Élections régionales :

Paul Vergès : "Le grand défoulement se termine le 14 mars"


Publié / Actualisé
Président sortant du conseil régional, Paul Vergès est candidat à sa succession. Un combat de plus en un demi-siècle de vie politique. À ceux de ses adversaires qui se servent de cette longévité pour dire qu'il doit prendre sa retraite, il dit répondre "par le mépris". Député européen, député, sénateur, maire, conseiller général, conseiller régional, il a exercé tous les mandats électifs ou presque. Avec comme ligne de conduite "le développement de La Réunion et le mieux être des Réunionnais". C'est toujours par cette double préoccupation qu'il se dit animé pour ces régionales. Une élection où il enregistre d'ores et déjà une victoire. Celle d'avoir, de fait, obligé ses adversaires à prendre position pour ou contre le tram-train et la Maison de civilisations. La majorité des 11 autres listes en compétition ont fait campagne contre ses deux projets en faisant passer au second plan leur propre programme. Occultant ainsi les débats de fond. Paul Vergès ne manque jamais une occasion de le faire remarquer... avant de développer son propre argumentaire "sur les grands problèmes de La Réunion". Volontiers ironique lorsqu'il parle de la campagne de ses adversaires, il affirme : "on ne peut pas empêcher les gens de dire n'importe quoi", il constate "qu'ils entrent en transe à chaque élection" et prévient "le grand défoulement se termine le 14 mars au soir". Entretien
Président sortant du conseil régional, Paul Vergès est candidat à sa succession. Un combat de plus en un demi-siècle de vie politique. À ceux de ses adversaires qui se servent de cette longévité pour dire qu'il doit prendre sa retraite, il dit répondre "par le mépris". Député européen, député, sénateur, maire, conseiller général, conseiller régional, il a exercé tous les mandats électifs ou presque. Avec comme ligne de conduite "le développement de La Réunion et le mieux être des Réunionnais". C'est toujours par cette double préoccupation qu'il se dit animé pour ces régionales. Une élection où il enregistre d'ores et déjà une victoire. Celle d'avoir, de fait, obligé ses adversaires à prendre position pour ou contre le tram-train et la Maison de civilisations. La majorité des 11 autres listes en compétition ont fait campagne contre ses deux projets en faisant passer au second plan leur propre programme. Occultant ainsi les débats de fond. Paul Vergès ne manque jamais une occasion de le faire remarquer... avant de développer son propre argumentaire "sur les grands problèmes de La Réunion". Volontiers ironique lorsqu'il parle de la campagne de ses adversaires, il affirme : "on ne peut pas empêcher les gens de dire n'importe quoi", il constate "qu'ils entrent en transe à chaque élection" et prévient "le grand défoulement se termine le 14 mars au soir". Entretien
* Quels sont les grands axes de votre programme ?
- Aucun projet d'avenir ne peut être construit si on ne tient pas compte de l'urgence sociale. 55 % des Réunionnais vivent en dessous du seuil de pauvreté, 126 000 personnes sont au chômage, 110 000 sont illettrées, 30 000 demandes de logement social sont en attente. Aujourd'hui cela constitue une tragédie, demain cela sera une explosion. Il est donc nécessaire de tout faire pour relancer l'activité économique. De ce point de vue, le protocole de Matignon est une chance formidable. Nous avons contractualisé deux grands chantiers avec l'État : 1 milliard 520 millions d'euros sont attribués à la réalisation du tram-train et 930 millions d'euros à l'aménagement de la nouvelle route du littoral. La poursuite de la politique en faveur du développement durable fait également partie des grands axes de notre programme.

* Quelles sont vos propositions en matière de développement durable ?
- Il y en a plusieurs. Je citerai un seul exemple, celui de l'élimination des eaux usées. La réglementation européenne impose l'aménagement de stations d'épuration. Ayant accumulé un retard considérable dans ce domaine, en raison notamment de problèmes de financement, La Réunion s'expose à des sanctions de la part de Bruxelles. Sachant que notre territoire est montagneux avec de grandes zones rurales et quelques agglomérations, il faut arrêter de copier le modèle occidental. Il existe une solution écologique au problème du traitement des eaux usées. Elle a fait ses preuves dans le midi de la France. Il s'agit du système de lagunage. Les eaux usées sont traitées grâce à différents bassins de décantation. Cela offre l'avantage d'éviter la pollution, de permettre la fertilisation des terres par création compost, de créer des emplois. Le tout pour un montant de 90 % moins élevé qu'une station d'épuration.

* Vous parliez d'intervenir dans le domaine social. Ce n'est pourtant pas la compétence du conseil régional.
- Le social est effectivement de la compétence du conseil général et des communes. Pour sa part, le conseil régional intervient en matière de formation. Il faut mutualiser les moyens et les compétences. Créer des syndicats mixtes notamment. En toute transparence, en bannissant le clientélisme électoral et en exerçant un contrôle sévère sur l'utilisation des fonds publics qui seront affectés au fonctionnement de ces structures.

* Quel bilan tirez-vous de la mandature que vous venez d'exercer ?
- De tous les conseils régionaux de France, la Région Réunion est, depuis 12 ans, celle qui investit le plus. Nous sommes aussi exemplaires concernant la gestion des fonds structurels (crédits alloués par l'Europe - ndlr). Aucun financement n'a jamais été perdu par La Réunion parce qu'il n'avait pas été utilisé. Nous avons aussi mis en service le cyclotron (accélérateur de particules - ndlr) évitant ainsi annuellement 2 000 transferts sanitaires vers la Métropole. Nous sommes en train de créer au Maïdo l'une des 7 stations mondiales des études sur les hautes altitudes. Concernant les changements climatiques, nous nous félicitons de la création dans le Sud de la station d'observation des satellites. Je pense aussi bien sûr à la route des Tamarins qui a éliminé les encombrements entre l'Ouest et le Sud tout en desservant les zones de mi-altitude où résidera la majorité de la population.

* Même si elle a désengorgé une partie du réseau routier, la route des Tamarins, notamment à l'Ouest, est quand même embouteillée aux heures de pointe
- Selon les prévisions, la route des Tamarins devait être empruntée quotidiennement pendant 10 ans par 60 000 véhicules. Nous en sommes déjà à 80 000 véhicules/jour. C'est la preuve que le combat entre l'augmentation du nombre de voitures et celui du nombre de kilomètres de route est perdu d'avance pour le réseau routier. D'où la nécessité d'imaginer d'autres modes de transports pour faire reculer le règne du tout automobile.

* Vous faites allusion au tram-train. Ce projet et celui de la Maison des civilisations vous tiennent à c?ur. Ils déclenchent aussi l'opposition farouche de beaucoup de vos adversaires.
- Un récent sondage démontre de manière évidente leur méconnaissance de l'état de l'opinion publique. Malgré leurs critiques et leurs vociférations, une majorité écrasante de Réunionnais est favorable au tram-train. La Maison des civilisations recueille elle aussi une majorité d'avis favorable. Ceux qui s'acharnent contre ces deux projets, tout en omettant scrupuleusement de parler de leurs propositions sur les problèmes de fond, n'avaient pas prévu cela. Ils ont lancé un boomerang et comme ils ne savent pas s'en servir, il leur est retourné en pleine figure. Leur attitude a été suicidaire. Elle est aussi la preuve qu'il vaut mieux éviter d'entrer en transe à chaque élection. Mais on ne peut pas empêcher les gens de dire et de faire n'importe quoi. Disons que le temps du défoulement s'achèvera le 14 mars au soir.

* Vous citez les sondages. Ils vous donnent largement vainqueur. Vous croyez en leur réalité ?
- Nous les prenons comme des éléments d'information sur des grandes tendances. Lorsque ces tendances se confirment pour un panel dépassant le millier de sondés, nous nous disons que l'information est sérieuse.

* Ces mêmes sondages donnent le parti socialiste à moins de 10 % des voix. Cela vous semble plausible ?
- Le profond malaise social qui frappe la population donne de la visibilité à ceux qui critiquent la politique du gouvernement. Le parti socialiste avait le grand espoir d'être le principal bénéficiaire de cette situation. Il a ainsi sous estimé l'Alliance. Il a aussi sous estimé les écologistes qui prennent sur son électorat. À cela il faut ajouter les divisions internes au PS. Et puis il y eu la prise de position de la liste UMP. Dès le départ cette liste a ciblé ses attaques contre le tram-train, la Maison des civilisations, le président et sa famille. La majorité des listes se sont engouffrées dans cette voie avec le résultat que l'on constate à la lecture des sondages. La défaite de l'UMP est aussi la défaite de ces listes.

* Les attaques de vos adversaires contre vous et votre famille sont souvent très dures. Cela vous agace, ou vous chagrine ?
- Cela m'inspire surtout le plus grand mépris. Ceux qui vocifèrent contre la nomination de Françoise Vergès à la tête de la Maison des civilisations savent parfaitement qu'elle s'est faite en toute transparence après plusieurs appels à candidatures infructueux. Ils savent aussi que le contrôle de la légalité exercé par la préfecture n'a rien trouvé à y redire. Leurs attaques sont méprisables. Je me demande simplement ce que l'on aurait dit si je m'attaquais aux enfants dont les parents ont été mes adversaires politiques.

* Comment qualifiez-vous Didier Robert ?
- (Bref moment de réflexion), c'est un lespèr kui, un tapeur de papa. Et comme il a plusieurs papas politiques, il a tenté d'assassiner André Thien Ah Koon ou encore Alain Bénard.

* Jean-Paul Virapoullé ?
- (Sourire), je crois qu'il habite la région au vent. Cela caractérise toute son activité politique

* Michel Vergoz ?
- (Brève réflexion et sourire) il y a une chanson bien connue dont le refrain est "paroles, paroles, paroles"


   

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