Pour un mois de confinement :

Coronavirus : 35% de perte économique estimée, selon l'Insee


Publié / Actualisé
L'Insee a établi une première estimation de la perte d'activité économique liée à la crise sanitaire en cours. L'institut de statistiques s'appuie notamment sur le confinement de la population, en comparant l'activité de la semaine en cours "à ce que l'on aurait pu attendre d'une semaine normale". La perte économique est estimée à 35% mais l'impact de la crise sanitaire s'annonce assez hétérogène en fonction des branches d'activité. (Photo rb/www.ipreunion.com)
L'Insee a établi une première estimation de la perte d'activité économique liée à la crise sanitaire en cours. L'institut de statistiques s'appuie notamment sur le confinement de la population, en comparant l'activité de la semaine en cours "à ce que l'on aurait pu attendre d'une semaine normale". La perte économique est estimée à 35% mais l'impact de la crise sanitaire s'annonce assez hétérogène en fonction des branches d'activité. (Photo rb/www.ipreunion.com)

Pour établir ses analyses, l'Insee s'est basé sur les données d'entreprises et de fédérations professionnelles et étudiant la consommation d’électricité, les transports ou des statistiques sur les transactions par cartes bancaires. Ainsi, la perte d’activité économique est actuellement estimée à 35 % par rapport à une situation dite "normale". L’impact de la crise sanitaire en cours peut être assez hétérogène suivant les branches d’activité.

Des variations en fonction des secteurs

Les activités agricoles devraient se poursuivre seulement un peu en-deçà de la "normale" et les industries agro-alimentaires seraient moins affectées que le reste de l’industrie. L’ensemble ne verrait son activité fléchir que légèrement.

• En revanche, compte tenu des remontées obtenues dans les différentes branches industrielles, seule la moitié de l’activité du reste de l’industrie serait maintenue.

• Parmi les services marchands, certaines branches sont très sévèrement touchées (transports, hôtellerie, restauration, loisirs, etc.) tandis que d’autres le sont sans doute beaucoup moins (télécommunications, assurance, etc.). Par ailleurs, les versements de loyers immobiliers sont inertes et donc peu affectés à court terme pour la plupart. Les deux tiers de l’activité des services marchands seraient ainsi maintenus.

• Pour ce qui est des services non marchands, certaines activités baisseraient fortement (crèches, garderies, bibliothèques, activités sportives par exemple).

Au total, la perte d’activité "instantanée" est estimée à environ un tiers. Cet ordre de grandeur semble cohérent avec les premières informations disponibles sur la situation des salariés, estime l'Insee, dont un tiers environ serait en activité sur le lieu habituel de travail, un tiers en télétravail et le dernier tiers en chômage partiel.

Ce chiffrage semble également compatible avec la diminution observée de la consommation d’électricité, actuellement d’environ un cinquième par rapport à un fonctionnement "normal" de l’économie. En effet, seule une partie de cette consommation réagit à la baisse d’activité, les ménages continuant notamment d’en consommer à leur domicile.

La consommation des ménages serait également inférieure de 35 % à sa "normale"

A partir des mesures mises en place pour le confinement (liste des commerces pouvant restés ouverts), des remontées des fédérations professionnelles ainsi que des données quotidiennes liées aux transactions par cartes bancaires, il est aussi possible d’estimer l’évolution de la consommation des ménages, en instantané par rapport à une période "normale". La consommation des ménages se replierait ainsi très fortement, de l’ordre de -35 %.

La plus forte contribution à cette baisse résulte de l’effondrement de la consommation de nombreux biens de l’industrie manufacturière (-60 %), qui compte pour 18 points de cette baisse. Certaines dépenses de consommations se sont réduites au minimum, entre -100 % et -90 % (matériel de transport, textile, habillement). D’autres se maintiennent (électricité, eau), voire augmentent légèrement (industrie pharmaceutique, +5 %).

La consommation de services marchands a également diminué, d’environ 33 %, contribuant à la baisse totale de la consommation à hauteur de 15 points. Toutefois, en écartant les dépenses de logement qui, par nature, sont peu affectées à court terme, la baisse est autour de 55 % et particulièrement massive dans les secteurs de la restauration, de l’hébergement et des transports.

La consommation de services non marchands baisserait de 34 %, contribuant à hauteur de 2 points à la baisse d’ensemble. Du fait de la suspension des travaux de rénovation, la consommation des ménages dans la branche de la construction baisserait de 90 %, contribuant à une baisse de 1 point de la consommation totale des ménages.

A contrario, du fait du confinement et de la baisse de la consommation dans la restauration, la consommation des ménages en produits agricoles et agro-alimentaires augmenterait de 6 %, réduisant la baisse totale de la consommation de 1 point.

Comptablement, indique l'Insee, un confinement d’un mois aurait un impact de l’ordre d’une douzaine de points de PIB trimestriel en moins (soit 3 points de PIB annuel).

www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

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