Déconfinement progressif :

Rouvrir ou ne pas rouvrir, les gîtes ne savent pas sur quel pied danser


Publié / Actualisé
Alors que les gîtes de montagne sont autorisés à rouvrir depuis le 11 mai, de nombreux établissements gardent leur porte close. Il faut dire que les conditions sont parfois compliquées à mettre en place : réserver les dortoirs aux familles seulement, et proposer un service de restauration en chambre, les réfectoires devant être fermés. Pour des lieux conviviaux comme les gîtes, loin d'avoir autant d'espace que les hôtels, difficile de continuer son activité tout en s'adaptant à la crise sanitaire. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Alors que les gîtes de montagne sont autorisés à rouvrir depuis le 11 mai, de nombreux établissements gardent leur porte close. Il faut dire que les conditions sont parfois compliquées à mettre en place : réserver les dortoirs aux familles seulement, et proposer un service de restauration en chambre, les réfectoires devant être fermés. Pour des lieux conviviaux comme les gîtes, loin d'avoir autant d'espace que les hôtels, difficile de continuer son activité tout en s'adaptant à la crise sanitaire. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Pour de nombreux gîtes sur l'île, les conditions ne sont pas réunies pour pouvoir accueillir à nouveau les randonneurs. Alors que ces établissements sont autorisés à rouvrir depuis le 11 mai, nombre d'entre eux préfèrent rester fermés. Les conditions sanitaires sont nombreuses et difficiles à mettre en place.

- Des règles complexes -

Dans son plan de déconfinement présenté le 8 mai dernier, Jacques Billant indiquait que "les gîtes disposant de bungalows pourront rouvrir. Les dortoirs ne pourront pas être partagés entre des groupes différents, mais devront être réservés à l’usage d’une même famille. La restauration collective dans les gîtes devra être aménagée pour respecter les mesures barrières grâce à un service à la chambre". Des règles difficiles à mettre en place dans des endroits aussi conviviaux que les gîtes de montagne.

Au gîte du Piton de la Fournaise, par exemple, impossible de réserver une nuitée pendant le mois de juin. Le planning est bloqué sur le site de l'IRT (Ile de La Réunion Tourisme) et aucune date n'est disponible avant le mois de juillet. Une sécurité tant que l'on ne connaît pas les nouvelles normes en vigueur à partir du 2 juin, nous indique le gérant du gîte. En attendant tout est fermé et impossible pour les passionnés du volcan de passer une nuit près de Pas de Bellecombe-Jacob pour le moment.

- Gîtes ouverts, dortoirs fermés -

D'autres s'adaptent mais ont fermé certaines de leurs chambres. C'est le cas du gîte de la Fournaise, situé à Bourg Murat. Le gérant a tout simplement fermé ses dortoirs et ne propose que les chambres doubles. La raison est simple : en dortoir, impossible de conserver les gestes barrières, notamment dans les salles de bain et sanitaires, communes aux différents clients d'une même chambre. "C'est compliqué mais c'est nécessaire pour nous protéger et protéger les autres" reconnaît le gérant. "Je pense surtout aux gîtes qui n'ont que des dortoirs comme celui du Piton des Neiges. Si en juin les règles ne changent pas ils ne pourront sans doute pas rouvrir."

D'autres établissements ont cependant sauté sur l'occasion pour rouvrir leurs portes, après deux mois de fermeture totale. C'est le cas du gîte "Chez Merlin" situé dans l'îlet de Roche Plate, aux pieds des remparts du cirque de Mafate. Johan Atache, le gérant, nous explique avoir ouvert "4 jours après le déconfinement". Il respecte alors scrupuleusement les conditions sanitaires indiquées. "Dans les dortoirs je limite à deux personnes du même groupe. Si une personne vient seule, elle devra payer les deux places. Nous sommes en contact avec l'IRT pour modifier ces critères de réservation sur le site."

- "Le virus est là, il faut vivre avec" -

Bien qu'il attende de voir quelles seront les règles stipulées le 2 juin pour la deuxième phase de déconfnement, Johan envisage de conserver ce nouveau mode de fonctionnement jusqu'en juillet, "par sécurité". Pour les repas les repas en chambre ne sont pas envisageables alors le gérant s'organise : "on a un mètre entre chaque client et les plats sont servis par groupes, on ne mélange pas. Chacun a ses bols." Ces mesures de protection demandent "beaucoup de travail" aux gérants des gîtes "mais il faut respecter les règles" relativise Johan.

"Nous avons énormément de gens qui appellent alors nous avons décidé d'ouvrir quand même malgré les contraintes" ajoute-t-il. Il faut dire que pendant deux mois ces établissements n'ont eu aucune rentrée d'argent. Une période très compliquée pour certains gérants, économiquement parlant. "Le virus est là, il faut vivre avec. Ce qui m'inquiète davantage c'est quand les touristes extérieurs reviendront avec la reprise des vols. Là il faudra être extrêmement vigilant."

mm / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

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