Chambre de commerce et d'industrie :

"Il y a des verrous à faire sauter" : Ibrahim Patel demande une dérogation pour La Réunion


Publié / Actualisé
La CCIR (Chambre du commerce et de l'industrie de La Réunion) a détaillé les modalités des mesures de soutien financier aux entreprises prises par décret par le gouvernement le 30 mars. Le président de la CCI Ibrahim Patel demande quelques adaptations pour le territoire de La Réunion, plus fragile économiquement.(Photo rb/www.ipreunion.com)
La CCIR (Chambre du commerce et de l'industrie de La Réunion) a détaillé les modalités des mesures de soutien financier aux entreprises prises par décret par le gouvernement le 30 mars. Le président de la CCI Ibrahim Patel demande quelques adaptations pour le territoire de La Réunion, plus fragile économiquement.(Photo rb/www.ipreunion.com)

"Beaucoup d'entreprises vont rester sur le carreau", alerte Ibrahim Patel, détaillant les modalités des mesures de soutien aux entreprises prises par le gouvernement le 30 mars. "La situation est grave", poursuit le président de la CCI.

Le décret prévoit la mise en place de trois fonds à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de COVID-19, et des mesures prises pour limiter cette propagation. Les entreprises pourront bénéficier de trois fonds cumulables, d'une valeur totale de 6.000 euros, sous certaines conditions.

Ibrahim Patel demande à ce que ces conditions soient assouplies afin que le plus grand nombre d'entreprises de l'île puissent en profiter. "Il y a des verrous à faire sauter", estime le président de la CCI Réunion, qui rappelle que les territoires d'Outre-mer sont "plus fragiles" du point de vue économique, notamment depuis le mouvement des Gilets Jaunes. Certaines ne sont par exemple pas à jour de leurs cotisations sociales et fiscales. C'est pourtant une des conditions nécessaire pour bénéficier du premier fonds de 1.500 euros. Ibrahim Patel estime que 35 à 40% des entreprises réunionnaises seront privées de ce fonds si cette condition n'est pas abandonnée.

Le deuxième fonds de 2.000 euros sera perçu par les entreprises d'au moins un salariés. Là aussi, 29.000 entreprises de l'île n'ont aucun salarié. La CCI demande à ce que cette condition soit supprimée.

Le troisième fonds de 2.500 euros est réservé aux entreprises de moins de 500.000 euros de chiffres d'affaires à La Réunion, contre un million au niveau national. Là aussi, Ibrahim Patel demande à ce que la région se calque sur l'Etat afin d'augmenter le nombre d'entreprises concernées.

Il appelle également les banques à se substituer à l'Etat pour verser rapidement les salaires et couvrir les mises en chômage partiel. Il a aussi demandé l'effacement - et non le report - des dettes fiscales et sociales des entreprises aux activités non essentielles qui n'ont plus de chiffres d'affaires, pendant toute la durée de la crise. "Pas de chiffres d'affaires, pas de charges !", insiste le président de la CCI.

Si ces mesures d'adaptation ne sont pas prises, le président de la CCI considère qu'après le 30 avril, ce sont 3.000 entreprises qui devront mettre la clé sous la porte.

La CCI rappelle qu'elle reste à la disposition des entreprises afin de les accompagner dans la crise, notamment via une plateforme sms, mais aussi par mail et par téléphone. Pour effectuer les demandes des fonds de solidarité, retrouvez ici le guide complet.

   

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