Débat :

L'organisation mondiale de la santé en proie au syndrome chinois


Publié / Actualisé
"C'est à l'organisation mondiale de la santé (OMS) que revenait la responsabilité de sonner le tocsin une fois le risque pandémique identifié. Mais une fois encore, le poids politique de la Chine a tétanisé sa capacité d'action", estiment des observateurs. Dans ce cadre nous ouvons le débat et publions la tribune de l'un de nos fidèles internautes. A vos commentaires et à vos réactions
"C'est à l'organisation mondiale de la santé (OMS) que revenait la responsabilité de sonner le tocsin une fois le risque pandémique identifié. Mais une fois encore, le poids politique de la Chine a tétanisé sa capacité d'action", estiment des observateurs. Dans ce cadre nous ouvons le débat et publions la tribune de l'un de nos fidèles internautes. A vos commentaires et à vos réactions

C’est à Didier Houssin, membre du Comité de déontologie des ministères chargés des affaires sociales, de l’Académie nationale de médecine entre autres sinécures, ex-président du conseil d’administration de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), conseiller historique auprès de l’Organisation mondiale de la santé, qui a été bombardé par cette même OMS, président du comité d'urgence Covid-19, dès sa création, que revenait de déclarer "l'urgence de santé publique de portée internationale" (USPPI).  Deux à trois mois après les débuts du coronavirus en Chine…

Sans doute était-ce encore un peu tôt pour le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, plus sinophile que de raison.  De fait, le comité d'urgence Covid-19 de Monsieur Houssin a eu bien du mal à lancer l’alerte. Deux, peut-être trois réunions, ont été nécessaires, car, avant le 30 janvier 2020, selon les sachants de l’OMS, on n’avait pas constaté "de cas de transmission entre humains en dehors de la Chine…"  Les Chinois ne seraient-ils pas vraiment assimilés à des humains ? Tedros Adhanom Ghebreyesus croyait-il à une transmission  surnaturelle…

Pendant ce temps-là, les dits Chinois qui tombaient comme des mouches, les médecins qu’on embastillait et les journalistes traqués par la Police étaient certainement tous victimes d’une épidémie politique. L’apparition de cas en Allemagne, au Japon, au Vietnam et ailleurs ayant finalement écarté la thèse politico-surnaturelle, la preuve était faite que la contamination pouvait se faire hors de Chine !

Encore fallait-il le faire avec doigté pour ne pas blesser l’exécutif chinois d’où cette déclaration du DG de l’OMS qui précise : "xette déclaration n'est pas due à ce qui se passe en Chine, mais à ce qui se passe dans les autres pays (…) Notre plus grande préoccupation est la possibilité que le virus se propage dans des pays dont les systèmes de santé sont plus faibles. Il ne s'agit là pas d'un vote de défiance à l'égard de la Chine dans laquelle nous continuons à avoir confiance (…) L'OMS ne recommande pas de restreindre les voyages, les échanges commerciaux et les mouvements de population, et s'oppose même à toute restriction aux voyages".

Le Comité d’urgence de M. Houssin ajoutant que les restrictions à la circulation des personnes et des biens lors d’une urgence de santé publique peuvent s’avérer "inefficaces", voire contrarier la distribution de l'aide internationale et provoquer des "effets négatifs" sur l’économie… de la Chine en l’occurrence. La Russie et les USA fermaient leurs frontières,  les grandes compagnies aériennes Air France, British Airways, United Airlines, Lufthansa suspendaient leurs lignes...

15 jours plus tard l’Europe était devenue la principal foyer mondial de l’épidémie, après la Chine, et l’UE décidait, le 16 mars de fermer ses frontières extérieures.

Mais la France où Messieurs Houssin et Flahaut sont très écoutés, ce dernier affirmant en février dernier que " fermer les frontières, c’est enfreindre les recommandations internationales ", a de manière très idéologique refusé de prendre une telle initiative, Emmanuel Macron expliquant même, le 12 mars, qu’il fallait "éviter le repli nationaliste" (sic) - encore une maladie politique -  face au virus qui "n’a pas de frontières, pas de passeport".



 

   

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