair : "Ce produit est toxique pour les organismes aquatiques et les végétaux terrestres non ciblés.". Des risques pour la peau, les yeux ou les voies respiratoires sont à prévoir quand l'utilisation optimale du produit n'est pas respectée.

Dans les cultures, même problème. Si le produit se dégrade rapidement et ne reste pas concentré dans les sols, des traces peuvent par ailleurs être trouvées dans certains produits transformés, pour lesquelles l'Ethrel a été utilisé pour les cultiver, selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire. Les résidus sont présents malgré une utilisation drastiquement contrôlée. De même, le laboratoire Bayer interdit les producteurs de pulvériser le produit sur les fruits 35 jours avant leur récolte. Un délai largement transgressé par les voleurs de mangues à La Réunion.

- Un risque pour le consommateur -

Car, selon nos informations, les mangues dérobées dans les vergers réunionnais sont cueillies avec les tiges. Elles sont ensuite trempées trente minutes dans un mélange d'eau et d'Ethrel une fois cueillies, afin que les fruits encore verts, jaunissent et prennent la couleur de la maturité. Ces mangues se retrouvent alors sur les étals, la tige coupée avant d'être chargées pour les marchés forains. Le risque pour le consomateur est ainsi élevé, puisqu'il consomme un fruit pouvant contenir une quantité d'Ethrel supérieure à la limite autorisée, ainsi dangereuse pour la santé. Un effet hautement corrosif est d'ailleurs signalé par le laboratoire fabriquant, en cas de surdose sur les fruits ou à l'ingestion. De même, croyant acheter un fruit issue d'une agriculture respectant les normes en vigueur, le consommateur mangera finalement une mangue à l'apparence gourmande, n'ayant aucune saveur sucrée, le tout, sur le dos d'un producteur lesé par une bande de voleurs organisée. 

Si l'utilisation de l'Ethrel, et plus généralement celle de son principe actif est devenue courante, c'est avant tout  pour répondre aux codes du commerce européen, préférant les fruits "parfaits" à ceux ayant une apparence ou une couleur moins gouteûse en dépit de leurs vertus. Dans le même temps, une production accrue sera facilitée par l'usage de ce genre de produits. La question que l'on pourrait se poser, aux vues de ces éléments est la suivante : accélerer le mûrissement des fruits au détriment de leur cycle naturel, portant ainsi un risque pour la santé du consommateur, lui-même demandeur de fruits aux couleurs et à la taille "parfaites" n'est-il pas sous-estimer les pouvoirs de la nature ? Cette dernière n'a en tout cas aucun besoin d'utiliser de l'Ethrel pour faire des merveilles...

rb/jm/www.ipreunion.com

 

   

3 Commentaire(s)

Aterla, Posté
Ah quelle m...e ! Même les ananas? Quelle tromperie et quel empoisonnement pour celui qui consomme!
Dirdir, Posté
Est-ce qu'une plainte au pénal a été portée ? Est-ce que informer sans signaler n'est pas complicité ?
Jose, Posté
L'argent, c'est la priorité, la santé des gens, ils s'en contrefoutent !

Escrocs, ou psychopathes, un peu des deux sans doute !