Confinés en métropole, ils réclament du soutien :

Création d'un questionnaire pour recenser les attentes des étudiants ultramarins


Publié / Actualisé
Un arrêté publié dimanche 19 avril au Journal Officiel annonce la création d'un questionnaire afin d'évaluer et d'organiser les besoins en terme de quarantaine des étudiants ultramarins en mobilité dans l'Hexagone. La décision est saluée par l'Union des Etudiants Réunionnais de l'Hexagone (UERH)
Un arrêté publié dimanche 19 avril au Journal Officiel annonce la création d'un questionnaire afin d'évaluer et d'organiser les besoins en terme de quarantaine des étudiants ultramarins en mobilité dans l'Hexagone. La décision est saluée par l'Union des Etudiants Réunionnais de l'Hexagone (UERH)

“Il est créé, au ministère des outre-mer, un traitement automatisé de données à caractère personnel” dont l’objectif “est d’évaluer et  d’organiser les besoins en termes de quarantaine des étudiants ultramarins en mobilité dans l’Hexagone dans la perspective de leur retour sur leur territoire.” précise l’arrêté, signé par Annick Girardin, ministre des Outre-mer.

Afin d’évaluer la nécessité de certains retours, ce questionnaire permet notamment d’établir si l’étudiant à la possibilité ou non de se confiner en Hexagone. Il examine ensuite auprès de l’étudiant les modalités d’examen de l’Université ou de l’école auquel ce dernier est inscrit.

Les universités et établissements d'enseignement supérieur vont en effet préciser au cas par cas l'organisation des examens de fin d'année, qu'ils se fassent en présentiel ou à distance. Même si elle "salue une décision qui était attendue au tournant dans l’Outre-mer", l’UERH a saisi le délégué interministériel à l’égalité des chances, Mael Disa,"afin de reconnaître "l'effort" demandé aux étudiants ultramarins dans le cadre des examens à distance." précise l’organisation dans un communiqué.

Lire aussi : Plan de rapatriement des étudiants ultramarins : nous saluons une décision qui était attendue

- "Conditions de vie difficiles" -

Obligés de se confiner dans l’Hexagone, les étudiants ultramarins dénoncent depuis le début du confinement des "dépenses injustes" et des "conditions de vie difficiles". Loin de leurs familles, parfois logés dans des logements exiguës du CROUS, au sein desquels ils sont obligés de continuer à payer leurs loyers, les étudiants ont enchaîné les requêtes auprès du ministères des outremers pour que leur situation soit prise en compte par l’Etat.

Valentin Chambon, porte-parole de l’Union des Etudiants Réunionnais de l’Hexagone (UERH) décrit une situation alarmante : “Sur les 30 000 étudiants ultramarins confinés en Hexagone, près de la moitié sont réunionnais. La situation de ces étudiants est alarmante, certains d’entre eux ne peuvent pas maintenir ce train de vie précaire jusqu’à la fin du confinement.” Nadia Ramassamy, député de la 6ème circonscription de la Réunion (LR), a adressé le 7 avril une lettre au Ministre de l’Enseignement supérieur et à la Ministre des Outremer dans laquelle elle appelait au soutien psychologique et financier de ces étudiants.

- L’impression d’être comme en prison -

Depuis le vendredi 3 avril, la Délégation interministérielle des Français d’Outre-mer a lancé une plateforme numérique solidaire qui propose aux étudiants ultramarins confinés loin de chez eux de disposer d’un réseau d’entraide, dans le respect des consignes de sécurité. Parmi les annonces présentes sur le site, de nombreuses demandes d’aides financières et de conseils émanent d’étudiants réunionnais.

Objectifs affiché : faire le lien entre les étudiants ultramarins bloqués en Hexagone et les associations mobilisées pendant le coronavirus. Les contributeurs peuvent généreusement publier des offres de service sans attendre la publication d’une demande d’aide. “La démarche est belle dans le fond, mais en réalité on a un peu l’impression de poster des annonces dans le vide. Il y a beaucoup plus de demandes de services que de propositions de services” assène Laurent, étudiant réunionnais installé à la cité universitaire de l’Arsenal à Toulouse.

En détresse financière, cet apprenti-mécano a posté une annonce sur la plateforme où il fait un appel aux dons. Confinés depuis le 17 mars, ses parents, installés à Saint-Denis, ne sont plus en mesure de lui fournir suffisamment d’argent de poche pour vivre : “Acheter un billet d’avion maintenant ? C’est presque impensable, ils annulent tous les vols. En attendant je mange en partie grâce aux associations du quartier qui proposent des paniers repas gratuits”.

Pour Laurent c’est le surtout le fait d’être enfermé presque toute la journée dans une chambre de 9 mètres carrés qui lui donne l’impression d’être “comme en prison”.

Même constat amer à Lyon avec Didier, étudiant en licence de géographie originaire du Port : “J’aurai pu rentrer au début du confinement car les prix étaient très bas. Mais, dans le doute, je n’avais pas envie de ramener le virus dans ma famille si jamais j’étais contaminé”. En colocation dans la banlieue lyonnaise, Didier a également du mal à joindre les deux bouts : “Pour l’instant malgré les annonces on a aucune aide du gouvernement, qu’on soit boursier ou non-boursier c’est le même combat”.

Depuis le début du confinement, l’UERH est sur le qui-vive pour rendre compte de la précarisation grandissante des étudiants réunionnais : “Nos membres sont en veille permanente pour considérer la situation des étudiants”.

Sur sa page Facebook, l’organisation a publié un sondage qui vise à réaliser un bilan de la situation des étudiants réunionnais confinés afin de leur venir en aide et d'apporter un soutien moral. Depuis, l’UERH réalise des Facebook Live, parfois sous forme d’apéro, pour donner du baume aux coeurs aux étudiants.

Pas de quoi égarer les esprits, les étudiants réunionnais guettent les prochaines annonces d’Edouard Philippe:  “On attend non seulement des annonces du gouvernement, mais aussi des pouvoirs publics réunionnais, notamment de la région. Ils se doivent de mettre en oeuvre les aides nécessaires. Les étudiants réunionnais qui n’ont plus de cours assurés avant cet été doivent pouvoir rejoindre leurs famille après le 11 mai” soutient Valentin Chambon.

Edouard Philippe n’a pour l’instant toujours pas donné le contenu des aides à destination des ultra-marins bloqués en métropole.

sr/www.ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Pascal aubé, Posté
Bonjour, il faut penser aussi aux personnes qui sont bloquées à la Réunion depuis fin mars par manque d'avion pour Marseille direct ( pour des raisons particulières, nous ne pouvons pas transiter par Paris)
Nous avons prolongé notre location jusqu'à fin Mai ! Financièrement c'est très compliqué pour des petits retraités comme nous. Allons nous êtres recensés aussi?