Des documents accablent "le Patron" (actualisé) :

Bourbon Bois - Et si tout avait été prémédité....


Publié / Actualisé
Cotisations sociales impayées, double discours, mauvaise gestion, les ennuis s'accumulent pour Yvon Le Villain, celui que les salariés surnomment " le Patron ". Imaz Press s'est procuré plusieurs documents confidentiels qui prouvent que dès juin 2017, Yvon Le Villain veut fermer l'entreprise. Chose qu'il a toujours niée officiellement (parfois même avec véhémence) que ce soit auprès de la DIECCTE (la Direction des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l'Emploi), de la Préfecture, du Conseil régional mais aussi des opérateurs avec lesquels il travaille. Ces documents mettent aussi en lumière certains faits réalisés par Yvon Le Villain. Voici la chronique d'une fermeture programmée que les salariés essaient à tout prix d'éviter.
Cotisations sociales impayées, double discours, mauvaise gestion, les ennuis s'accumulent pour Yvon Le Villain, celui que les salariés surnomment " le Patron ". Imaz Press s'est procuré plusieurs documents confidentiels qui prouvent que dès juin 2017, Yvon Le Villain veut fermer l'entreprise. Chose qu'il a toujours niée officiellement (parfois même avec véhémence) que ce soit auprès de la DIECCTE (la Direction des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l'Emploi), de la Préfecture, du Conseil régional mais aussi des opérateurs avec lesquels il travaille. Ces documents mettent aussi en lumière certains faits réalisés par Yvon Le Villain. Voici la chronique d'une fermeture programmée que les salariés essaient à tout prix d'éviter.

C’est une histoire en plusieurs actes, digne d’un scénario de série B. Une histoire qui mêle gros sous, trahison, politique et pouvoir.

Yvan Le Villain, le double discours

Tout commence le 13 juin 2017. Un mail envoyé par Yvon Le Villain à des collaborateurs de la holding Tandem France SAS, qu’il a crée en 2013 et dont il est aujourd’hui actionnaire minoritaire. Dans ce mail, deux informations capitales : Yvon Le Villain confirme le fait que Bourbon Bois est viable : " Le Groupe Bourbon Bois SAS est une activité rentable ".

Et à demi mot, " le Patron " exprime déjà sa volonté de fermer l’entreprise " J’ai eu 70 ans en février 2017, et je dois penser à la sortie de mes affaires. Il est un fait que mes enfants, le GLV (ndlr le Groupe Le Vilain qu’Yvon Le Vilain a cédé à plusieurs membres de sa famille) n’envisage pas de prendre part à la gestion et au développement du Groupe. C’est le postulat.• GLV doit se dégager des exploitations pour le moins • Soit vendre Bourbon Bois SAS […] Il est donc sage pour GLV d’envisager une cessation de l’exploitation de La Réunion ".

En mars 2018, Yvon Le Villain rebondit sur l’annonce de la suppression de l’Allocation Logement Accession pour mettre son plan à exécution, 23 salariés de Bourbon Bois sont mis au chômage partiel. Les employés se mettent en grève et demandent à être reçus par le Préfet.

Le 04 avril 2018, "le Patron" est reçu par le secrétaire général pour les affaires générales (SGAR) qui cherche à comprendre la situation suite au mouvement social des salariés.

Quatre jours plus tard, Yvon Le Villain, qui aurait montré sa bonne foi et sa détermination à maintenir Bourbon Bois à flot devant le SGAR envoie un nouveau mail à ses collaborateurs de la Holding Tandem France SAS. L’objet est très clair : " fermeture de Bourbon Bois ". "Le Patron" explique la teneur de l’entretien avec le SGAR " à aucun moment il "(ndlr le SGAR) n’a laissé entrevoir une évolution sur la suppression de l’APL-Accession. Il n’a laissé transpirer aucun message. Il voulait prendre la température chez Bourbon Bois SAS, et la situation sociale à venir est sa seule préoccupation. Je prends aujourd’hui la décision interne, irrévocable, de fermer Bourbon Bois SAS à la fin 2018. J’accepte d’en assumer les conséquences ".

La Région débloque une enveloppe 

Le 18 mai 2018, dans un courrier, le SGAR explique qu’un dispositif de soutien temporaire du Conseil Régional " est en train d’être tracé ". Une subvention de 15 M€  permettrait ainsi de pallier la suppression de l’APL Accession et assurerait une activité minimale à Bourbon Bois pour 2018 et 2019.

Cinq jours plus tard, une réunion entre le SGAR, la Région, Bourbon Bois et d’autres opérateurs de la programmation en matière d’accession sociale à la propriété est organisée. Elle trace les contours de ce soutien financier de la Région et la répartition entre les différents acteurs. Pour Bourbon Bois, l’enveloppe est de 4,6 M€.

Ce soutien financier est confirmé par Didier Robert, le président de la Région le 4 juin 2018 dans un courrier. " Lors de la prochaine Assemblée plénière prévue le 22 juin 2018, je proposerai aux élus régionaux d’inscrire des crédits supplémentaires au budget 2018 représentant un engagement de la collectivité à hauteur de 15M€ ".

Le 18 juillet 2018, Réunion Habitat demande que Bourbon Bois lui transmette les dossiers en attente pour pouvoir lancer la machine étant donné que le soutien financier de la Région est acté. La réponse d’Yvon Le Villain est ferme : " Nous attendons un virement de la Région avant toute initiative de notre part "

Il avait déjà annoncé la couleur quelques jours auparavant à l’un de ses salariés qui demandait qu’une réunion soit mise en place pour gérer les urgences " pas d’accord, on ne bougera qu’avec un chèque de la Région […] entre temps, il n’y a pas d’urgence : on ne demande rien. "

" Le Patron " bloque les dossiers malgré la promesse de subvention de la Région. Il joue la montre, disent les salariés.

"Un siphonnage qui coûte cher"

Pendant ce temps là, la délégation unique du personnel (comité qui permet d'instituer des représentants uniques des salariés) se rend compte d’un certain nombre d’anomalies dans les comptes de l’entreprise " nous assistons à un siphonnage de trésorerie des filiales sans aucune prestation effective ". Yvon Le Villain facture ainsi des services de sa société Sancho System (un bureau d’études qui effectue des prestations techniques et informatiques) dont il est l’unique actionnaire à Bourbon Bois. Des factures qui s’élèvent à 597 106,40 € sur les six premiers mois de 2018, ça sentirait le conflit d'intérêt...

Pour enfoncer encore un peu plus le clou, la délégation unique du personnel s’aperçoit que plusieurs milliers d’euros de cotisations sociales ne sont pas payées.

Yvon Le Villain continue de nier et veut supprimer des postes

Yvon Le Vilain rencontre ensuite la délégation unique du personnel. Il souhaite mettre en place " un projet de restructuration et de compression des effectifs et de licenciement économique d’au moins 10 salariés ". Le patron veut licencier 43 des 62 salariés de l’entreprise sous un motif économique.

Le 11 septembre 2018, les employés de Bourbon Bois sont de nouveau en grève. Suite aux interrogations émises par certains élus et par la DIECCTE sur la bonne foi de Yvon Le Villain à vouloir sauver Bourbon Bois, " le Patron " envoie un courrier à la DIECCTE. Il explique les mesures engagées pour calmer l’incendie et termine son courrier ainsi " il est donc particulièrement inconvenant de votre part d’affirmer que nous souhaiterions cesser l’activité de Bourbon Bois alors que cette dernière fait face, seule, à une décision brutale de l’État la privant de 90% de son chiffre d’affaires ".

Une phrase qui deviendra son mantra. Dans un courrier envoyé quelques jours plus tard à la délégation unique du personnel : " concernant les éléments lus et véhiculés par la presse, je rappelle solennellement que je n’ai jamais eu à aucun moment la volonté de faire cesser l’activité de Bourbon Bois mais que ma volonté est de permettre la survie de celle-ci en lui permettant de s’adapter à cette situation difficile créée par la loi de finances pour 2018 ".

Aujourd’hui, le Plan de Sauvegarde de l’Emploi imaginé par Yvon Le Villain a été rejeté par les autorités. Un dossier sur la situation de l’entreprise a été transmis au Procureur de la République. Il faudra voir si le magistrat accédera à la demande principale des salariés de Bourbon Bois : qu’un administrateur provisoire soit nommé pour se substituer à la direction défaillante.

Et maintenant

Aujourd’hui, Yvon Le Villain semble avoir le pouvoir décisionnaire quant à l'avenir de Bourbon Bois. Juridiquement, son statut ne le permet pas. Yvon Le Villain n'est pas vraiment "le Patron", il est directeur délégué aux affaires courantes. Les décisions, ce sont les actionnaires, en l'occurence le Groupe Le Villain qui doit les prendre. 

Aucune procédure collective n’a été engagée par les salariés de Bourbon Bois.

Le mardi 25 septembre, la commission permanente de la Région a validé l’enveloppe de 15M€ " afin d’accompagner les 523 familles identifiées qui ont été privées d’une aide au logement du fait de la suppression de l’Allocation Logement Accession. "

Reste à savoir si Yvon Le Villain acceptera de donner les dossiers. Car à l’heure actuelle, les personnels qui gèrent les logements sociaux à Bourbon Bois ne peuvent pas accéder à ces dossiers.

Sollicité à plusieurs reprises, Yvon Le Villain n'a pas donné suite à nos demandes d'interview.

fh/www.ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

Nicol , Posté
Ôté sa lé voleur li la bloque nout dossier la lé bézé comment i fé
fout sa déhor don son poche lé plein
Laulo, Posté
Hahahaha le minable !
Illustration : Kwa Films

Kwa Films

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