La métropole aussi est concernée :

Qualité des soins en Outre-mer : ça va encore plus mal !


Publié / Actualisé
La qualité des soins continue de dégringoler en 2019 : un constat observable à la fois à l'échelle nationale qu'en Outre-mer, d'après une étude réalisée par Egora, un site d'informations médicales. Déjà jugée comme moyenne lors du précédent baromètre effectué en 2018, ces nouveaux résultats, portés par 360 medics et Egora témoignent d'un cri d'alarme des professionnels de santé.
La qualité des soins continue de dégringoler en 2019 : un constat observable à la fois à l'échelle nationale qu'en Outre-mer, d'après une étude réalisée par Egora, un site d'informations médicales. Déjà jugée comme moyenne lors du précédent baromètre effectué en 2018, ces nouveaux résultats, portés par 360 medics et Egora témoignent d'un cri d'alarme des professionnels de santé.

Quels facteurs continuent d’impacter si négativement la qualité des soins ? Est-ce que les professionnels sont toujours aussi engagés ? Médecins et infirmiers prennent une nouvelle fois la parole à l’occasion de la deuxième édition du baromètre sur la qualité des soins.

Une qualité des soins, déjà jugée comme moyenne en Outre-mer, encore en baisse

5,42/10 et 5,00/10, telles sont les notes que délivrent, respectivement, les médecins et infirmiers en exercice en Outre-mer à la qualité générale des soins. Du côté de l’échelle nationale, les scores atteignent 5,80/10 et 4,81/10.

Une forte dégradation de la qualité de soins qui perdure d’une année à l’autre

Pour 78% des répondants, la qualité des soins s’est d’ailleurs dégradée au cours de ces dernières années. À l’échelle nationale, ce sont 89% des répondants qui remarquent une dégradation continue.

En Outre-mer, ce sont donc près de 83% des médecins et 85 % des infirmiers en exercice interrogés qui déplorent une détérioration. De plus, 91,70% des médecins et la totalité des infirmiers interrogés affirment que la qualité des soins est en danger en France.

Le système toujours pointé du doigt par les soignants à l’échelle globale comme individuelle

Selon les répondants, la détérioration continue de la qualité des soins ces dernières années s’explique, comme lors du précédent baromètre, particulièrement par la surcharge de travail et/ou le manque de personnel auquel est confronté le monde médical (priorisation du facteur parmi cinq autres facteurs). Et ce constat est commun à l’ensemble des médecins et infirmiers partout en France, quel que soit le mode d’exercice (en ville, à l’hôpital...), mais est encore plus marqué pour ceux exerçant à l’hôpital. Par ailleurs, le score est plus élevé que l’année dernière où les répondants attribuaient la note de 4,18/6 contre 4,99/6 cette année (plus le score est grand, plus l’impact est important).

À l’échelle individuelle, cette constatation se retrouve, en Outre-mer comme ailleurs : ce sont les conditions matérielles de travail que les médecins et infirmiers de la région considèrent comme étant les plus responsables de la dégradation de la qualité des soins. Il s’agit du même constat fait lors du précédent baromètre.

Un personnel toujours engagé ... jusqu’à quand ?

La dégradation de la qualité des soins engendre davantage d’investissement personnel de la part des médecins et infirmiers mais à y regarder de plus près, on remarque une baisse de la qualité de cet engagement puisque pour cette édition du baromètre, ils sont une majorité à être " moyennement engagés " contrairement à l’année précédente où ils étaient " très engagés ". Ce basculement témoigne d’une situation de plus en plus tendue et intenable pour les professionnels de santé.

Ainsi, 36 % des infirmiers en exercice s’estiment très engagés dans la gestion des connaissances médicales, c’est 23 points de moins que lors du précédent baromètre !

D’une manière générale, les infirmiers ainsi que les médecins en exercice se déclarent nettement moins " très engagés " que l’année dernière. Ils se situent cette année d’avantage dans un " ventre mou " en se déclarant plutôt moyennement engagés. Pour autant, les médecins et infirmiers d’Outre-mer déclarent à 77% que la qualité des soins nécessite un engagement personnel plus important, une hausse de 9 points par rapport à l’année dernière.

Un engagement qui continue de prendre des formes multiples

Dans ce cadre, les médecins apportent une attention particulière à la qualité de la transmission d’informations patients (98% de médecins engagés) et à la gestion des connaissances médicales (engagés à 93%). Les projets d’amélioration des conditions d’exercice génèrent l’engagement de 93% des médecins et infirmiers, mais à y regarder de plus près, seuls dont 35% s’estiment très engagés dans ce domaine (et 46 % moyennement engagés).

La maîtrise de la réalisation des soins (staff pluridisciplinaire, déclaration d'événements indésirables, CREX, RMM etc.) suscite l’engagement certain de 27% des infirmiers en exercice qui s’estiment très engagés sur ce point.  C’est 9 points de moins que l’année dernière où ils étaient 36 %. D’une manière générale, les infirmiers sont nettement moins " très engagés " dans la participation à l’amélioration de la qualité des soins que lors du précédent baromètre, ce qui témoigne d’un ras-le-bol grandissant.

Pour améliorer les soins au quotidien, les infirmiers et médecins français s’équipent d’outils spécifiques.  En Outre-mer comme ailleurs, les bases de données médicamenteuses et les messageries sécurisées de santé restent comme lors du précédent baromètre, les outils les plus plébiscités. De même, presque un tiers (27 %) des professionnels de santé se tiennent informés de l’actualité médicale spécialisée quotidiennement. C’est le cas d’un médecin en exercice sur 2.

Ainsi, aux yeux des médecins et des infirmiers, la qualité des soins, moyenne, continue de baisser en France et en Outre-mer.  À l’échelle globale comme individuelle, le facteur négatif le plus impactant reste de nature systémique. Face à ces contraintes structurelles, les soignants continuent de compenser les défaillances du système de soin en s’engagent toujours plus dans la qualité du soin, mais ce niveau d’engagement baisse au même rythme que la qualité des soins qu’ils constatent

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