Coronavirus - Communication compliquée avec le CHU :

Nous aurions tant aimé vous montrer le travail difficile du personnel soignant


Publié / Actualisé
Alors que l'épidémie de coronavirus fait rage à La Réunion avec 358 cas confirmés, la presse s'efforce depuis le début de la crise de partager avec vous non seulement les informations les plus importantes mais aussi d'évoquer le rôle de ces personnes qui sont au front. Nous aurions notamment aimé vous parler des personnels du SAMU et du CHU dont le quotidien a été bousculé par cette crise sanitaire sans précédent contemporain et qui sont mobilisés en dépit des risques et du manque de moyens. Malgré nos très nombreuses sollicitations, nous n'avons malheureusement jamais réussi à obtenir l'accord du CHU pour une telle couverture. Contrairement à ce qui se passe dans les autres CHU de France, pourtant en situation beaucoup plus tendue qu'à La Réunion. (Photo rb/www.ipreunion.com)
Alors que l'épidémie de coronavirus fait rage à La Réunion avec 358 cas confirmés, la presse s'efforce depuis le début de la crise de partager avec vous non seulement les informations les plus importantes mais aussi d'évoquer le rôle de ces personnes qui sont au front. Nous aurions notamment aimé vous parler des personnels du SAMU et du CHU dont le quotidien a été bousculé par cette crise sanitaire sans précédent contemporain et qui sont mobilisés en dépit des risques et du manque de moyens. Malgré nos très nombreuses sollicitations, nous n'avons malheureusement jamais réussi à obtenir l'accord du CHU pour une telle couverture. Contrairement à ce qui se passe dans les autres CHU de France, pourtant en situation beaucoup plus tendue qu'à La Réunion. (Photo rb/www.ipreunion.com)

Nous avons tout tenté. Appels téléphoniques, e-mails à plusieurs reprises, en respectant strictement le canal officiel, pour ne pas créer de tension ou une rupture de confiance dans ce contexte si particulier. En vain.

Nous nous étions bien évidemment engagés à respecter l’anonymat des intervenants et des patients, à suivre rigoureusement les règles de sécurité, et même à nous organiser avec d’autres journalistes en mettant en place des pool (terme journalistique désignant un certain nombre de journalistes autorisés à couvrir un événement, ces informations sont ensuite partagées avec les autres médias - ndlr). Fin de non recevoir, sans explication aucune si ce n’est de dire que le contexte est "difficile".

Une lueur d’espoir est apparue lorsque le directeur du CHU, Daniel Calenge, a indiqué au micro de Réunion La1ère TV, le 2 avril dernier, qu’il n’était pas fermé à de tels reportages au sein des services du CHU. Joie de courte durée puisque nous avons été destinataires d’un autre mail ce dimanche 6 avril informant que "les services à risques ne sont plus ouverts aux journalistes", le service Covid, bien évidemment, mais aussi le Samu, considéré comme service à risque.

A noter pour l'anecdote : le centre hospitalier ouest Réunion (Chor) et l'établissement public de santé mentale de La Réunion (EPSMR) ont jugé bon d'emboîter le pas au CHU en envoyant mardi 7 avril dans l'après-midi un courrier "copié-collé" de celui du centre hospitalier universitaire.

Dans son mail, le CHU pour sa part dénonce l’attitude de certains journalistes qui contacteraient directement certains personnels soignants.

Vous savez bien, c'est ce même personnel soignant qui dénonce légitimement, à cor et à cri le manque d’anticipation, le manque de moyens et les difficultés d’exercice de leur métier, tant sur le plan professionnel que personnel, car affronter une telle crise a un impact certain sur la vie de famille, notamment.

Nous aurions tant aimé vous montrer ce travail, mené avec courage, conviction et détermination malgré des conditions d’exercice difficiles.

Nous aurions tant aimé donner la parole à ces femmes et à ces hommes qui se battent pour sauver des vies parfois - et même souvent actuellement -, au péril de la leur.

Nous aurions tant aimé vous montrer que le coronavirus n’est pas qu’une simple grippe, qu’une fois les portes de l’hôpital franchies, l'on n’est pas simplement alité à regarder la télévision le temps que la fièvre passe.

Nous n'étions pas animés par une quelconque volonté voyeuriste, ce n'est pas le genre d'Imaz Press, mais par la volonté d'informer sur la réalité d’une crise sanitaire sans précédent contre laquelle les acteurs du monde de la santé sont pleinement mobilisés.

Alors, nous nous interrogeons sur les intentions qui poussent le CHU à fermer la porte à toute possibilité de couverture médiatique au sein des services qui vivent de front cette crise.

Alors qu’en Métropole, de nombreux centres hospitaliers ouvrent leurs services aux journalistes (en mettant en place des protocoles très strictes, ce à quoi nous adhérons pleinement), le CHU de La Réunion estime que le risque est trop grand pour que les Réunionnais soient informés de la réalité de cette crise au sein de ses services et de ses personnels.

Dont acte.

www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

6 Commentaire(s)

Chut, Posté
Chuttttttttttt
Hardrock, Posté
Avec 9 cas en réanimation, je pense qu'ils sont stressés, mais pas encore débordés... heureusement. Allez y dans quelques mois !
Cel, Posté
Foutez leur la paix ils ont mieux a faire que briller sous vos caméras ....pathétique l'article ..." On aurait tant aime .." foutez nous la paix ek vos hommages a la con, merci au CHU de nous faire conserver un peu de dignité et d'anonymat ...
Heinrich Koffee, Posté
Dommage, l'occasion était belle pour montrer d'encore plus près la - difficile - réalité du personnel soignant! En tout cas, merci Imaz Press d'essayer!
Sosso, Posté
Zot la demande la doucette ?
Paul, Posté
Bonjour...dans la vie..quand on fermer sa porte et on se cache derrière des prétextes comme le fait l'ensemble du groupe hospitalier de la Réunion, tout le monde imagine facilement LA REPONSE...bravo à imazpress pour cet article et à tous les journalistes qui veulent prendre des risques pour nous informer..bravo