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Gilets jaunes : c'est tendu et ça va (forcément) durer


Publié / Actualisé
La semaine a mal commencé pour plusieurs centaines d'automobilistes. Des barrages sur les principaux axes routiers de l'île, des actions coup de poing coordonnées dans le Sud, l'Ouest, le Nord et l'Est de l'île. Les Gilets jaunes sont de retour sur les routes, plus déterminés et surtout plus organisés que jamais. Bonne ou mauvaise nouvelle ? Là, n'est pas la question, il fallait s'y attendre. (Photo d'illustration - rb/www.ipreunion.com)
La semaine a mal commencé pour plusieurs centaines d'automobilistes. Des barrages sur les principaux axes routiers de l'île, des actions coup de poing coordonnées dans le Sud, l'Ouest, le Nord et l'Est de l'île. Les Gilets jaunes sont de retour sur les routes, plus déterminés et surtout plus organisés que jamais. Bonne ou mauvaise nouvelle ? Là, n'est pas la question, il fallait s'y attendre. (Photo d'illustration - rb/www.ipreunion.com)

Les Gilets jaunes n’en ont pas fini. Tant que les réponses apportées par le gouvernement et la classe politique locale ne les satisferont pas, ils continueront à se mobiliser. Les protestataires sont évasifs, ils ne veulent pas gâcher l’effet de surprise mais il faut s’attendre à des opérations coup de poing ces prochains jours. Comment seront-elles menées ? Comment seront-elles accueillies ?

Un lundi galère

Les contestataires ont repris du service et ils ont frappé fort. Un barrage à Gillot (Saint-Marie), un autre à Cambaie (Saint-Paul), un à Bel-Air (Saint-Louis), le rond-point du Boulevard Bank (Saint-Pierre) bloqué, et la quatre voies au niveau de la Cocoteraie (Saint-André) aussi. Des points névralgiques et stratégiques à la merci d’une poignée de Gilets jaunes. Conséquence, plusieurs dizaines de kilomètres de bouchon cumulés. Garfiel n’aime pas les lundis, les Réunionnais encore moins.

Gilets jaunes versus automobilistes en colère

Les Gilets jaunes parlent de " barrages filtrants ", les usagers de la route de " prise d’otage ". Les actions de ce lundi 4 mars ont fait leur petit effet, elles ont pris tout le monde de court. Le mouvement contestataire affirmait pourtant ne plus vouloir bloquer les routes… L’opinion publique est de moins en moins solidaire du mouvement et cela crée des tensions. Le risque, c’est de voir des événements dramatiques comme " l’épisode Tupic " qui s’était passé au plus fort des blocages devenir plus fréquents. Car les Réunionnais ne savent plus sur quel pied danser et commencent à en avoir assez.

Les mots se font de plus en plus durs, la critique de plus en plus facile. Les détracteurs du mouvement ne se cachent plus et un profil type du Gilet jaune erroné et stéréotypé est dressé: un chômeur bénéficiaire des minima sociaux, qui, pour occuper son temps, bloque des routes juste pour le plaisir d’embêter la population, ces honnêtes travailleurs qui se rendent au boulot aux aurores.

Ils bloquent différemment 

Cette exaspération, les Gilets jaunes la comprennent mais ces blocages leur semblent être le meilleur moyen de se faire entendre. Ils ont même décider de durcir leur méthode, en déchargeant plusieurs kilos de gravats sur la chaussée, comme ils l’avaient fait le 28 janvier dernier avec du charbon à l’entrée Ouest de la Route du littoral.

Lire aussi : Un camion de charbon a déversé son chargement sur les deux voies de circulation

Les Gilets jaunes face aux forces de l'ordre

Une méthode qui n’est pas anodine, car les Gilets jaunes le savent, les forces de l’ordre ont une consigne claire : tolérance zéro, les barrages doivent être levés le plus rapidement possible. Décharger des gravats sur la chaussée permet aux Gilets jaunes de continuer à bloquer même s’ils ne sont plus sur place. Mais là encore, cela crée des situations à risques. Les relations entre manifestants et forces de l’ordre sont de plus en plus tendues. La semaine dernière, le mercredi 27 février, un Gilet jaune était interpellé et placé en garde à vue au commissariat de Saint-André. Même scénario ce lundi 4 mars. Les deux contestataires accusés d’outrage à agent pour l'un et d'entrave à la circulation pour l'autre, ont été relâchés quelques heures après leur interpellation. Mais ces événements créent de l’animosité de la part des Gilets jaunes envers les forces de l’ordre.

Lire aussi : Saint-André : libération du Gilet jaune interpellé, il sera convoqué prochainement au tribunal

Des blessés

Ce lundi 4 mars, les forces de l’ordre n’ont pas eu de mal à lever la majorité des barrages. Mais celui de la Cocoteraie a posé problème, des échauffourées ont éclaté, les policiers ont dû faire usage de gaz lacrymogène. Carole, Gilet jaune de la première heure en a ingurgité, suite à cela, elle a dû être évacuée à l’hôpital. La jeune femme est sortie rapidement. Mais le risque, c’est que l’on passe de l’incident à l’accident. Ce qui pourrait déjà être le cas, en novembre dernier, trois Gilets jaunes auraient été éborgnés par des tirs de lanceur de balle de défense.

Les Gilets jaunes s’arrêteront-ils ?

S’ils n’obtiennent pas gain de cause, non. Les Gilets jaunes sont déterminés. Ils se sentent floués, les mesures annoncées par la ministre des Outre-mer ne se sont pas réalisées à échéance, le conseil consultatif mis en place par la Région est un échec tout comme les rencontres entre les Gilets jaunes et les différentes collectivités et municipalités. Rien de concret n’est sorti de tout cela. Les Gilets jaunes sont plus que jamais déçus de la classe politique locale et nationale. En rajoutant à cela la vie toujours aussi chère… L’augmentation du prix du carburant au 1er mars a été le camouflet ultime d’où ce regain de la mobilisation ce lundi 4 mars.

Une sortie de crise envisageable ?

Difficile à prédire. S’il doit y avoir une sortie de crise, elle se fera sans doute au forceps. Annick Girardin devrait être en visite dans l’île ce mois-ci sans doute accompagnée du Premier ministre. Mais les Gilets jaunes n’ont plus confiance, les beaux discours de la ministre ne feront sans doute pas le même effet que lors de sa dernière visite. Les Gilets jaunes attendent des réponses concrètes et surtout des actes. Mais quelle est la marge de manoeuvre du gouvernement sur la question ? Certainement infime sinon la France serait sortie de la crise Gilets jaunes il y a bien longtemps…

fh/www.ipreunion.com

   

10 Commentaire(s)

Kréool, Posté
MERCI pour cet article OBJECTIF sans parti pris !!! Merci de faire transparaître le sentiment de la population, comme celui des gilets jaunes et l'absence de réponse symbolique et salutaire du gouvernement !!
Marc974, Posté
Imazpress a gauche qui soutient les gilets c'est scandaleux et logique
Ti caf bord mer, Posté
Il faudrai non seulement pour sauver la réunion et les autres outres mer du coma social un plan Marshall arrêtons les mesurettes nous vivons dans une nation riche meilleur répartition des richesses et abolir les privileges
Lol, Posté
Je suis au chomage à cause de vos blocages de décembre 2018, bande de féler.
Sceptique, Posté
Ils ne savent pas ce qu'ils veulent. ils crient que la vie l'est chère, et ils ont les smartphones dernier cri, , ils font des fêtes à n'en plus finir les week end.... En métropole le GJ c'est vraiment celui qui n'a rien même s'il travaille et qui bouffe une boite de cassoulet les jours de fetes. eux sont méritants les GJ d'ici sont des agitateurs ventre bien plein...
Paul Mc Watson, depuis son mobile, Posté
Ce ne sont pas les automobilistes qui sont responsables de la vie chère. A cause de ce mouvement dont je comprends les raisons, des entreprises' des employés sont devenues des victimes innocentes, car l'économie de ces petites entreprises a tellement souffert qu'elles ont dÃ" fermer, avec des chÃ'meurs en plus. C'est la grande distribution, ses marges indécentes, ses ententes illicites, ses coups fourrés qui en sont la cause. Il faudrait, s'il vous plaît sans violence ni exactions, BLOQUER LES SUPERMARCHÉS, LES CONCESSIONS, les empêchant de nous tondre la laine sur les dos, TOUT EN OBLIGEANT POUR DE BON LES AUTORITÉS À RÉUNIR CES GROS ZOZOS, RÉUNIONNAIS, ANTILLAIS, KARANES ET AUTRES, AFIN DE LEUR ENJOINDRE D'ARRÊTER DE NOUS PRENDRE POUR DES VACHES A LAIT. OU ALORS, C'EST QU'ILS SONT COMPLICES. ET NOUS AVONS ICI DES BROCHETTES D'ÉLUS QUI S'OCTROIENT DES DROITS, QUI FONT DU VENT, QUI NOUS GRUGENT AVEC DES SOURIRES DE CIRCONSTANCE, EH BIEN EUX AUSSI QU'ILS AIENT UN PEU D'ÉTHIQUE... ET SOIENT PUNIS QUAND ILS FINT DES C...
Eric, Posté
Ah oui ?? Les gilets jaunes de métropole sont assez intelligent pour manifester que le week end pour ne pas pénaliser les citoyens. Les gj de la réunion sont des crétins illettrés et à la merci des politiques. Qui soutien encore cette poignée de voyous ? Ils ont veulent faire changer les chose en prenant en otage les réunionnais. Stop à ce mouvement qui est devenu un parasite. Ils s'auto proclamernt sauveur du peuple maison on leur a rien demandé.
La colere, Posté
L'opinion pas favorable aux mouvements des gilets jaunes ? C'est une plaisanterie.... ??" Il faut surtout bloquer Saint Denis et le port on ne lâche rien et bravo aux courageux de nous représenter pour sauver la vie de nos enfants et petits enfants pour sauvegarder le service public et réformer en profondeur la classe politique et ses priviléges mirobolants
Vive la 6zme république vive le RIC
Rive Sud, Posté
C'ets bien beau tout ça mais que veulent ils ?
La baisse de la vie chère ? Ca ne se fait pas en claquant des doigts et 11000kms d'éloignement resteront 11000kms, tout comme un marché de 850000 habitants pèsera toujours moins que des marchés de 500 millions ou 1 milliards de personne.
De plus les prix sont librement fixés en Europe, en France et à La Réunion, c'est ce qui permet notamment aux travailleurs réunionnais d'avoir un emploi.
Le conseil décisionnel ? Qui sont ils pour décider ainsi pour 850000 réunionnais ? Sont ils élus par les réunionnais ? Qui représentent ils vraiment si ce n'est eux même ?
La fin de l'énergie pas chère est connue depuis des décennies, on est en plein dedans. Ainsi va la vie.
Nexozz974, Posté
Tiembo nous largue pas !!