Remaniement ministériel :

Agriculture, police, culture : "nous avons besoin d'actions, concrètes et rapides"


Publié / Actualisé
Il en a fallu du temps à Édouard Philippe et Emmanuel Macron pour composer un nouveau gouvernement. Le jeu des chaises musicales terminé, quinze jours plus tard, l'Elysée nous livre une liste toute fraîche : dans les grandes lignes, Christophe Castaner est nommé ministre de l'Intérieur en remplacement de Gérard Collomb, Didier Guillaume remplace Stéphane Travert comme ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, tandis que Franck Riester arrive au ministère de la Culture à la place de Françoise Nyssen. A La Réunion, place désormais à l'action. Ces nouveaux ministres sont attendus de pied ferme sur des dossiers aussi brûlants que tendus.
Il en a fallu du temps à Édouard Philippe et Emmanuel Macron pour composer un nouveau gouvernement. Le jeu des chaises musicales terminé, quinze jours plus tard, l'Elysée nous livre une liste toute fraîche : dans les grandes lignes, Christophe Castaner est nommé ministre de l'Intérieur en remplacement de Gérard Collomb, Didier Guillaume remplace Stéphane Travert comme ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, tandis que Franck Riester arrive au ministère de la Culture à la place de Françoise Nyssen. A La Réunion, place désormais à l'action. Ces nouveaux ministres sont attendus de pied ferme sur des dossiers aussi brûlants que tendus.

Agriculture : " On en est réellement à un seuil critique "

" Aujourd’hui la situation va être compliquée à redresser : le monde agricole est en souffrance, en métropole comme à La Réunion. " Le tableau que dresse d’emblée le président de la Chambre d’Agriculture Jean-Bernard Gonthier est guère réjouissant.  Didier Guillaume, ancien président du groupe socialiste au Sénat remplace donc Stéphane Travert, rue de Varenne. Il était pourtant retraité de la vie politique : il avait il y a tout juste 10 mois tirer sa révérence. Raté, le voilà de retour, ministre de l’agriculture. Un choix qui ne convainc pas Bruno Robert, président des Jeunes Agriculteurs : " Nous commençons le travail avec un ministre, et nous devons tout recommencer à zéro avec une nouvelle équipe, déplore-t-il. D’autant plus que Didier Guillaume avait annoncé sa retraite il y a peu… on peut s’interroger sur ses motivations. Je suis sceptique. "

Pour Jean-Bernard Gonthier, la priorité numéro un du nouveau ministre sera de prendre en main la filière canne. " On en est réellement à un seuil critique, c’est la plus mauvaise année de cette décennie. " Cette année, le tonnage s'annonce bien inférieur à celui de 2017 qui était 1,4 million. Les planteurs prévoient entre 880.000 et 900.000 tonnes de cannes pour l'usine de Bois-Rouge. " Entre la tempête Fakir, l’augmentation des charges et la succession des mauvaises années, les agriculteurs n’ont plus de fond de roulement, de trésorerie. Il se retrouvent étranglés " déplore Jean-Bernard Gonthier. " C’est le dossier le plus urgent, il nous faut des actions immédiates pour préparer la campagne 2019, " insiste-t-il. " Entre 200 et 300 d’agriculteurs risquent tout simplement de disparaître ! Nous avons concrètement besoin de mesures de relance pour les sinistrés. "
L’élevage ne va pas mieux, " le poulet, avec la concurrence étrangère, la filière bovine qu’il faut sauver. " Sans oublier le maraîchage, qui a subi trois tempêtes : " quand je vois des maraîchers qui n’ont pas encore rabâcher les serres : je me pose des questions ! " ajoute le président de la Chambre d’agriculture.

Police : " il nous faut une oreille attentive, quelqu’un qui met un plan d’action en place "

Près de deux semaines après la démission de Gérard Collomb du Ministère de l’Intérieur, un remplaçant est enfin officiellement nommé… Une attente longue, trop longue pour le syndicaliste Gilles Clain secrétaire national délégué de l’Unité SGP Police FO. " Il est désolant de voir qu’il a fallu plus de quinze jours pour lui trouver un remplaçant. C’est du jamais vu ! Cette attente laisse entendre un certain mépris envers les hommes et les femmes qui composent la police nationale.

" Christophe Castaner décroche le poste de ses rêves mais à peine installé Place Beauveau, Gilles Clain rappelle qu’il doit " se mettre immédiatement au travail. "  Idriss Rangassamy, secrétaire départemental Alliance Police Nationale 974  ajoute : " Nous avons besoin d’un ministre de  l’Intérieur qui défend les intérêts et qui entend les sollicitations des syndicats de police, il y a un ras-le-bol général. Il nous faut une oreille attentive, quelqu’un qui met un plan d’action en place " Pour le syndicaliste, " s’il veut qu’on le considère comme ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner doit prendre en main les problématiques de la Police nationale.

" Pour les deux syndicalistes, il y a de nombreux les dossiers urgents. " Les conditions de travail, le manque d’effectif, le manque de moyen, le matériel et qu’on protège les fonctionnaire de police qui se font de plus en plus agresser, résume Idriss Rangassamy. On ne veut pas du paraître dans ce ministre. " Et d’ajouter : " il n’est pas normal qu’on se retrouve à avoir un week-end toute les 4-5 semaines ! ".  Gilles Clain estime également qu’il " faut des locaux décents, je parle notamment du commissariat du Port. La Police des Frontières doit aussi avoir une antenne là bas pour pouvoir gérer les flux de touristes et de migrants qui arrivent désormais par bateaux. Il est urgent de la créer, nous la demandons depuis plusieurs années. "

Idriss Rangassamy considère aujourd’hui que le ministre démissionnaire Gérard Collomb n’a pas du tout assumé ses fonctions : " quand on voit la gestion de l’Affaire Benalla, on peut se demander s’il y avait vraiment un pilote dans l’avion ! " Gilles Clain est un peu moins sévère, jugeant simplement qu’il a lancé des chantiers sans les terminer : " Révision des cycles de travail, police de sécurité du quotidien… lancés mais pas achevés. Aujourd’hui nous voulons un ministre et une continuité d’action de l’Etat. " Christophe Castaner " a fait du forcing pour avoir le poste. Maintenant il l’a et pas pour faire joli je l’espère ! Il faut redonner à la police toutes ses lettres de noblesse, " termine Idriss Rangassamy.

Culture : vers la création d’un Centre national de la Musique ?

Le nouveau ministre de la Culture Franck Riester est spécialisé depuis une dizaine d’année dans les dossiers culturels. Devenu député en 2007, il a notamment été membre de la commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale et secrétaire national de l’UMP en charge de la communication. Franck Riester a également été rapporteur de la loi Hadopi, puis membre du collège de l’autorité de la lutte contre le piratage entre 2009 et 2015. Pour Jérôme Galabert, fondateur et organisateur du Festival Sakifo ce nouveau ministre connaît surtout très bien le monde de la musique pour avoir été en 2011, le co-auteur d’un rapport sur la création d’un Centre national de la Musique (CNM).

" C’est primordial est c’est une très bonne chose. Il s’est déjà prononcé favorablement à la création de ce CNM. " Jérôme Galabert salut la nomination de ce spécialiste : " le secteur de la musique génère énormément de retombés économiques, mais il n’est pas traité comme la filière audiovisuelle. Il y a un déséquilibre extrêmement important, voire gravissime. Je ne sais pas encore ce que va faire Franck Riester, mais je lui accorde un crédit vu qu’il s’est déjà prononcé dessus. "

Et d’ajouter : " au delà de l’aspect financier que représente ce CNM, c’est aussi la reconnaissance de la filière musicale et de sa capacité à gérer des fond : aujourd’hui les crédits d’impôts du cinéma sont gérer par le Centre national du Cinéma, ceux de la musique par…Bercy. Comme si nous n’étions pas capables. "

nt/www.ipreunion.com

   

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