Esclavage, colonialisme, racisme :

Déboulonner les statues, c'est bien, pouvoir apprendre la vraie Histoire, c'est mieux


Publié / Actualisé
Alors que la colère monte aux quatre coins du monde contre le racisme institutionnalisé, des militants anti-raciste se sont donnés rendez-vous à Saint-Pierre ce samedi. L'un des objectifs est d'obtenir le retrait de la statue de Mahé Labourdonnais, esclavagiste bien connu de l'histoire réunionnaise. Cette demande fait écho aux déboulonnages de statues qui ont eu lieu en Martinique, à Bristol, ou encore aux Etats-Unis. Mais si la présence dans l'espace public de statues à la gloire de racistes notoires est effectivement largement discutable, la vraie problématique réside dans le fait, qu'en France, la réelle histoire de l'esclavagisme et du colonialisme est passée sous silence.
Alors que la colère monte aux quatre coins du monde contre le racisme institutionnalisé, des militants anti-raciste se sont donnés rendez-vous à Saint-Pierre ce samedi. L'un des objectifs est d'obtenir le retrait de la statue de Mahé Labourdonnais, esclavagiste bien connu de l'histoire réunionnaise. Cette demande fait écho aux déboulonnages de statues qui ont eu lieu en Martinique, à Bristol, ou encore aux Etats-Unis. Mais si la présence dans l'espace public de statues à la gloire de racistes notoires est effectivement largement discutable, la vraie problématique réside dans le fait, qu'en France, la réelle histoire de l'esclavagisme et du colonialisme est passée sous silence.

"La République n'effacera aucune trace ni aucun nom de son histoire. Elle ne déboulonnera pas de statues" avait asséné Emmanuel Macron lors de sa dernière intervention télévisée le dimanche 14 juin. Mais déboulonner une statue, est-ce vraiment raser la personne de l'histoire ? Certainement pas. Il n'y a qu'à regarder en Italie ou en Allemagne, il n'y ni statue de Mussolini, ni statue d'Hitler en vue. Et pourtant, les livres d'histoire abreuvent de leur parcours.

Pour autant, il reste vrai que la réelle problématique ne réside pas vraiment dans le fait d'enlever ces statues - ou non -, de l'espace public. Le vrai problème, c'est que son nom, à part à La Réunion, personne ne le connaît. On pourrait – et devrait, certainement – retirer sa statue de la place publique. On devrait aussi la transférer dans un musée, et recontextualiser qui il était. Mais cela changerait-il le fait que la France détourne volontairement le regard de son passé colonialiste – et donc raciste ?

 La France pourrait se débarrasser de toutes ces statues honorant des racistes notoires, de Gallieni à Colbert en passant par Mahé Labourdonnais, cela ne changerait en rien le fait que nos livres d'histoire restent désespéramment vides quand il en vient au passé colonialiste du pays. Si la traite négrière est survolée, elle ne parle que du commerce triangulaire transatlantique, sans même aborder l'océan Indien. Et le poids de la France dans ce commerce, et sa propre exploitation d'esclave sur ses terres, est largement tue.

- Les jeunes réunionnais sciemment privés de l'enseignement de leur histoire -

A La Réunion même, les professeurs de collège et lycée sont invités à intégrer des exemples locaux lorsqu'ils traitent de l'histoire française. Mais il n'y a rien d'obligatoire, et beaucoup de jeunes Réunionnais ne connaissent finalement que très peur leur propre histoire puisqu'elle n'est pas obligatoirement enseignée et renseigner.

Alors s'il serait de bon goût de ne pas saluer la mémoire d'esclavagistes, il serait encore mieux de pouvoir lire leur histoire dans des manuels scolaires. Leur vraie histoire.

Lire aussi : Tribune libre de Prosper Eve, professeur d'histoire moderne : "à propos de Mahé"

as / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

6 Commentaire(s)

Le diseur, Posté
Je suis descendant d esclave, que dire sinon, oui mes ancêtres ont soufferts, oui ils ont été capturés en Afrique, oui ils ont voyagé allongés , puis ils ont été fouetté, enchaînés, emprisonnés, chassés, torturés, je n ai pas a me venger sur une statue qui ne réagit pas, je l évite c est tout, elle fait partie de notre histoire, quelqu'un pourrait il remonter le temps, pour que le marché esclavagiste ne puisse jamais exister ? Continuons à vivre
Stean, Posté
Comme ça on pourra mettre à la place les statues de Nissimah, Didier, et Thierry...
Mayaqui, depuis son mobile, Posté
Déboulonner les statues, rebaptiser les rues et les lycées ne servira à rien; au contraire ; on les regarde et on se pose des questions ,on explique aux enfants !!!
On explique qui était napoleon mais on ne brÃ"le pas sa maison en corse !!!!
C est n importe quoi de vouloir effacer notre histoire , il y a trop de choses qui ne nous ont pas plu !!!
Sapoties, Posté
Que dire?? Il ne s'agit pas de moments glorieux de l'histoire de France et notre Président actuel ne va quand même pas s'excuser au nom de toutes les exactions commises les siècles précédents. Mais c'est vrai que l'histoire de l'esclavage je l'ai apprise au travers de livres et de films, mais pas à l'école. Jusque là c'était peut-être encore trop tÃ't, mais de nos jours il faudrait probablement l'insérer dans les livres d'histoire et l'enseigner aux enfants, sans haine et sans parti pris, comme on enseigne l'Inquisition espagnole ou la Révolution française.
Nourredine Belmouhoub, Posté
Il suffit d'ouvrir les manuels scolaires français (tous cursus confondus),pour se rendre compte que la France dissimule son histoire colonialiste, surement gênée par des génocides qui tachent son passé colonial.
7AC, Posté
Il y en a franchement, qui n'on semble-t-il rien d'autre à foutre de leur week-end... En plus ici, le racisme n'est vraiment pas présent, bien au contraire. L'esclave, c'est celui qui se lève tous les matins pour bosser, et voit des retenues sur sa paie, redistribuées tous les 6 du mois. Arrêtez de cracher dans la soupe, et allez à la plage bronzer !