Surnommée "la génération silencieuse" :

Jeunesse engagée, la protestation en héritage


Publié / Actualisé
Plutôt que de céder à la philosophie du "no future", les jeunes ont décidé de ne plus être spectateurs de l'obsolescence programmée de la planète. L'avenir, c'est eux et aujourd'hui, ils disent stop. Stop à l'inaction des grands de ce monde face à l'urgence climatique. Stop aux mesurettes, place aux grandes actions. Certains considèrent que la jeune génération est affable, endormie et ne s'engage plus. Pourtant ils sont des millions à travers le monde à faire l'école buissonnière régulièrement pour sauver la planète. L'histoire nous l'a démontré, les plus grandes révolutions passent par la jeunesse. Et en 2019, comme en 1954, en 1968, en 1969, en 1970, en 1985.. les jeunes se mobilisent sur les grands enjeux politiques, sociétaux, économiques et environnementaux de leur époque. (photo rb/www.ipreunion.com)
Plutôt que de céder à la philosophie du "no future", les jeunes ont décidé de ne plus être spectateurs de l'obsolescence programmée de la planète. L'avenir, c'est eux et aujourd'hui, ils disent stop. Stop à l'inaction des grands de ce monde face à l'urgence climatique. Stop aux mesurettes, place aux grandes actions. Certains considèrent que la jeune génération est affable, endormie et ne s'engage plus. Pourtant ils sont des millions à travers le monde à faire l'école buissonnière régulièrement pour sauver la planète. L'histoire nous l'a démontré, les plus grandes révolutions passent par la jeunesse. Et en 2019, comme en 1954, en 1968, en 1969, en 1970, en 1985.. les jeunes se mobilisent sur les grands enjeux politiques, sociétaux, économiques et environnementaux de leur époque. (photo rb/www.ipreunion.com)

"Génération sacrifiée"

Mous du genou, pendus à leurs téléphones, accros aux réseaux sociaux, narcissiques et individualistes, les jeunes de la génération Z -  nés après 1995 – prennent cher. "Générations sacrifiée", "génération silencieuse",  les défenseurs du "c’était mieux avant" ont la dent dure "ces jeunes d’aujourd’hui ne s’engagent plus, que ce soit en politique ou dans la société, ils sont oisifs, ne croient plus en rien, restent dans leur petit confort sans tenir compte des grands enjeux de notre époque" s’indignent les réacs.

La fougue de la jeunesse

Mais c’est oublier que dans toutes les grandes avancées, le moteur a souvent été la jeunesse. Des adolescents, de jeunes adultes prêts à tout pour leurs idéaux. Battant le pavé des semaines durant, s’opposant parfois aux forces de l’ordre, n’hésitant pas à en découdre avec une classe politique qu’ils jugent has been, déconnectée de la réalité, incapable de répondre à leurs besoins.

Conflit de générations

Jeunes et moins jeunes se sont souvent opposés, d’un côté comme de l’autre, l’incompréhension. Un dialogue de sourd, on leur a souvent dit "tu es trop jeune pour comprendre" à cela, ils ont souvent répondu "l’avenir, c’est nous, à nous de décider la tournure que l’on veut qu’il prenne ". Ils reprennent le pouvoir, la fougue est sans doute la qualité qui les définit le mieux. Cette ardeur, cette candeur et cette capacité à ne pas lâcher, leur permettent d’oser. Oser faire face aux forces de l’ordre, oser descendre dans la rue des jours, oser demander des comptes aux politiques, oser sortir des sentiers battus, oser casser les codes… À chaque grand bouleversement, les jeunes ont tout simplement osé.

L'émancipation des Noirs

Cette jeunesse pleine d’espoir demande l’égalité pour les Noirs lors des mouvements des droits civiques aux Etats-Unis dans les années 1945 à 1975 à coup de slogans "I am a man" (je suis un homme) "our freedom can’t wait" (notre liberté ne peut pas attendre), "we demand equal rights now"  (nous exigeons l’égalité, maintenant). Beaucoup ont laissé leurs vies pour leur idéaux, la ségrégation est terminée mais le combat pour l'égalité continue à travers le mouvement "black lives matter", les vies des Noirs comptent…

La révolte estudantine

En France en mai 1968, la jeunesse se révolte contre une société traditionaliste qui les oppresse, contre l’autorité, les institutions. Les étudiants mènent la fronde bientôt rejoints par les ouvriers. Les slogans sont ceux d’une jeunesse assoifée de liberté "jouissez sans entrave", "prenez vos désirs pour des réalités", "il est interdit d’interdire", "soyons réalistes, demandons l’impossible". Le bras de fer avec les instances politiques se soldera par une dizaine de morts et des centaines de blessés mais mai 68 marquera le début d’une mutation de la société française.

Libération féminine

Cette révolution sera suivie de près par le mouvement de libération de la femme. Au début des années 70, les Française réclament le droit de disposer de leur corps comme elles le désirent. La contraception et l’avortement libres et gratuits, l’égalité des droits moraux, sexuels, juridiques, économique entre femmes hommes et la fin système patriarcal sont au coeur des revedications. Des milliers de jeunes femmes marchent pour leurs droits, leurs messages sur des pancartes qu’elles brandissent à bout de bras "mon corps, mon choix", "nous ne sommes pas des poupées", "un homme sur deux est une femme", "les femmes, c’est comme les pavés, à force de marcher dessus, on les prend dans la gueule". En 2019, la lutte continue "féministes tant qu'il le faudra"...

Le climat

Certains pensaient que ces révolutions étaient terminées, que les jeunes n’avaient plus l’audace et la pugnacité de leurs aînés pourtant, ils sont des millions à travers le monde a avoir séché les cours le vendredi 20 septembre à l’appel de Greta Thunberg, une collégienne suédoise à l’origine d’un élan international de manifestations pour le climat.

Sa détermination a fait vibrer une corde sensible auprès de sa génération. L’indispensable sursaut des jeunes pour la planète est en marche. De Leah Namugerwa, ougandaise de 15 ans qui alerte sur les conséquences du changement climatique dans son pays, à Lilly, jeune thaïlandaise de 12 ans, qui sèche l’école pour aller ramasser du plastique dans un canal de Bangkok, en passant par Luisa Neubauer, étudiante allemande de 23 ans, figure du mouvement Fridays for Future ou encore Inga Zasowska, jeune militante polonaise pour le climat, qui a passé tous les vendredi du mois de juillet devant le parlement à Varsovie pour parler de sa "dépression climatique", ils sont des millions à alerter, se mobiliser, à sensibiliser les décideurs de ce monde à l’urgence climatique. Leurs slogans "les calottes sont cuites", "votre planète, bleue ou saignante ?", "les bronzés ne feront plus de ski", "moins de banque, plus de banquise", "arrête de niquer ta mer."

La protestation en héritage

Les jeunes d’aujourd’hui se battent, protestent, se font entendre et obligent les décideurs à se pencher sur la question. Une détermination héritée de leurs aînés qui ont ouvert la voie.

Les réduire à des zombies lobotomisés qui ne voient qu’à travers leurs écrans serait une erreur car ils veulent faire bouger les lignes. Leur maîtrise des réseaux sociaux est un plus, une ouverture sur le monde, une vision internationale. Leur capacité à entreprendre, une force de frappe puissante. Leur envie de liberté, une ouverture d’esprit.

Ce que l'on croit être leurs défauts fait leur force. Les époques changent, la société évolue mais aujourd’hui plus que jamais, les jeunes sont bien décidés à reprendre le pouvoir, à poursuivre les combats entamés par leurs aînés. Lutte contre le racisme, féminisme, climat, anti-capitalisme, droits des homosexuels, la jeunesse est sur tous les fronts. La protestation est un héritage, croire en notre jeunesse, c'est avoir confiance en l'avenir.

fh / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

Zoé, Posté
Ces jeunes nous redonnent courage. De là où il est aujourd'hui un homme politique doit partculèrement être content. Jusqu'à la fin de sa vie, il n'a cessé d'alerter sur les dérèglements climatiques et d'appeler à la responsabilité des uns et des autres. Il avait raison et ce sont les jeunes générations, entre autres, qui feront le nécessaire : merci !
Tristan, Posté
Bravo les jeunes !