Série d'attaques dans la capitale :

Deux des assaillants identifiés, le frère et le père de l'un d'eux en garde à vue, trois hommes arrêtés en Belgique


Publié / Actualisé
Recueillement et appel à l'unité nationale: François Hollande reçoit ce dimanche 15 novembre 2015 les chefs de partis, deux jours après les attentats les plus meurtriers de l'histoire de France, sur lesquels les enquêteurs tentent de faire la lumière avec de premières interpellations. Deux des assaillants ont déjà été identifiés. Le bilan toujours provisoire du carnage est de au moins 129 morts et 352 blessés, dont 99 en "urgence absolue"
Recueillement et appel à l'unité nationale: François Hollande reçoit ce dimanche 15 novembre 2015 les chefs de partis, deux jours après les attentats les plus meurtriers de l'histoire de France, sur lesquels les enquêteurs tentent de faire la lumière avec de premières interpellations. Deux des assaillants ont déjà été identifiés. Le bilan toujours provisoire du carnage est de au moins 129 morts et 352 blessés, dont 99 en "urgence absolue"

Sans précédent en France, les attaques perpétrées vendredi soir à Paris, revendiquées par l'organisation jihadiste Etat islamique (EI). Dans un communiqué publié en deux versions, une en arabe et une en français, ce samedi sur internet, EI dit  avoir "pris pour cible la capitale des abominations et de la perversion, celle qui porte la bannière de la croix en Europe, Paris". Le communiqué indique ensuite "huit frères portant des ceintures d’explosifs et des fusils d’assaut ont pris pour cibles des endroits choisis minutieusement à l’avance au cœur de la capitale française, le stade de France lors du match des deux pays croisés la France et l'Allemagne auquel assistait l'imbécile de France François Hollande, le Bataclan ou étaient rassemblés des centaines d'idolâtres dans une fête de perversité ainsi que d'autres cibles dans les dixième, le onzième et le dix-huitième arrondissement". L'EI termine son communiqué par de nouvelle menaces contre la France.

Par ailleurs, au surlendemain de ces attentats coordonnés, menés par au moins sept kamikazes, munis de kalachnikov, tous morts après l'explosion de leurs ceintures d'explosifs, les enquêteurs des services antiterroristes ont déjà identifié deux des assaillants.

L'un, qui a participé à la prise d'otages sanglante dans la salle de spectacle du Bataclan, Omar Ismaïl Mostefaï, est un Français de 29 ans. Né à Courcouronnes (Essonne), en banlieue parisienne, il était fiché pour sa radicalisation islamiste depuis 2010, mais n'avait "jamais été impliqué dans un dossier de filière ou d'association de malfaiteurs terroriste", selon le procureur de Paris, François Molins.

Il fréquentait assidûment la mosquée de Lucé, près de Chartres (Eure-et-Loir). Les enquêteurs tentent de confirmer que le kamikaze a bien séjourné en Syrie en 2014, selon des sources policières. Condamné à plusieurs reprises pour des délits de droit commun, il n'avait jamais fait de séjour en prison. Il a été identifié par ses empreintes, grâce à un doigt sectionné retrouvé dans la salle de spectacle parisienne où se tenait un concert rock lors de l'irruption des jihadistes.

Son père et son frère ont été placés en garde à vue. Leurs domiciles, situés respectivement à Romilly-sur-Seine (Aube) et Bondoufle (Essonne), ont été perquisitionnés samedi soir. Le frère âgé de 34 ans, s'est présenté de lui-même à l'hôtel de police de Créteil dans la soirée. Il est tombé des nues en apprenant que son cadet était impliqué dans les attentats de vendredi soir, notamment dans la prise d'otage du Bataclan. "On est en froid depuis des années" a-t-il déclaré.

Pistes syrienne et belge

Les enquêteurs ont par ailleurs mis la main, près du corps d'un kamikaze du Stade de France, sur un passeport syrien appartenant à un migrant enregistré en Grèce, selon Athènes, mais inconnu des services français. Outre cette piste syrienne, l'enquête a mis au jour une piste belge. Trois personnes ont été arrêtées par les autorités belges. Parmi elles, l'homme qui avait loué la Polo noire des kamikazes retrouvée garée devant le Bataclan, théâtre de la plus meurtrière des attaques qui ont touché Paris vendredi, avec au moins 89 morts. Les terroristes y ont "évoqué la Syrie et l'Irak", selon le procureur. Ces trois suspects "ne sont pas connus des services de renseignements français", a précisé le magistrat.

Selon François Molins, trois assaillants sont morts au Bataclan, trois autres se sont fait sauter près du Stade de France, où 80.000 personnes, dont le président Hollande, assistaient au match amical de football France-Allemagne, et un dernier boulevard Voltaire. Les trois autres attaques ont visé des bars et des restaurants notamment rue de Charonne (19 morts) et rue Alibert (15 morts). Les assaillants ont ouvert le feu à des centaines de reprises.

Dix mois après les attaques contre le journal satirique Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher, qui avaient fait 17 morts, ces attentats ont réveillé de douloureux souvenirs.
La journée de dimanche s'annonce sous le signe du recueillement, avec le début d'un deuil national de trois jours décrété par François Hollande. Les cathédrales, comme Notre-Dame, sonneront le glas. Musées, salles de spectacle et établissements culturels publics resteront fermés en Île-de-France. Les écoles rouvriront lundi, quand une minute de silence sera observée à midi partout en France.

Après son prédécesseur Nicolas Sarkozy dans la matinée, le chef de l'Etat reçoit à l'Elysée les responsables parlementaires des deux chambres et les chefs de partis pour tenter d'établir l'unité nationale. Avant de s'exprimer devant le Congrès à Versailles lundi, une première pour lui.

"Acte de guerre"

Le président, qui a qualifié les attentats d'"acte de guerre", a décidé de porter à 3.000 le nombre de renforts militaires déployés en France. Sur le front extérieur, la France, engagée militairement en Syrie et en Irak, "frappera" Daech pour le "détruire", a renchéri le Premier ministre Manuel Valls.

En dépit de l'interdiction des manifestations à Paris jusqu'à jeudi, des centaines de personnes se sont rassemblées samedi soir place de la République, haut lieu de la mobilisation post-Charlie, où la devise de la capitale "Fluctuat nec mergitur" ("Il est battu par les flots mais ne sombre pas") a été peinte en grand. Des Parisiens se sont retrouvés près des sites visés par les attentats, comme devant le Bataclan. Des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs villes de province.

A travers le monde, se sont déroulées de nombreuses manifestations de solidarité avec la France, notamment de l'autre côté de l'Atlantique, à New York, Washington ou au Canada. Après l'antenne de la tour du World Trade Center à New York, érigée sur le site du 11-Septembre, et l'immense tour CN à Toronto, l'emblématique Opéra de Sydney s'est paré des couleurs bleu, blanc, rouge du drapeau français, tout comme la Porte de Brandebourg à Berlin, Trafalgar Square à Londres, ou encore le Christ rédempteur surplombant Rio de Janeiro.
 

   

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