Ecole militaire préparatoire de La Réunion :

Guerre des clans chez les anciens de l'EMPR


Publié / Actualisé
Cafouillages et prises de bec dans les couloirs internes de l'association des anciens élèves de l'Ecole militaire préparatoire de La Réunion (EMPR). Quand, sans prévenir, une dizaine d'anciens se présente pour intégrer le conseil d'administration (CA), ça fait désordre dans les rangs. Un "coup d'Etat" diront certains, "un renouveau pour le bien de l'association", diront les autres. Ce conflit aura eu raison du président du nouveau CA, Dominique How Pan-Hie, car aujourd'hui, celui-ci démissionne. En attendant de savoir si sa décision sera validée par son conseil d'administration, l'association des anciens ressemble un peu à un champ de bataille. Une tragédie qui comme toutes les pièces de théâtre se déroule en 5 actes.
Cafouillages et prises de bec dans les couloirs internes de l'association des anciens élèves de l'Ecole militaire préparatoire de La Réunion (EMPR). Quand, sans prévenir, une dizaine d'anciens se présente pour intégrer le conseil d'administration (CA), ça fait désordre dans les rangs. Un "coup d'Etat" diront certains, "un renouveau pour le bien de l'association", diront les autres. Ce conflit aura eu raison du président du nouveau CA, Dominique How Pan-Hie, car aujourd'hui, celui-ci démissionne. En attendant de savoir si sa décision sera validée par son conseil d'administration, l'association des anciens ressemble un peu à un champ de bataille. Une tragédie qui comme toutes les pièces de théâtre se déroule en 5 actes.

"S'instruire, servir et se distinguer”. La devise de l'EMPR est clinquante, et pour se distinguer, ça les anciens savent le faire…. à coups de noms d'oiseaux et de règlements de comptes en interne. Des tensions qui pourraient rester des histoires privées. Sauf qu'en août dernier René-Claude Carassou, en sa qualité d'ancien président de l'association, a demandé à la préfecture d'intervenir en tant que médiateur pour régler ce conflit.

Acte I - Une assemblée générale chaotique

Le litige en question ? Les élections du conseil d'administration, lors de l'assemblée générale du 1er juin, qui ont viré au "putsch", selon les anciens membres du bureau. "C'était clairement une OPA (offre publique d'achat ayant pour but la prise de contrôle d'une société, ndlr)" estime Eric Métro, lancien trésorier de l'association, que nous avons pu joindre directement.

Celui qui expliquait en début d'interview "ne pas vouloir trop s'exprimer" à ce sujet, se montre soudain beaucoup plus bavard quand il s'agit de revenir sur l'élection de Dominique How Pan-Hie, ancien membre du Cabinet de Didier Robert à la Région.

Revenons donc plus en détail à cette assemblée générale du 1er juin 2019… Avec 43 adhérents présents et 42 procurations enregistrées, l'assemblée commence avec une intervention de Jean-Claude Suroux. L'ancien membre du  Cabinet du président de Région et ancien conseiller municipal de l'ancien maire communiste de Saint-Louis, Guy Ethève, demande la parole et réclame une candidature par liste, comme le révèle le procès-verbal qu'Imaz Press Réunion s'est procuré. Il annonce ensuite la candidature de 10 anciens. Jusqu'ici, 15 candidatures individuelles avaient été enregistrées.

Plusieurs des anciens contestent mais manifestement rien n'empêche cette procédure dans les statuts de l'association.

René-Claude Carassou, en tant que président s'offusque : "cette proposition traduit une volonté de rupture de la part d'un groupe d'anciens ne participant pas à la vie de l'association et qui entend imposer de nouvelles règles de fonctionnement de manière brutale et méprisante". Il n'y a en effet jamais eu d'élections par listes dans le passé.

Mais par souci d'apaisement, Claude Picard en tant que membre du bureau annonce que l'équipe en place "accepte une élection par liste". Deux listes sont proposées : celle de Dominique How Pan-Hie, avec 15 noms. Et celle du CA sortant, avec les 15 noms déjà prévus. Chacun présente alors son projet. Pris au dépourvu, le président explique ne pas pouvoir fournir un projet de liste plus précis, l'élection prenant un tournant imprévu.

Sur les 86 adhérents présents ou représentés, 84 votes ont été exprimés dont 2 nuls. 38 voix vont à la liste de René-Claude Carassou, contre 44 voix pour la liste de Dominique How Pan-Hie et son projet "Cap 2022".

Acte II – Recours et abdication

Le président fraîchement élu refuse le terme de "putsch" ou "coup d'Etat". "On a voulu se présenter avec une bande de copains dans l'intérêt général, on s'est dit qu'il fallait proposer autre chose que des pique-niques dans cette association, alors que nous fêterons en 2022 nos 50 ans", nous explique en personne Dominique How Pan-Hie, qui garantit qu'il ne voulait pas "créer une zone de conflit".

Pourtant se présenter sans prévenir le jour même de l'assemblée générale, voilà qui a bien choqué les anciens. "Il n'y avait pas de volonté de les surprendre", garantit l'intéressé. Pourtant, dans sa poche le jour J, une vidéo de présentation de ses projets en soutien de sa candidature. "Ecoutez c'est le métier qui veut ça, ce genre de vidéos on peut les préparer en une soirée", se justifie-t-il.

Mais pour les anciens membres du bureau c'est un scandale. "L'ordre du jour de cette AG n'a pas été respecté (…) les membres du CA sortant estiment avoir été pris au piège", conclue le procès-verbal. Eric Métro estime que cette liste aurait dû être signalée "un mois avant l'assemblée".

René-Claude Carassou, lui, persiste et signe : il faut annuler cette AG. L'ancien président était allé jusqu'à demander une "une assemblée générale exceptionnelle pour refaire cette élection du CA".

Idée abandonnée depuis, nous explique Eric Métro. "Nous avons finalement validé le nouveau CA. La préfecture ne pouvait pas statuer sur la question légale de l'élection, il aurait donc fallu déposer notre recours devant le tribunal, ce n'était pas notre but."

Face à la situation, "tendue", Eric Métro rédige un e-mail destiné à l'ensemble des adhérents dans lequel il explique en effet que "les membres du CA 2016-2019 affirment leur volonté de laisser la gestion d'EMPR Association au nouveau CA". Une transmission qui doit selon lui être aidée par d'anciens élèves : "nous recherchons donc un ancien, voire mieux, un binôme qui ne serait ni dans notre CA ni dans l'autre" afin d'assurer la transition de façon neutre.

Aujourd'hui il nous confirme que cela se fera. Moyens de paiement, patrimoine historique de l'association, codes, comptabilité, liste de contacts, matériel, archives… tout doit y passer.

Acte III – Coup de théâtre et vieux dossiers

Mais la tournure médiatique que prend cette passation de pouvoir, ainsi que les nombreux désaccords internes auront raison du nouveau président. Ainsi dans un e-mail général, Dominique How Pan-Hie annonce sa démission. "La tension devient insupportable à titre personnel et je ne peux laisser un malade prendre en otage l'association", ajoute-t-il.

Il attaque personnellement Eric Métro, qu'il qualifie de "syndicaliste aigri qui se défoule à sa manière", en affirmant "je ne vais pas entrer dans son jeu (…) s'il veut s'attaquer à moi, qu'il vienne le faire en face et qu'il laisse l'association dans un environnement serein". Car selon Dominique How Pan-Hie, son ancien acolyte "a pété un cable". "Non Eric, on ne joue pas avec l'association" conclue-t-il.

Dramatique, le président "implore le pardon" des adhérents. Face à ce "jeu incessant de mensonge et de haine", il déclare qu'il "lâche prise".

Il faut dire que les tensions entre les deux hommes ne datent pas d'hier. Dans les coulisses, et ce depuis 2017 via des e-mails et des SMS que nous nous sommes procurés, on perçoit clairement le ton glacial entre les deux hommes.

Pourtant Dominique How Pan-Hie nous l'assure : "j'ai toujours eu énormément d'estime pour Eric Métro. S'il vient me voir aujourd'hui avec un calumet de la paix, je l'accueillerai avec plaisir". Le président démissionnaire affirme qu'il a "déjà fait un premier pas vers lui".

Les jolis noms d'oiseau employés dans ses messages laissent entendre le contraire. "Il y avait des choses à clarifier, c'est normal", estime Dominique How Pan-Hie. Parmi les points de friction, une histoire de facture dûe à Design System lors de l'élaboration de la campagne de communication des 40 ans de l'association.

Dominique How Pan-Hie affirme n'avoir aucun lien avec cette société et ne pas en être actionnaire. Toujours est-il qu'en vue de son importance dans l'association et de sa "troisième mandature", comme il nous le rappelle, il a cependant repris le dossier en main. "Je me suis assuré du paiement des factures", nous explique-t-il. Montant de l'ardoise : 20.000 euros.

Pourtant en 2017, il demandait "la récupération de [ses] supports de com des 40 ans de l'EMPR" jusqu'à menacer Eric Métro, destinataire du SMS : "Pouvons-nous le gérer pacifiquement ou dois-je utiliser d'autres moyens ? Dois-je informer toute la base des anciens ? Ce ne sont pas des menaces mais il serait dommage d'en arriver à cela".

Réponse cinglante d'Eric Métro un mois plus tard, en janvier 2018, qui informe Dominique How Pan-Hie qu'il a contribué en tant que bénévole. "il serait correct de respecter tes engagements envers l'association". Il ajoute alors : "tes dettes personnelles ne concernent que toi".

Acte IV – Le grand retour ?

Nouveau coup de théâtre (décidément), nous apprenons ce vendredi 13 septembre que Dominique How Pan-Hie reprendrait finalement sa chaise de président. Les anciens de l'EMPR réclament son retour, nous indique cette source…

Eric Métro, lui, nous explique plus ou moins à demi-mot que le refus de la démission du président par son CA a été évoquée sur le groupe Facebook du réseau de l'association. Techniquement, Dominique How Pan-Hie serait donc toujours président. Lui assure que son retour n'est pour l'instant pas d'actualité. "A l'heure d'aujourd'hui je suis toujours dans une posture de démission", nous assure-t-il.

Mais si les anciens de l'EMPR réclament bel et bien son retour, oserait-il revenir ? "Ce n'est pas d'actualité", répète l'intéressé.

Acte V – Cap vers les élections ?

La question que beaucoup d'anciens de l'EMPR murmurent est : pourquoi ? Pourquoi cette bataille d'égos pour atteindre l'estrade de l'association ? Pourquoi l'ancien conseil d'administration s'est obstiné, refusant de laisser entrer le nouveau ? Pourquoi le nouveau est-il entré en scène sans crier gare (mais en ayant pourtant bien préparé son arrivée) ?

"Rien n'est gratuit. Je n'en dirai pas plus", nous déclare Eric Métro. Effectivement, des tours de passe-passe et querelles internes entre personnes aussi influentes, quasiment toutes mêlées de près ou de loin au monde politique, à un an des élections municipales, à deux ans des régionales… Ça fait réfléchir.

N'oublions pas en effet que l'école préparatoire a formé des générations de politiques, élus, collaborateurs actuels… Un réseau de taille, qui pourrait peut-être permettre à certains de ses membres de gagner des points en vue d'une place stratégique sur une liste de candidats pour les prochaines échéances électorales. Qui sait ?

Dominique How Pan-Hie est formel : "Je ne fais plus de politique, désormais je suis uniquement membre de l'association des anciens de l'EMPR" (et président à nouveau peut-être ?) Ce proche de Didier Robert, ancien membre de son cabinet s'indigne quand on évoque le président de Région. "Pourquoi cette fixation ? Didier Robert est un ancien de l'école comme les autres !"

Pour lui, "hors de question de mélanger politique et association". Il se veut donc catégorique : ce nouveau conseil d'administration n'est pas "politisé". "De toute façon, peut-être que même Didier Robert ne voudrait pas qu'on fasse de la politique pour lui."

Idem pour les municipales, viserait-il la liste d'Alain Bénard, qui annonçait récemment sa candidature pour la mairie de Saint-Paul ? Rappelons-nous que Dominique How Pan-Hie a été très actif sur la plage de l'Ermitage lors de l'affaire des paillotes, aux côtés du Collectif de défense du domaine public maritime... et d'Alain Bénard n'héistent pas à affirmer certains. "J'y étais avant tout en tant que citoyen. Pourquoi me rappelle-t-on cela à chaque fois ?" se désole le président (démissionnaire ou pas) de l'EMPR en se jurant une fois de plus "pas du tout interessé par ces élections".

Nous devrions être définitivement sur cette question d'ici six mois, dates des prochaines municipales. Le temps pour les anciens de l'EMPR de se rabibocher... ou pas..

mm / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

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    7 Commentaire(s)

    BATO FOU, Posté
    Sujet brulant de l'actualité.........
    Il y vraiment de choses plus grave à débattre sur notre ile.
    VIDOTE, Posté
    SE SERVIR: belle distinction et belle devise # désormais loin de ces ripoux # honte# déshonneur # apolitique
    Cabinet fictif, Posté
    Pou la politique zot i vende zot l'âme coma. Mortel
    RIPOSTE974, Posté
    Plussoie le commentaire de Semita , c'est complet idiot !!!
    Zean clodius, Posté
    Une vraie honte pour cette association
    Jojo, Posté
    How pa ni a toujours passe sa vie a mettre le trouble a ruine ses parents et a se faire virer de son boulot il est haineux et croit etre le meilleur
    Semita, Posté
    Un glandeur avec voiture de fonction, téléphone, ordinateur, voyages a à outrance, au frais des contribuables, repas de ministres ( langoustes- caviars, champagne) , un profiteur sans scrupule. C'est tout !!!!!! Là pas lu té bat karé partout, té fé le dentelle, de 2010 à 2017???????????????????