Alors qu'une loi interdit de se voiler le visage :

Lutte contre le coronavirus : la grande revanche du masque


Publié / Actualisé
Interdit par la loi du 11 octobre 2010, le port d'un masque est aujourd'hui recommandé voire même obligatoire dans certains lieux, compte tenu de la loi sur l'état d'urgence sanitaire. Exit donc le motif de la sécurité pour interdire le port du masque et d'avoir le visage couvert, grâce (ou à cause) du coronavirus. Les masques tiendraient-ils leur revanche ou sommes nous tous hors-la-loi ?
Interdit par la loi du 11 octobre 2010, le port d'un masque est aujourd'hui recommandé voire même obligatoire dans certains lieux, compte tenu de la loi sur l'état d'urgence sanitaire. Exit donc le motif de la sécurité pour interdire le port du masque et d'avoir le visage couvert, grâce (ou à cause) du coronavirus. Les masques tiendraient-ils leur revanche ou sommes nous tous hors-la-loi ?

C’est en 2010 que la loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public entre en vigueur. Nous sommes à l’époque dans un contexte de forte tension liée à des polémiques récurrentes autour du port du voile intégral, ce qu’on appelle communément le niqab. En parallèle, la menace terroriste croissante fait le terreau de certains mouvements politiques tels que le Front National qui surfe sur la vague pour stigmatiser ce voile intégral.

Pour ne pas laisser le FN monopoliser cet espace, Nicolas Sarkozy, alors président de la République, décide de poser ce débat au sein de la société française, amenant à l’adoption de cette loi du 11 octobre 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public. Bien évidemment, tout système de dissimulation est visé, du masque au bandana sur le visage en passant par le voile intégral, cela, sous couvert de sécurité. Se couvrir le visage est passible d'une amende de 150 euros et/ou d'un stage de citoyenneté à ses frais.

La circulaire du 2 mars 2011 relative à la mise en oeuvre de la loi, précise ainsi que "se dissimuler le visage, c'est porter atteinte aux exigences minimales de la vie en société. Cela place en outre les personnes concernées dans une situation d'exclusion et d'infériorité incompatible avec les principes de liberté, d'égalité et de dignité humaine affirmés par la République française. La République se vit à visage découvert. Parce qu'elle est fondée sur le rassemblement autour de valeurs communes et sur la construction d'un destin partagé, elle ne peut accepter les pratiques d'exclusion et de rejet, quels qu'en soient les prétextes ou les modalités".

- Le masque devenu quasi obligatoire -

Près de 10 ans après, le Covid-19 est passé par là, bouleversant nos habitudes, mais aussi notre manière de vivre au quotidien. Après plusieurs tergiversations autour de la pertinence du port du masque, la doctrine semble désormais unanime sur sa nécessité pour limiter la propagation du virus. C’est d’ailleurs ce que prévoit la loi sur l’état d’urgence sanitaire qui recommande le port du masque dans les lieux publics, dans les commerces, et même, le comble, dans des banques, et qui en fait même une obligation dans les transports en commun.

Selon la procureure de Saint-Pierre, Caroline Calbo, tout est une question de "valeurs" derrière ces lois. "Celle de 2010 portait sur la liberté individuelle, celle en vigueur porte sur une crise sanitaire sans précédent et l'impératif de protéger sa santé". Par ailleurs, "il existe des exceptions dans cette loi pour ce genre de situations" nous indique-t-elle. En effet, "l'interdiction ne s'applique pas si vous vous trouvez dans l'un des cas suivants : (...) La tenue est justifiée par des raisons de santé ou des motifs professionnels (masque de protection par exemple)" précise le gouvernement.

Et en cas de contrôle d'identité de la part des forces de l'ordre, que se passe-t-il ? "On peut être obligé d'enlever son masque pour montrer son identité, mais dans ce cas il est important de mettre en place d'autres gestes barrières, comme le mètre de distance" indique la procureure. Ainsi dans les transports où le masque est obligatoire, peu de chances que les forces de l'ordre demandent aux voyageurs d'enlever leur masque. "Il s'agit ensuite de bon sens et de discernement."

Pour Caroline Calbo, c'est "aux magistrats d'examiner chaque situation". "Nous avons eu récemment cette interrogation avec un individu masqué dans une commune du sud de l'île qui dans ce cas présent cherchait volontairement à dissimuler son identité afin de s'en prendre violemment à d'autres personnes. On sait faire la différence entre la dissimulation voulue et la protection sanitaire". Le port du masque en période de pandémie n'est donc pas antinomique aux yeux de la justice avec la loi de 2010.

- La République à visage couvert -

Il semblerait donc que la République puisse maintenant vivre avec le visage en partie dissimulé. L’Etat ne semble pas non plus embêté que chaque Français se place aujourd’hui en "situation d’exclusion et d’infériorité incompatible avec les principales de liberté, d’égalité et de dignité humaine affirmés par la République française".

En bref, le masque fait aujourd’hui un retour triomphant, devenant l’objet indispensable et même à la mode quand on voit les variétés en tissu à disposition des usagers.

D’aucuns pourraient être tentés de dire que la crise du coronavirus a mis fin à l’hypocrisie d’une loi qui visait uniquement à interdire le port du voile intégral...

www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

4 Commentaire(s)

Colette roy, Posté
Ne.cherchez pas la petite bête derrière le masque...... Le voile est une chose on aime ou pas par sécurité je n'aime pas
Le masque sanitaire pour ns protéger du.covid.19 Chaque chose à sa place. Ne jouez pas. Avec.les mots Tous autant que vs êtes respirez un.bon.coup ! Détendez-vous ! Relaxez-vous ! Laissez le gouvernement gérer ces situations délicates merci !
Kenavo !
Sapoties, Posté
Quelle tissu de conneries!!
Comparer le masque qui sauve des vies au voile intégral qui masque les femmes comme si elles devaient avoir honte de ce qu'elles sont. Quelque soit la religion, rien ne justifie que les femmes soient traitées comme des êtres inférieurs et que les hommes décident à leurs places de ce qui est bien pour elles ou pas. Peut-être est-ce une "réponse divine" pour montrer aux hommes qu'ils sont au même niveau et devrait porter le voile intégral également.
Je ne sais pas qui est le/la journaliste qui a pondu cet article, mais il faut être parvenu(e) a un niveau de desoeuvrement sévère pour écrire un article aussi stupide et attiser les querelles de religions sans raison! Ce n'est pas du journalisme ça !!!!
Bah baka, Posté
Cette situation est une réponse divine appropriée, par rapport au harcèlement à caractère islamophobe que subissent les musulmanes ayant chois,i de porter le voile par respect des préceptes islamiques. C'est également une réponse divine qui, sanctionne les multiples agissements de certains pays qui, par leur matérialisme abusive et sauvage , ont transformé le monde en un enfer pour les plus faibles.
Si les hypocrites refusent de voir en cette situation une réponse divine, alors, la prochaine risque d'être apocalyptique !
Mayaqui, depuis son mobile, Posté
Nous ne sommes franchement pas à notre aise avec ces masques sur le visage !!!
On s étouffe, on a chaud, ces élastiques nous mettent les oreilles en paravent, on a de la buée sur les
Lunettes ..... c'est bien parce que nous ne voulons pas courir de risques contre ce satané virus ......
Mais des qu il sera parti ..... oust !!!!!