[RÉTRO- PHOTOS/VIDEO]Des barrages aux revendications :

La Réunion - Seize jours d'un mouvement social sans précédent


Publié / Actualisé
Seize jours après le 17 novembre, les Gilets Jaunes sont toujours là, toujours sur les routes, toujours sur les barrages. Ils se sont coordonnés et leurs revendications ont été déposées et expliquées à la ministre des Outre-mer lors de sa visite sur l'île. Retour sur ces seize jours qui ont marqué La Réunion, retour sur la naissance d'un mouvement citoyen.
Seize jours après le 17 novembre, les Gilets Jaunes sont toujours là, toujours sur les routes, toujours sur les barrages. Ils se sont coordonnés et leurs revendications ont été déposées et expliquées à la ministre des Outre-mer lors de sa visite sur l'île. Retour sur ces seize jours qui ont marqué La Réunion, retour sur la naissance d'un mouvement citoyen.
  • JOUR 16 : dimanche 2 décembre

Nous sommes en live toute la journée pour suivre l'évolution de la mobilisation des gilets jaunes à la Réunion => Une journée calme à la Réunion, scènes de désolation à Paris

  • JOUR 15 : samedi 1er décembre

Samedi matin, nous avons eu un dernier contact avec la ministre Annick Girardin qui s'est une nouvelle fois adressé aux réunionnais via les médias présents sur place. Après quelques fermetures de commerces organisés par les gilets jaunes, la journée a été relativement calme sur les routes de l'île. A Paris, l'acte 3 de la mobilisation des gilets jaunes a viré au chaos. Violences, casses, incendies volontaires, la capitale se réveille avec la "gueule des mauvais jours", les politiques ont vivement condamnés les violences commises dans la capitale.

  • JOUR 14 : vendredi 30 novembre

Vendredi matin, la ministre se rendait dans l’Ouest, achevant sa tournée sur l’île. Elle a fait une première halte au Port-est, seul port marchant et poumon économique de La Réunion. Un arrêt qui n’était pas prévu au programme. Au contact direct avec les gilets jaunes, cette rencontre s’est faite et s’est achevée dans une ambiance plus que tendue. Annick Girardin a été exfiltrée par son service d’ordre et de protection. Elle a traversé une foule manifestant en colère, la huant et criant " Macron démission ".  Au départ du convoi, des personnes ont poursuivi les voitures.

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C'est la première fois depuis l’arrivée de la ministre à La Réunion qu'une rencontre avec les Gilets Jaunes est aussi tendue. Preuve que les annonces faites mercredi et jeudi ont non seulement pas satisfaits les manifestants et qu’elles les ont mis en colère.

Après le Port-est, la ministre s’est rendue à la sous-préfecture de Saint-Paul (Ouest de l’île) où elle devait rencontrer une délégation des Gilets Jaunes. C’est dans une cacophonie que des responsables ont été désignés par les manifestants pour s’adresser à Annick Girardin.

L'île reste paralysée avec plus d'une vingtaine de barrages sur les route. La situation économique est critique, selon un bilan chiffré établit entre le 26 et le 29 novembre à midi par la Chambre de Commerce et de l’Industrie Réunionnaise (CCIR) : " la perte estimée pour l’ensemble des entreprises réunionnaises sur dix jours est comprise entre 500 et 600 millions d’euros. " Elle précise également que " près  de 8.750 salariés (sont) impactés. "

  • JOUR 13 : jeudi 29 novembre

Les gilets jaunes en sont à leur treizième journée de mobilisation jeudi 29 novembre. Les premières annonces de la ministre Annick Girardin faites mercredi n'aura pas calmé le mouvement...

Tout au long de cette journée, la ministre des Outre-mer s'est déplacée dans l'est et le sud. Elle a dialogué avec des gilets jaunes déçus de ses annonces sociales de la veille. A Saint-Pierre, des tensions sont apparues : devant la sous-préfecture, des manifestants ont forcé le portail du bâtiment avant d’être repoussés par les forces de l’ordre.

La ministre est allée à leur contact. A l’aide un mégaphone elle a renouvelé sa volonté d’agir pour la population : "soit vous voulez que je vous écoute, soit vous ne voulez pas discuter avec moi et je le respecterai."

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Jeudi,  le Plan Blanc, un dispositif de crise, mis en place pour répondre à un afflux de patients ou faire face à une situation sanitaire exceptionnelle a été activé par l’Agence de Santé Océan Indien (ARS) à compter de mercredi.

Très attendue sur ses nouvelles annonces sur l'emploi, le logement et le volet économique, la ministre ne surprend pas.. Hormis l'annonce de 1 000 contrats aidés supplémentaires à signer d'ici la fin de l'année et de la création pour les entreprises d'une zone franche d'activité sur toute l'île avec un taux d'imposition de 7% pour les entreprises, il n'y a rien de nouveau...

Le soir, la ministre a invité les parlementaires réunionnais à une réunion de travail en Préfecture. Une invitation déclinée par six d'entre eux : seuls Nathalie Bassire, Nadia Ramassamy et Jean-Hugues Ratenon étaient présents.

  • JOUR 12 : mercredi 28 novembre

Annick Girardin, ministre des Outre-mer est arrivée à La Réunion ce mercredi matin 28 novembre 2018. Les gilets jaunes l'attendaient dès la sortie de l'aéroport pour lui faire entendre leurs revendications. Ils ont promi sur tout le territoire, un black-out total :

A Gillot, la ministre rencontre les Gilets Jaunes : "la Réunion est une fille de la République, et je l'aime comme tous les autres territoire de l'Outre-mer je suis comme vous une ultra marine, si vous me laissez passer j'irai à l a rencontre de chacun d'entre-vous".

En Préfecture, Annick Girardin rencontre pendant trois heures des représentants des gilets jaunes. Ils exposent leur revendications, un par un. La ministre prend des notes, écoute, répond parfois.

Ces rencontres avec la ministre des Outre-mer n'ont pas contenté les manifestants. Les échanges ont été nombreux mais n'ont pas forcément convaincus. Annick Girardin n'a apporté que très peu de réponses. Elle veut prendre le temps de rencontrer et d'entendre le plus de monde possible.

Le soir, les annonces de la ministre ont déçues : des mesures de soutien aux enfants, aux familles les plus modestes et aux jeunes les plus éloignés de l'emploi... Des promesses réchauffées déjà servies par le président Macron en septembre dernier dans le Plan Pauvreté. Rien de nouveau pour les précaires, rien de neuf pour les classes moyennes.

  • JOUR 11 : mardi 27 novembre

Après une grande journée de blocage lundi, à la demande d'Annick Girardin, le préfet a annoncé une baisse des prix du carburant.

On entre dans la onzième journée de mobilisation pour les gilets jaunes, à la veille de l'arrivée de la ministre des Outre-mer à La Réunion.

Sur les barrages, le préfet a durci le ton, les barrages situés sur les axes routiers les plus importants sont systématiquement levés. Mais les gilets jaunes restent déterminés dans leur lutte contre la cherté du coût la vie, l'humiliation et le sentiment d'abandon.

La représentante du gouvernement a promis de faire des annonces concernant les prix et l'emploi, elle a aussi dit qu'elle irait à la rencontre de tous les gilets jaunes. En début d'après-midi interviewée en direct de Paris par France Info elle a déclaré : "je n'ai pas sous estimé la colère des Réunionnais".

En milieu d'après-midi, les forces de l'ordre étaient déjà intervenues sur les barrages de la Rivière Saint-Louis et de Saint-André.

Les gendarmes de la brigade mobile sont en intervention sur les barrages du rond-point et de l'échangeur de Gillot et sur celui de l'entrée Ouest de La Route du Littoral. Des affrontements entre forces de l'ordre et manifestants ont éclaté. Jets de projectiles, feux, gaz lacrymogène, les automobilistes coincés dans le secteur mais tenus à distance par les gendarmes assistent médusés à ces scènes. A La Possession, les affrontements se terminent vers 4 heures du matin... La Route du littoral restera fermée toute la journée du mercredi.

  • JOUR 10 : lundi 26 novembre

Lundi 26 novembre, il y avait près de 40 barrages sur les routes... un record ! Les Gilets Jaunes l’ont dit ils ne "lâcheront rien." Les deux points stratégiques, le barrage de Gillot pour l’aéroport et le Port-est où transit les marchandises sont tenus.

Du côté des communes, certaines rouvrent leurs services. Dans les écoles et les établissements scolaires, la reprise est progressive : seul le personnel est "invité à reprendre leurs postes". Pour les élèves, il faut encore attendre…

  • JOUR 9 : dimanche 25 novembre

La journée a été très calme, seul une dizaine de barrages sont signalés. L’ambiance est plutôt à la fête.

Certaines stations-services sont ravitaillées mais les automobilistes doivent parfois attendre de longues minutes. Même constat dans les supermarchés où les étagères se vident.

  • JOUR 8 : samedi 24 novembre

Les gilets jaunes étaient des milliers rassemblés le matin dans le Jardin de Préfecture quand pour la première fois depuis le début du mouvement citoyen, le préfet Amaury de Saint-Quentin est allé au contact direct des manifestants. Un dialogue d'une demi heure s'est instauré.

Une partie des gilets jaunes s'est ensuite rendue au Port. Dans la ville de l'Est, l'ambiance était détendue et bon enfant. Maloya et pique-nique créole étaient au rendez-vous.

Les manifestants ont ensuite entamé une longue marche pacifique vers la SRPP. Ils ont été dispersés à coup de gaz lacrymogène lancés par les forces de l'ordre... Le calme est ensuite vite revenu.

  • JOUR 7 : vendredi 23 novembre

Toujours au moins une vingtaine de barrages recensés sur l'île. Les gilets jaunes les lèvent avant 21h pour respecter le couvre feu instauré par le préfet le mardi 20 novembre. A la nuit tombée, plusieurs incidents mineurs éclatent dans le département. Des violences urbaines non liées au mouvement des gilets jaunes. Magasins pillés, vandalisés, incendiés...

De son côté, le préfet a décidé de reconduire le couvre feu qui avait pris fin ce vendredi matin jusqu'à dimanche matin.

Le rond-point de Port-est est toujours tenu, point stratégique car c'est le poumon économique de l'île, c'est pas là que transite les marchandises :

Les gilets jaunes, eux, poursuivent leur mouvement, les revendications de chaque cellule sont en train d'être recueillies sur les sites de tous les blocages pour, ensuite, être transmises au préfet. Dans le jardin de la Préfecture, une véritable cacophonie règne : ils n'arrivent pas à se coordonner :

Et certains ne sont pas d'accord :

  • JOUR 6 : jeudi 22 novembre

La journée du jeudi 22 novembre a été marquée par une marée jaune sur le barrage de Gillot. L'ambiance était bon enfant, avec du Mayola, des Marseillaises et des mains levées.

Les gendarmes venus déloger les manifestants ont dû reculer :

  • JOUR 5 : mercredi 21 novembre

Ce mercredi 21 novembre dans la journée, plusieurs affrontements ont éclaté entre forces de l'ordre et manifestants. Au Port, au rond-point Citronnelle, gendarmes et policiers ont fait face à plusieurs centaines de personnes venus en découdre. Bombes lacrymogènes contre jets de galets, une situation explosive qui a duré plus d'une heure.

Plus tôt dans la journée, les forces de l'ordre ont levé le barrage en place devant la SRPP depuis plusieurs jours. Là encore, des échauffourées se sont produits.

Les forces de l'ordre voulaient reprendre le contrôle de la SRPP : où transite les carburants de toute l'île de La Réunion.

Depuis le début du mouvement le samedi 17 Novembre, 108 personnes ont été interpellées pour des violences et une trentaine de policiers et gendarmes ont été blessés.

  • JOUR 4 : mardi 20 novembre

Le préfet a décrété un couvre-feu de 21h à 6h pour 12 des 24 communes de l'île. La décision à été prise au quatrième jour de barrage qui paralyse La Réunion ce mardi 20 novembre 2018.

Les écoles, collèges, lycées, universités sont fermés, certaines administrations et les services publics sont paralysés. L'aéroport Roland Garros sera fermé a 18h ce mardi.

Le plan ORSEC hydrocarbure est déclenché.

La nuit dernière, la violence a encore explosé dans plusieurs villes. Les renforts de forces de l'ordre demandés par la Préfecture ont commencé à arriver.

  • JOUR 3 : lundi 19 novembre

Le mouvement citoyen des gilets jaunes se poursuit, en force ce lundi 19 novembre pour la troisième journée consécutive. Au moins trente-deux barrages sont recensés à 15h : routes, ronds-points, centres commerciaux. Les manifestants parlent de "paralyser l'économie réunionnaise".

Le tout après une nouvelle nuit de violences urbaines où quatre gendarmes ont été blessés. La grogne est forte, les gilets jaunes ne veulent rien lâcher. Elle n'est pas uniquement dirigée contre la hausse des prix des carburants : il y a aussi la vie la chère et le dégoût d'une classe politique méprisante. Nous sommes en live toute la journée.

  • JOUR 2 : dimanche 18 novembre

Deuxième jour de blocage... et la mobiilistation est toujours forte alors qu'elle baisse en métropole. Dimanche 18 novembre, La Réunion se réveille tout doucement et déjà des embouteillages, certains barrages n'ont pas été levés, celui de du rond-point de l'aéroport de Gillot par exemple. La mobilisation citoyenne est peu structurée, apolitique, sans leader, partie des réseaux sociaux...

24 interpellations ont eu lieu la nuit nuit. 166 incendies ont été recensés. 

  • JOUR 1 : samedi 17 novembre

Le Jour J, les blocages ont commencé tôt ce matin entre 5h et 6h du matin. Partout dans l'île, les gilets jaunes sont mobilisés. Ils mettent La Réunion à l'arrêt.

La journée commence pour les gilets jaunes. Une forte mobilisation, plusieurs points névralgiques bloqués par les manifestants. Hausse du prix du carburant, vie chère, baisse du pouvoir d'achat, des retraites et surtout un mépris total de l'éxecutif. Voici les revendications des gilets jaunes. Des revendications que des réunionnais font entendre aux quatre coins de l'île.

La Route du Littoral bloquée durant plusieurs heures, ça n'était pas arrivé depuis 2006 !

Une nuit de violences urbaines, à l’image de celle d’Halloween, c’est ce que redoutaient les autorités et bon nombre de réunionnais. Et ça n’a pas manqué. À peine la nuit tombée, les témoignages affluent.

Feux de poubelles, vols, rackets, intimidation, menaces, les gilets jaunes ont levé le camps mais des jeunes particulièrement agressifs viennent semer le chaos.

www.ipreunion.com

   

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