Selon les syndicats de police de l'île :

Mesures anti-casseurs : un "effet d'annonce"


Publié / Actualisé
Après l'échec cuisant qu'a été la manifestation du 16 mars pour les forces de l'ordre et le gouvernement, Edouard Philippe annonçait ce lundi de nouvelles mesures afin de ne pas reproduire la même erreur. Des mesures qui ne convainquent qu'à moitié les syndicats à La Réunion.
Après l'échec cuisant qu'a été la manifestation du 16 mars pour les forces de l'ordre et le gouvernement, Edouard Philippe annonçait ce lundi de nouvelles mesures afin de ne pas reproduire la même erreur. Des mesures qui ne convainquent qu'à moitié les syndicats à La Réunion.

Le Premier ministre Edouard Philippe l’annonçait lundi 18 mars : la répression anti-casseurs va largement se durcir. On peut notamment citer comme mesures phares l’interdiction de manifestations " Gilets jaunes " en cas de présence d’ultras dans certaines zones, une autonomie accrue des forces de l’ordre sur le terrain, ou encore de nouveaux équipements pour ces dernières (drones, produits marquants, etc).

Pour le secrétaire réunionnais du syndicat Unité SGP Police FO, Gilles Clain, la nouvelle est plus que bienvenue. " Enfin ! " réagi-t-il simplement. S’il est d’avis que le discours n’est en réalité qu’un " effet d’annonce ", il salue tout de même les nouvelles responsabilités qui vont être incombées aux forces de l’ordre. " Nous le disons depuis le début des manifestations : les technocrates ne sont pas qualifiés pour mettre en place une stratégie efficace, développe-t-il, c’est aux spécialistes du terrain de le faire, et nous allons enfin pouvoir mettre notre expertise en place ".

Idriss Rangassamy, secrétaire d’Alliance Police nationale 974, partage la même vision. " Ces annonces sont de la poudre aux yeux, mais elles sont tout de même les bienvenues concernant la nouvelle gestion des ordres sur le terrain, explique-t-il, l’ordre hiérarchique bloquait toute capacité des forces de l’ordre de répondre efficacement contre les violences ".

Reconnaître les ultras ?

La question de l’identification des ultras reste cependant épineuse. Comment reconnaître un manifestant d’un " ultra " ? Gilles Clain l’admet, la tâche est loin d’être facile : " Nous connaissons leur visage, mais la plupart des manifestants sont de toute façon masqués, donc non-reconnaissables, explique-t-il, mais avec les nouvelles mesures, nous allons pouvoir faire plus de prévention ". Comprendre que les contrôles entourant les manifestations seront bien plus encadrés, plus nombreux, et que les arrestations préventives seront de mise.

" Nous avons de toute façon une liste de personnes fichées à La Réunion, que ce soit pour leur appartenance à une mouvance politique ou tout simplement des faits de violence en manifestation, développe Idriss Rangassamy, si elles sont contrôlées en marge des manifestations, nous pourrons les exfiltrer ".

Mais ces annonces serviront-elles vraiment à calmer les ardeurs des manifestants ? " L’interdiction de se masquer le visage en manifestation existe depuis bien longtemps, ça ne les a jamais empêchés de le faire, souligne Gilles Clain, l’unique différence ici est notre plus grande marge de manœuvre sur le terrain ".

" Je ne suis personnellement pas convaincu de l’efficacité de ces nouvelles mesures, mais j’imagine que cela se vérifiera lors de la prochaine manifestation " indique, lui, Idriss Rangassamy.

Les arrestations devraient en tout cas encore se multiplier si les violences ne diminuent pas. Et ces nouvelles mesures, que beaucoup décrient comme une atteinte à la liberté de manifester, ne devraient peut-être pas arranger les tensions.

as/www.ipreunion.com

   

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Illustration : Kwa Films

Kwa Films

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