La Chambre de commerce dresse un premier bilan de la crise :

Coronavirus : 35.000 entreprises pourraient être impactées


Publié / Actualisé
La Chambre de commerce et de l'industrie de La Réunion (CCIR) tenait une conférence, ce lundi 23 mars 2020, pour rendre compte des résultats d'une enquête menée auprès des entreprises de l'île sur les premiers ressentis économiques de la crise du coronavirus. Entre vendredi 20 et le dimanche 22 mars, 920 entreprises ont participé à ce sondage sur le site internet de la Chambre de commerce et via e-mail. L'impact, déjà conséquent, du confinement en vigueur sur le territoire national ne fait qu'amplifier la crainte des entrepreneurs. A terme, 35.000 entreprises pourraient être impactées par la crise sanitaire et au total, c'est l'avenir de 26.000 emplois qui est en jeu, prévient la CCIR (Photo rb/www.ipreunion.com)
La Chambre de commerce et de l'industrie de La Réunion (CCIR) tenait une conférence, ce lundi 23 mars 2020, pour rendre compte des résultats d'une enquête menée auprès des entreprises de l'île sur les premiers ressentis économiques de la crise du coronavirus. Entre vendredi 20 et le dimanche 22 mars, 920 entreprises ont participé à ce sondage sur le site internet de la Chambre de commerce et via e-mail. L'impact, déjà conséquent, du confinement en vigueur sur le territoire national ne fait qu'amplifier la crainte des entrepreneurs. A terme, 35.000 entreprises pourraient être impactées par la crise sanitaire et au total, c'est l'avenir de 26.000 emplois qui est en jeu, prévient la CCIR (Photo rb/www.ipreunion.com)

Sondées sur leur niveau d’inquiétude quant à la reprise ou bonne poursuite de leurs activités, les 920 entreprises sondées l’ont, en moyenne, évalué à 9 sur une échelle de 10 et ce, quel que soit le secteur économique. Preuve que les mesures d’aide annoncées, lundi, par le président de la République Emmanuel Macron ne rassurent pas totalement.

- Premier recours au chômage partiel pour 9 entreprises sur 10 -

74% des répondants ont dû suspendre leur activité et fermer leurs portes en concordance avec les consignes de confinement. Une proportion importante qui explique la perte totale de 30,5 millions d’euros de chiffres d’affaires par les entreprises réunionnaises, par rapport au 1er trimestre 2019. 47% affirment avoir eu recours au chômage partiel, soit 2.259 salariés en cessation de travail forcée. Avant le début de la crise sanitaire, 9 entreprises réunionnaises sur 10 n'avait jamais eu à réduire l'activité de leurs employés. Le secteur du commerce s'avère être celui qui accuse le plus lourd tribut, avec 80% d'établissements fermés et près de 10 millions d'euros de chiffre d'affaires en moins par rapport à l'année dernière.

Dans le cas où elles continuent d’exercer, les dispositions de sécurité mises en oeuvre rendent le ralentissement toutefois notable. Outre les gestes barrières, qui n’entravent théoriquement pas la bonne tenue de l’activité, le recours au télétravail, l’annulation de réunions et rendez-vous, ou encore la fermeture des locaux au public compliquent fortement, voire empêche complètement, la prospérité de l’économie.

À la suite de l’arrêté d’ouverture concernant les activités non-indispensables, le nombre d'établissements pouvant être impactés est estimé à 35.000, dont 95% sont des entreprises de moins de 10 salariés, par la Chambre de commerce de La Réunion. Au total, c’est l’avenir de 26.000 emplois qui est en jeu.

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"Les remontées du terrain nous amènent à proposer 5 solutions pour venir en aide aux entreprises", explique Ibrahim Patel, président de la Chambre de commerce. "L'effacement de la dette sociale et fiscale pendant la durée de la pandémie. La deuxième chose, au 31 mars, beeaucoup d'entreprises ne pourront pas payer leurs salariés. Nous demandons au gouvernement de trouver une solution pour que le chômage partiel soit payé directement payé aux salariés par l'Unédic."

- "L'économie dans sa survie" -

La CCI de La Réunion revendique également la mensualisation de l'aide des fonds de solidarité de l'Etat et de la Région. "L'Etat a mis en place une aide de 1.500 euros, et la Région complète avec 2.500 euros, ce qui fait une aide totale de 4.000 euros", rappelle Ibrahim Patel. "Au-delà du 15 avril, beaucoup d'entreprises ne pourront pas tenir le coup. Les aides ne doivent pas s'arrêter tant que le coronavirus continue. Si l'épidémie est amenée à durer deux ou trois mois, on demande pousuivre cette aide."

Enfin les entreprises sondées aimeraient une meilleure réactivité des banques à leurs demandes, et s'inquiètent par ailleurs de la sécurité des biens et des personnes. "Le préfet contrôle très bien la situation, heureusement, mais il faut renforcer le dispositif. Il ne faut pas qu'une crise sociale s'ajoute à une crise sanitaire parce que les patrons n'ont pas la capacité de payer les salariés. Tout le monde a besoin de vivre dans ce moment difficile. L'économie est dans sa survie, j'en appelle à la responsabilité de l'Etat et des collectivités pour être au plus près des entreprises."

Se gardant bien d'utiliser un ton accusateur et insistant sur le fait que personne ne soit responsable de la situation actuelle, Ibrahim Patel exhorte cependant les autorités et les pouvoir publics à mettre en oeuvre des mesures complémentaires à celles déjà annoncées, pour soutenir les entreprises. Une problématique de la plus haute importance pour, en période de crise sanitaire, et encore plus à La Réunion. 

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aa / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Jean Michel, Posté
Je pense qu'il ne nous sera pas facile de consolider une chaîne de solidarité pour éviter l'effondrement lié à une réaction en chaîne impliquant les acteurs économiques, entreprises, ménages, personnes fragiles...